Afrique: Journée internationale de la biodiversité - La voix des communautés locales et peuples autochtones compte

communiqué de presse

Yaoundé/ Kinshasa 21 mai 2021- Alors que monde entier célèbre la biodiversité le 22 mai sur le thème "Nous faisons partie de la solution", les communautés locales, peuples autochtones et Greenpeace Afrique appellent les dirigeants et décideurs à assurer le respect de leurs droits. Ils souhaitent être davantage impliqués dans l'élaboration des politiques en faveur de la préservation de la biodiversité.

Le lien entre la biodiversité et les populations, qu'elles soient autochtones ou locales, est fondamental et vital. Ngendu Abolingondo Arsène, membre du Comité local de gestion de la concession forestière de la communauté locale (CFCL) des villages Mombilo, situés dans le territoire de Lisala, en République Démocratique du Congo le confirme lorsqu'il déclare que " Notre unique espace vital, c'est cette forêt. Nous sommes sur la défensive car notre survie dépend de la forêt." Non loin, au Sud Cameroun," Vieux", un jeune autochtone Bagyeli quant à lui ne cache pas sa peur. Depuis bientôt un an, une entreprise Camvert a entrepris de raser 60 000 hectares de forêt pour y planter des palmiers à huile. Comme plusieurs autres membres des communautés qui subissent, malgré elles, ce projet, "Vieux" craint pour sa vie et celle de ses frères qui trouvent souvent guérison grâce aux arbres de cette forêt. " Voici Camvert qui est en train de venir nous détruire la pharmacie traditionnelle. Cet arbre est utilisé pour les soins prénataux des femmes. La forêt ci est toute notre richesse. " Dans la même localité, Alain Mehenga, président d'une association de tourisme à Ebodje soupçonne une disparition imminente des tortues marines, qui fascine pourtant plusieurs touristes de la localité. "Nous vivons sur une plage d'environ 40 kilomètres, et cette plage est le site de ponte des tortues marines. Si Camvert occupe l'est d'Ebodje, leurs déchets ne permettront plus aux tortues de se reproduire, ce qui serait une perte pour la biodiversité."

Ainsi, détruire la forêt et la biodiversité représente une menace pour l'écosystème mondial et local, mais également pour les populations qui vivent et dépendent aussi bien sur les plans économique, culturel que social.

"Une protection efficace doit aller de pair avec la reconnaissance des terres et des droits coutumiers des communautés locales et des populations autochtones, avec un soutien efficace de l'État", affirme Irène Wabiwa Betoko, Cheffe de Projet internationale de la Campagne forêt de Greenpeace Afrique. De plus, "La protection d'au moins 30 % de la planète d'ici à 2030 ne peut être un pas important pour le redressement planétaire, que si et seulement si les modèles actuels de conservation, qui ont montré leurs limites, sont écartés au profit de garanties concrètes de protection effective des droits des communautés locales et peuples autochtones sur leurs terres et la forêt." ajoute Irène Wabiwa.

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