Congo-Kinshasa: Laves, gaz, tremblements de terre, fissures... - Goma résiste au choc

Au troisième jour des éruptions volcaniques du Nyiragongo pour certaines sources et du Nyamulagira pour d'autres, la ville de Goma continue de résister au choc. Ses résidents font preuve d'une adaptation quasi automatique aux circonstances.

Selon George Tshionza Matata, un activiste de la société civile, qui n'est plus à présenter, et qui se trouve bloqué au chef-lieu du Nord-Kivu où il était venu passer ses vacances, l'arrivée hier lundi 24 mai 2021 de la délégation gouvernementale, via Kigali, a été accueilli avec soulagement par les Gomatraciens.

Comme premier signal fort très apprécié par la population locale, il y a la décision relative à la relance des activités de l'OVG (Observatoire Volcanique de Goma), avec le rétablissement de sa connexion internet, coupée plus de six mois, dans l'indifférence totale du gouvernement du Premier ministre honoraire Ilunga Ilunkamba. Avec cette connexion internet, l'OVG est de nouveau en synergie avec les stations internationales spéciales dans les observations sismiques, sous la coordination de l'Observatoire Mondial des Volcans.

L'interlocuteur du Phare a révélé qu'entre novembre et décembre 2020, cette organisation avait diffusé des informations en rapport avec des mouvements sismiques qui allaient se produire incessamment dans la région des volcans de la République Démocratique du Congo. Totalement déconnecté des réseaux internationaux, l'Observatoire Volcanique de Goma n'avait pu entrer en possession de ce type d'informations. D'où l'impression de surprise samedi soir, lors des premières coulées des laves en provenance du Nyiragongo ou du Nyamulagira.

Désormais à jour, a indiqué George Tshionza, l'OVG s'est manifesté hier lundi par la communication des informations sur les secousses sismiques qu'allait connaître Goma dans l'après-midi, avec des magnitudes de 4,7 et 5,3 sur l'échelle de Richter. Prévenus, les Gomatriciens ont attendu et vécu stoïquement les tremblements de terre à répétition qu'a connus la ville, parfois à des fréquences de 5 minutes.

Dehors la journée... et des nuits à la belle étoile

Le mode de vie des résidents de Goma a changé depuis samedi. Ils ont appris à passer le plus clair de leur temps dehors pendant la journée. Ils circulent, à pieds, à motos ou à bord des véhicules, comme si de rien n'était. Et en fin de soirée, ils dorment à la belle étoile, pour des raisons de sécurité. Passer les nuits à l'extérieur de leurs maisons ou immeubles est devenu un fait banal. Même les clients des hôtels ont déserté leurs chambres pour passer leurs journées comme leurs nuits dehors. Il leur arrive de prendre leurs bains, leurs repas et leur repos en plein air.

A en croire un ingénieur en bâtiments qui s'est confié à Tshionza Mata, un immeuble de plusieurs niveaux ne tombe pas en désordre mais plutôt s'affaisse. D'où la précaution de ne pas rester dedans par ces temps des tremblements des terres.

Des morts par imprudence

Selon son témoignage, confirmé par plusieurs résidents, deux femmes ont trouvé la mort hier à la suite de l'inhalation des gaz de souffre sur la route de Sake pour l'une et dans des toilettes pour l'autre. Il a signalé aussi la mort accidentelle de quelques jeunes-gens qui étaient partis prendre des photos des laves au pied du volcan. Des motocyclistes qui ont tenté de traverser le banc de laves sur la route de Rutshuru sont également morts calcinés. L'approche des laves apparemment éteintes constitue un danger permanent pour des curieux et même des touristes qui s'aventurent dans des « zones rouges », notamment le quartier Buhene, au nord-est de la ville de Goma.

Des instructions ont ainsi été données par les autorités locales aux éléments des FARDC et de la PNC pour dresser des barrières sur les axes envahis par les laves, afin de prévenir des situations dramatiques.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Le Phare

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X