Congo-Kinshasa: Éruption du Nyiragongo en RDC - La majorité des déplacés sont rentrés, mais des habitants sont toujours inquiets

Le volcan Nyiragongo, l’un des plus actifs de la région des Grands-Lacs, est entré en éruption samedi 22 mai, occasionnant d’importants dégâts matériels aux abords de la ville de Goma.
25 Mai 2021

Après avoir fui par milliers l'éruption le 22 mai dernier du volcan Nyiragongo, en République démocratique du Congo (RDC), la majorité des gens sont rentrés ou sont en train de rentrer chez eux, a affirmé mardi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

« La plupart des personnes qui ont fui samedi sont rentrées chez elles, y compris la majorité de celles qui ont fui vers le Rwanda », a confirmé l'agence onusienne, qui accélère l'aide aux personnes déplacées.

Des milliers de personnes avaient fui leurs maisons à pied dans la nuit de samedi à dimanche, transportant des matelas et d'autres biens alors que la lave s'écoulait vers Goma, brûlant des villages sur son passage.

Beaucoup d'entre elles ont été accueillies par des familles à Goma et dans les environs, tandis que plusieurs milliers ont fui à travers la frontière vers le Rwanda.

Aider les enfants à retrouver leurs parents

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et ses partenaires continuent leurs efforts pour aider les enfants qui ont été séparés de leurs parents lors de leur fuite.

« L'UNICEF et ses partenaires continuent à faire en sorte qu'il y ait des retrouvailles familiales », a déclaré le chef de communication d'UNICEF RDC, Jean-Jacques Simon, à ONU Info mardi.

M. Simon a signalé que « parmi les 500 enfants qui étaient séparés de leurs parents, il y en a plusieurs qui ont retrouvé leurs parents et il y en a d'autres qui sont toujours dans des centres d'hébergement ». « Il y en a certains par contre qui sont encore introuvables », a-t-il regretté.

L'UNICEF confirme par ailleurs que les enfants ne sont toujours pas retournés à l'école.

Des routes endommagées par la lave risquent d'entraver la réponse humanitaire

Selon les autorités, 32 personnes sont mortes dans des incidents liés à l'éruption, dont sept personnes tuées par la lave et cinq asphyxiées par les gaz.

Si la coulée de lave s'est arrêtée dimanche, des secousses sismiques répétées, allant jusqu'à 5 sur l'échelle de Richter, ont eu lieu depuis l'éruption et la lave du cratère du Nyiragongo semble s'être remplie. « Ce qui fait craindre l'ouverture de nouvelles fissures ou une nouvelle éruption », a ajouté Boris Cheshirkov, porte-parole du HCR à Genève

Au total, deux villages de la pointe nord de Goma ont été détruits et deux autres ont été presque entièrement recouverts par la lave. Des quartiers entiers ont été privés d'électricité et l'on craint des pénuries d'eau.

« Notre personnel a entendu les témoignages de familles qui ont perdu leur maison, et d'autres qui ont perdu des enfants et d'autres êtres chers », a ajouté M. Cheshirkov.

De plus, la route menant aux parties septentrionales de la province du Nord-Kivu est endommagée par la lave.

Selon l'agence onusienne, cela entravera le transport de nourriture et de marchandises vers la zone autour de Beni, où quelque 280.000 personnes déplacées par le conflit et l'insécurité depuis janvier 2021 dépendent de l'aide humanitaire.

« Beni se trouve à quelque 240 kilomètres au nord de Goma, et les autres voies d'accès sont bloquées par la fermeture des frontières depuis le début de la pandémie de Covid-19 », a détaillé M. Cheshirkov.

Cette « nouvelle catastrophe » vient s'ajouter à l'insécurité au Nord-Kivu

En attendant, le HCR a participé à une évaluation conjointe pour évaluer les dégâts dimanche, avec le gouvernement de la RDC et d'autres agences humanitaires.

L'agence onusienne se prépare à aider les personnes ayant besoin d'abris et d'articles de secours dans la région de Goma, en coordination avec d'autres agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales, et en soutien à la réponse d'urgence du gouvernement.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo, le 17 janvier 2002, avait fait 250 morts et plus de 100.000 sans-abri. Ce volcan fait partie « des plus actifs et les plus dangereux du monde et son activité continue d'être étroitement surveillée ».

Cette nouvelle catastrophe vient s'ajouter aux plus de 2 millions de personnes déjà déplacées par la violence dans la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale. Rien que cette année, 450.000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer.

Le HCR continue de travailler avec le gouvernement, les communautés locales et d'autres partenaires pour aider les déplacés internes, en offrant des abris, des articles de première nécessité et un soutien aux activités de protection locales, ainsi qu'un suivi de la protection qui sert l'ensemble de la réponse.

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