Congo-Kinshasa: L'éruption du Nyiragongo soulève des questions de mauvaise gouvernance

Le volcan Nyiragongo, l’un des plus actifs de la région des Grands-Lacs, est entré en éruption samedi 22 mai, occasionnant d’importants dégâts matériels aux abords de la ville de Goma.

Depuis l'éruption du volcan Nyiragongo, la gestion de l'Observatoire volcanologique de Goma (OVG) passe à la loupe. Certains y pointent une mauvaise gestion.

Le volcan Nyiragongo entré en éruption le samedi 22 mai, ne s'était plus surveillé depuis sept mois, a rapporté l'Observatoire volcanologique de Goma (OVG).

La nouvelle catastrophe naturelle est difficilement compréhensible et serait liée à un détournement des budgets alloués à l'institution en charge de la surveillance, comme le soutient Patient Shamavu Mulumeoderhwa, qui travaille à l'OVG.

"Il y a un groupe de gens dont je fais partie qui a dit non c'est assez ! Avec ça, le directeur, qui est à la tête de ces détournements, de cette mauvaise gestion, Katcho Karume, a préféré procéder par défis en mettant en prison les agents, dont moi-même. J'ai été victime de cela avec beaucoup de collègues. D'autres encore ont été incarcérés à l'Agence nationale de renseignement à Goma", confie Shamavu Mulumeoderhwa.

En octobre 2020, le député national Jean-Baptiste Kasekwa a posé une question orale au ministre de tutelle à l'Assemblée nationale à propos des problèmes de fonctionnement de l'OVG.

A l'époque déjà, certains employés alertaient sur le détournement de leurs salaires par la hiérarchie. Aujourd'hui, pour le député national, les questions politiques ont primé sur la vie des habitants de Goma.

"Le gouvernement congolais est totalement responsable de tous les dommages dont la population de Goma est victime. Je vais interpeller à nouveau le ministre concerné mais également, nous allons examiner avec toutes les victimes, comment traduire l'Etat congolais en justice étant donné qu'il a été averti. Le gouvernement s'est préoccupé des questions politiques, des partages de poste au détriment de la protection de la population", déplore le député national.

Le député Jean-Baptiste Kasekwa n'est pas le seul à avoir alerté à propos de la situation. Il y a quelques mois, le mouvement citoyen Lucha (Lutte pour le changement) a contacté les différents partenaires de l'OVG parmi lesquels la Banque Mondiale.

Aujourd'hui, Lucha rappelle l'urgence pour les autorités congolaises de mettre un terme à ces détournements. "Ce qui est plus urgent pour le moment, c'est que le gouvernement dote l'OVG des moyens de surveillance proportionnels à la menace volcanique sur la ville de Goma et dans le territoire de Nyiragongo. Afin qu'on ne puisse pas uniquement intervenir quand le volcan est en éruption. Et aussi que les personnes impliquées dans la négligence puissent être sévèrement sanctionnées". martèle Espoir Ngalukiye, militant au sein du mouvement citoyen.

Volcan Nyiragongo : retour des Congolais qui avaient fui vers le Rwanda

Selon des sources humanitaires, entre 900 et 2.500 habitations ont été détruites par les coulées de lave lors de l'éruption du volcan Nyiragongo. Le bilan actuel fait état de 32 morts.

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