Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point de presse sur la Covid-19 - 14 mai 2021

À l'heure actuelle, seulement 0,3 % de l'approvisionnement en vaccins va aux pays à faible revenu. Une vaccination dispensée au goutte à goutte n'est pas une stratégie efficace pour lutter contre un virus respiratoire mortel.

La situation en Inde reste extrêmement préoccupante. Mais l'Inde n'est pas la seule à être dans une situation d'urgence. Le Népal, le Sri Lanka, le Viet Nam, le Cambodge, la Thaïlande et l'Égypte ne sont que quelques-uns des pays qui font face à une recrudescence des cas et des hospitalisations.

L'approvisionnement en vaccins demeure un défi de taille, mais cette semaine, j'ai été heureux de voir des dirigeants et des fabricants s'attaquer à certains de ces problèmes.

L'OMS a de nouveau réuni des chercheurs et des scientifiques du monde entier pour mettre à jour la feuille de route pour la recherche et l'innovation afin de faire le point sur ce que nous avons appris et d'identifier les lacunes les plus pressantes en matière de connaissances. Le chemin parcouru en moins de 18 mois est stupéfiant, et j'ai bon espoir que les avancées novatrices se poursuivent à un rythme record.

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Bonjour, bon après-midi ou bonsoir.

Au début de la semaine, j'ai été vacciné contre la COVID-19.

Ce fut un moment doux-amer.

D'un côté, la vaccination est un triomphe de la science et de la solidarité mondiale.

Parallèlement aux mesures de santé publique, la vaccination est essentielle pour lutter contre cette pandémie et je suis très reconnaissant au personnel de santé des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) de m'avoir permis d'y prendre part.

Toutefois, j'étais surtout en pensée auprès des agents de santé du monde entier qui luttent contre cette pandémie depuis plus d'un an.

Le fait qu'un si grand nombre d'entre eux ne soient toujours pas protégés est une triste illustration des distorsions flagrantes dans l'accès aux vaccins dans le monde entier.

En septembre dernier, dans la revue The Economist, nous avions mis en garde contre la menace du nationalisme vaccinal et certains nous avaient alors reproché d'être alarmistes.

En janvier, j'ai parlé de l'échec moral catastrophique qui se profilait.

Malheureusement, c'est bien ce à quoi nous assistons aujourd'hui.

Dans une poignée de pays riches, qui ont acheté la majorité des vaccins disponibles, des groupes à faible risque sont maintenant vaccinés.

Je comprends pourquoi certains pays veulent vacciner leurs enfants et leurs adolescents, mais pour l'instant je les exhorte à reconsidérer cette position et à donner plutôt des vaccins au Mécanisme COVAX.

Parce que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, l'approvisionnement en vaccins n'a même pas permis de vacciner les personnels de santé et d'aide à la personne, et les hôpitaux sont submergés de patients qui ont besoin de toute urgence de soins essentiels à leur survie.

À l'heure actuelle, seulement 0,3 % de l'approvisionnement en vaccins va aux pays à faible revenu.

Une vaccination dispensée au goutte à goutte n'est pas une stratégie efficace pour lutter contre un virus respiratoire mortel.

La situation en Inde reste extrêmement préoccupante, et dans plusieurs États le nombre des cas, des hospitalisations et des décès est toujours inquiétant.

L'OMS agit et elle a expédié des milliers de concentrateurs d'oxygène, de tentes pour les hôpitaux mobiles de campagne, de masques et d'autres fournitures médicales. Et nous remercions toutes les parties prenantes qui soutiennent l'Inde.

Mais l'Inde n'est pas la seule à être dans une situation d'urgence.

Le Népal, le Sri Lanka, le Viet Nam, le Cambodge, la Thaïlande et l'Égypte ne sont que quelques-uns des pays qui font face à une recrudescence des cas et des hospitalisations.

Certains pays des Amériques sont encore confrontés à un nombre élevé de cas et en tant que Région, les Amériques ont totalisé 40 % de l'ensemble des décès dus à la COVID-19 la semaine dernière. Il y a aussi une recrudescence des cas dans certains pays d'Afrique.

Ces pays sont au plus haut niveau de leurs capacités de riposte et l'OMS continuera de leur apporter son appui par tous les moyens possibles.

La COVID-19 a déjà coûté la vie à plus de 3,3 millions de personnes et pour la deuxième année de cette pandémie, nous sommes engagés sur une voie qui s'annonce beaucoup plus meurtrière que lors de la première année.

Sauver des vies et préserver les moyens de subsistance grâce à la combinaison des mesures de santé publique et de la vaccination - et non pas l'une ou l'autre - est le seul moyen de sortir de la pandémie.

L'approvisionnement en vaccins demeure un défi de taille, mais cette semaine, j'ai été heureux de voir des dirigeants et des fabricants s'attaquer à certains de ces problèmes.

Premièrement, un certain nombre de nouvelles annonces ont été faites par les pays au sujet du partage des vaccins dans le cadre du Mécanisme COVAX, le moyen le plus rapide d'assurer un déploiement équitable des vaccins.

Deuxièmement, de nouveaux accords impliquant un transfert de technologie et le partage du savoir-faire entre les fabricants internationaux pour intensifier la production de vaccins ont été annoncés.

Et troisièmement, des dirigeants, dont le Premier Ministre espagnol Pedro Sánchez, ont appelé à la levée de tous les obstacles au commerce dès que possible. Muchas gracias.

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Tandis que nous nous félicitons de cette dynamique, l'OMS a de nouveau réuni des chercheurs et des scientifiques du monde entier pour mettre à jour la feuille de route pour la recherche et l'innovation afin de faire le point sur ce que nous avons appris et d'identifier les lacunes les plus pressantes en matière de connaissances.

Dès le début de cette pandémie, le schéma directeur de l'OMS en matière de recherche-développement sur les épidémies a permis de faciliter et de coordonner les travaux, en mobilisant conjointement les réseaux d'experts pour obtenir des avancées dans divers domaines thématiques et en assurant le lien avec les principaux bailleurs de fonds pour que les travaux soient axés sur les priorités de recherche identifiées.

Au cours des 18 derniers mois, des progrès importants ont été accomplis dans la compréhension des modes de transmission et des tendances épidémiologiques, dans la prise en charge clinique et la mise au point de produits de diagnostic utilisables sur le lieu des soins, de traitements et d'un grand nombre de vaccins.

Des chercheurs en sciences sociales et comportementales et des spécialistes de l'éthique ont également travaillé pour s'assurer que la recherche était conforme aux normes les plus élevées en matière d'éthique.

Le forum sur la recherche est diffusé en direct sur deux jours et j'ai mis les participants au défi de trouver des solutions complètes qui englobent la mise au point, l'évaluation et le déploiement des outils de bout en bout, en accordant la priorité à la fois à l'équité et à l'efficacité.

Je les ai exhortés à élargir la collaboration entre les groupes d'experts et les partenaires et à utiliser les capacités mondiales de recherche qui n'ont pas encore été suffisamment exploitées, en particulier dans les pays à faible revenu.

Enfin, je les ai instamment appelés à promouvoir davantage les plateformes d'essais de grande ampleur à travers le monde.

Il s'agit du moyen le plus rapide de prouver l'efficacité de nouveaux produits de diagnostic, de traitements et de vaccins.

Le chemin parcouru en moins de 18 mois est stupéfiant, et j'ai bon espoir que les avancées novatrices se poursuivent à un rythme record.

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Hier, j'ai annoncé qui étaient les lauréats de la deuxième édition du Festival OMS du film « Santé pour tous » et n'ai cessé de penser depuis à l'importance de raconter des histoires pour susciter la prise de conscience, renforcer la solidarité et favoriser un changement positif.

J'ai été frappé par la façon dont chaque lauréat a illustré de façon créative des situations nouvelles et des réalités différentes ; en mettant en évidence les difficultés, mais aussi les moyens de les surmonter.

À regarder les actualités parfois, il peut sembler que les problèmes du monde sont insolubles, mais je veux que vous sachiez que l'OMS continuera à se battre pour défendre les droits à la santé de tous les peuples du monde entier.

Il est une chose qu'ils ont tous en commun : pour relever les défis de notre époque, nous devons surmonter nos divisions et écrire ensemble de nouvelles histoires.

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Cette semaine, nos sœurs et frères musulmans célèbrent l'Aïd al-Fitr et je veux terminer en souhaitant Aïd Moubarak à tous ceux qui le célèbrent.

Prenez soin de vous et à nouveau, Aïd Moubarak !

Christian, vous avez la parole.

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