Mali: Goïta prend le pouvoir

La junte malienne

Après la démission de Bah N'Daw hier, le chef de la junte a pris les rênes de l'exécutif, compliquant une situation politique déjà confuse.

La situation à Bamako a pris une autre tournure hier avec la démission en mi-journée du président de la transition Bah N'Daw, de son Premier ministre, Moctar Ouane et la dissolution du gouvernement. La nouvelle a surpris la délégation de la CEDEAO arrivée dans la capitale malienne mardi dernier et conduite par Goodluck Jonathan, ex-chef d'Etat du Nigeria. Au moment où nous mettions sous presse, rien n'indiquait si Bah N'Daw avait pris la décision sous contrainte ou par exaspération.

Avec un communiqué largement diffusé mardi dernier, le vice-président, par ailleurs chef de la junte militaire, annonçait déjà sa décision de mettre Bah N'Daw et Moctar Ouane hors de leurs prérogatives. Des sources crédibles indiquent que le chef de la junte militaire a déjà entrepris des tractations pour trouver de nouveaux hommes. Assimi Goïta n'a pas apprécié que le gouvernement publié lundi dernier soit composé et rendu public sans son aval. Il a été particulièrement remonté par l'éviction de deux de ses fidèles: les colonels Modibo Koné et Sadio Camara, respectivement ministres de la Sécurité et de la Défense dans le précédent gouvernement. Le cours des événements a rapidement pris l'allure d'un film d'action ce lundi 24 mai 2021, quand les deux plus hautes personnalités du pays ont terminé la journée en captivité dans une caserne.

Goodluck Jonathan, le chef de la délégation de la CEDEAO dépêché à Bamako pour débloquer la crise, a rencontré l'artisan de leur rocambolesque arrestation. Le médiateur et sa délégation ont rencontré le nouvel homme fort du pays qui reste dans la même ligne de défense et soutient toujours que la Charte de la transition a été violée par le chef de l'Etat de transition et son Premier ministre. Le colonel Assimi Goïta évoque aussi une atmosphère politique toujours électrique dans le pays, comme pour remettre en cause la compétence des deux personnalités et justifier sa décision de les mettre hors de leurs prérogatives. Les médiateurs de la CEDEAO ont clairement évoqué la possibilité pour l'institution de prendre des sanctions contre des militaires lors d'un prochain sommet ad hoc. Il est question de sauver les délais de la transition qui étaient fixés à 18 mois et qui sont déjà arrivés à mi-parcours. Même si le colonel Assimi Goïta s'évertue à rassurer les uns et les autres sur ses intentions, notamment l'organisation d'élections générales en 2022 comme prévu, plusieurs observateurs restent sceptiques.

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