Afrique: Lancement du rapport sur l'état de la pratique de sage-femme dans le monde 2021 et dialogue stratégique

Fonds des Nations Unies pour la population et Confédération internationale des sages-femmes

Chère Franca, chère Nathalia, excellences, chers invités, collègues et amis,

Je voudrais tout d'abord remercier le Fonds des Nations Unies pour la population et la Confédération internationale des sages-femmes de s'être associés à l'OMS pour le lancement de cet important rapport.

Sa publication nous offre l'occasion, ô combien nécessaire, d'ouvrir le débat sur l'avenir de la pratique de sage-femme à l'échelle mondiale.

On ne saurait surestimer l'importance des sages-femmes, qui fournissent un large éventail de services essentiels pour la santé sexuelle et reproductive et celle de la mère, du nouveau-né et de l'adolescente.

Partout dans le monde, les sages-femmes réduisent les risques liés à l'accouchement et apportent une aide vitale aux femmes enceintes et aux nouveau-nés.

Elles contribuent également à des objectifs de santé plus larges, tels que l'amélioration des droits en matière de santé sexuelle et reproductive, la promotion des soins auto-administrés et l'autonomisation des femmes et des adolescentes.

Au cours des 16 derniers mois, de nombreuses sages-femmes ont été exposées au risque pendant la pandémie de COVID-19, certaines allant jusqu'au sacrifice suprême au service des autres.

Je saisis cette occasion pour remercier, du fond du cœur, les sages-femmes du monde entier pour leur travail acharné et leur détermination à améliorer la santé et la vie des autres.

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En 2020, nous avons célébré l'Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier.

Aboutissement de cette année, L'état de la pratique de sage-femme dans le monde 2021 est un outil essentiel pour améliorer les résultats en matière de santé dans le monde entier.

Dans ce rapport, il est souligné que, malgré leur importance, il manque 900 000 sages-femmes à l'échelle mondiale, les pays à faible revenu, en particulier en Afrique, étant confrontés aux problèmes de sous-effectifs les plus graves.

En raison de ces insuffisances de personnel, selon les estimations, 810 femmes meurent tous les jours des suites de complications de la grossesse et de l'accouchement.

On dénombre un enfant mort-né toutes les 16 secondes et 2,4 millions de décès de nouveau-nés par année.

Près d'une femme sur cinq accouche sans l'assistance d'un prestataire de soins compétent.

En matière de soins obstétricaux, il faut investir de toute urgence dans quatre domaines principaux :

Premièrement, nous exhortons les pays à accorder une attention particulière à la planification, à la gestion et à la réglementation des activités des personnels de santé et à l'environnement de travail.

Cela signifie accorder une plus grande autonomie aux sages-femmes au sein des équipes soignantes et créer un environnement de travail stimulant, exempt de stigmatisations, de violences et de discriminations liées au genre.

Deuxièmement, nous exhortons les pays à investir dans un enseignement et une formation de qualité pour les sages-femmes.

Il s'agit notamment de disposer, en nombre suffisant, d'enseignants et de formateurs compétents, ainsi que d'établissements d'enseignement et de formation bénéficiant des ressources nécessaires.

Troisièmement, l'amélioration, par les sages-femmes, de la prestation de services, comme les modèles de soins gérés par les sages-femmes.

Et quatrièmement, le leadership et la gouvernance, accompagnés de la création de postes de sage-femme à des échelons supérieurs au sein du gouvernement, des instances de recherche et du système d'éducation.

Il est également indiqué dans le rapport que ces investissements ont des retombées positives considérables.

Selon les estimations, disposer d'effectifs complets pour les interventions réalisées par les sages-femmes d'ici 2035 permettrait de sauver environ 4,3 millions de vies par année.

Les investissements en faveur des sages-femmes contribuent à promouvoir la santé et le bien-être des femmes, des adolescentes et des nouveau-nés, augmente la participation économique des femmes au sein de la population active, aide à donner aux femmes les moyens d'agir et contribue à l'égalité des sexes.

L'intégration complète des sages-femmes au sein des équipes soignantes peut également améliorer l'accès aux services de santé, y compris pour les populations les plus vulnérables.

Les données du rapport sur L'état de la pratique de sage-femme dans le monde 2021 et du rapport de l'OMS sur La situation du personnel infirmier dans le monde 2020 sont à la base des nouvelles orientations stratégiques mondiales pour les soins infirmiers et obstétricaux.

Dans ce document, des priorités stratégiques reposant sur des bases factuelles sont définies, afin d'aider les pays à optimiser le potentiel des sages-femmes et du personnel infirmier.

Y sont également présentées des approches visant à faire en sorte que ces agents de santé essentiels contribuent pleinement à l'instauration de la couverture sanitaire universelle et à la réalisation des objectifs de développement durable.

Lors de l'Assemblée mondiale de la Santé, qui se tiendra la semaine prochaine, les États Membres auront la possibilité d'adopter une résolution sur les orientations stratégiques pour les soins infirmiers et obstétricaux.

Première a être axée sur les soins infirmiers et obstétricaux en dix ans, cette résolution est une façon appropriée de célébrer l'Année des personnels de santé et d'aide à la personne.

Je suis convaincu que les États Membres l'adopteront, mais encore faudra-t-il la mettre en œuvre, ce qui encore plus important.

Les systèmes de santé robustes s'appuient sur des agents de santé qui sont soutenus, protégés, motivés et équipés pour fournir des soins en toute sécurité et en tout temps.

La leçon ne peut être plus claire : il est temps d'investir dans les sages-femmes.

Je tiens à remercier l'ensemble de mes collègues et de nos partenaires pour leur travail acharné et leur détermination à faire de ce rapport une réalité.

Nous devons tous maintenant nous appuyer sur ses conclusions pour concrétiser les changements dont nous avons besoin pour tirer pleinement parti du potentiel des sages-femmes.

Encore une fois, je suis reconnaissant aux sages-femmes de tout ce qu'elles font pour promouvoir la santé, préserver la sécurité mondiale et servir les populations vulnérables.

Je vous remercie.

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