Mali: N'Daw et Ouane bientôt de retour au sommet de l'Etat ?

La junte malienne

Après leur libération par les militaires, des voix exigent le rétablissement dans leurs fonctions du président et du Premier ministre de la transition, malgré leur démission forcée.

Le président de la transition, Bah N'Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, sont libres de leur mouvement.

Ils avaient été arrêtéa lundi (24.05) dernier, par les militaires qui avaient renversé, le 18 août 2020, Ibrahim Boubacar Keïta. Les deux hommes avaient ensuite été conduits au camp militaire de Kati, en périphérie de Bamako, la capitale.

Leur discrète libération, survenue dans la nuit de mercredi à jeudi, de Bah N'Daw et de Moctar Ouane était l'une des exigences du Conseil de sécurité de l'ONU depuis ce qui s'apparente à un coup d'état militaire.

Selon nos informations, le colonel Assimi Goïta, le vice-président de la transition, "assure jusqu'à nouvel ordre la charge de président de la transition",avec à la clé l'organisation d'élections générales, notamment le scrutin présidentiel dans le courant du premier semestre 2022.

En dépit des exigences de la communauté internationale pour un retour rapide des civils à la direction du pays.

Cette option est inacceptable, selon Mamadou Ismaïla Konate ,avocat aux barreaux de Bamako et Paris, ancien Garde des sceaux du Mali.

"Si rien est fait, c'est la communauté des Hommes libres et épris de paix qui est totalement anéantie. Hier, le Tchad, aujourd'hui le Mali, et demain, quel autre pays encore ? Une armée n'a de sens que lorsqu'elle est au service du peuple, de la défense des citoyens. L'armée à la tête de l'État, c'est une double autorité, une autorité politique et une autorité militaire au bout de la baïonnette. Et là, on est en parfaite dictature", s'indigne le juriste au micro de la DW.

Le président et son Premier ministre, rétablis ?

Dans le contexte actuel, le rétablissement du président et du Premier ministre de la transition est-elle envisageable?

C'est en tout cas le souhait des acteurs internationaux, tels que la France, l'ONU, l'Union européennes et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, la Cédéao. Même si plusieurs sources excluent cette éventualité.

L'ancien Premier ministre malien, Moussa Mara ne perd pas espoir. Il estime que "la démission qui a été annoncée hier (26.05), c'est une démission forcée et contrainte. Elle n'est pas acceptable, comme le Conseil de sécurité l'a indiqué. Donc, il faut que les principes prévalent. Et j'ai la faiblesse de penser que les principes prévaudront. Tout le monde s'en remet à la Cédéao qui est en train de conduire une médiation. J'ai bon espoir que la médiation nous permette de rétablir le président et le Premier ministre dans leurs fonctions."

Les Etats-Unis ont fermement condamné l'arrestation des principaux dirigeants de la transition lundi. Ils ont dans la foulée annoncé la suspension de leur aide aux forces armées maliennes, les FAMA. Washington envisage également "des mesures ciblées contre les dirigeants politiques et militaires qui entravent la transition malienne".

Dans un communiqué publié lundi soir, plusieurs organisations africaines, la Minusma, la France, les Etats-Unis notamment prévenaient déjà qu'ils n'accepteraient pas comme un fait accompli cette démission forcée.

Hormis la Cédéao et la France, les pays européens sont également prêts à des sanctions, a déclaré mardi le président français Emmanuel Macron qui a parlé de "coup d'Etat dans le coup d'Etat".

Des mesures qui ne sont pas encore prises, le temps de laisser la médiation de la Cédéao suivre son cours.

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