Congo-Kinshasa: Près de 400.000 personnes pourraient être déplacées par une nouvelle éruption du volcan près de Goma, selon l'UNICEF

Une carte montrant l'emplacement de Goma (sur le lac Kivu) et du parc national des Virunga en République démocratique du Congo.
27 Mai 2021

Craignant que l'un des volcans les plus actifs au monde puisse à nouveau entrer en éruption en République démocratique du Congo (RDC), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a averti jeudi que près de 400.000 personnes, dont 280.000 enfants, pourraient être déplacées et avoir besoin de protection ou de soutien, si l'exode actuel se poursuit.

Samedi dernier, la lave a jailli de l'immense cratère du mont Nyiragongo, provoquant déjà la fuite de milliers de personnes de Goma, une ville d'environ deux millions d'habitants. Au moins 32 personnes sont mortes des suites directes de l'éruption, dont trois enfants, tandis que 40 personnes ont été portées disparues, a précisé l'UNICEF.

L'agence onusienne a déclaré dans un communiqué qu'elle se félicitait des efforts du gouvernement de la RDC pour protéger les personnes vivant dans « la zone rouge » de l'est de Goma contre les risques associés à de nouvelles éruptions, et a mis en garde contre le fait que les enfants courent un plus grand risque dans le cas d'une nouvelle évacuation massive.

« Chaque fois que de grands groupes de personnes sont déplacés en peu de temps, les dangers pour les enfants augmentent », a averti le Représentant de l'UNICEF en RDC, Edouard Beigbeder. « Nous devons être attentifs aux risques immédiats pour les enfants en mouvement, y compris les problèmes de protection, les risques nutritionnels et sanitaires, y compris les maladies d'origine hydrique et en particulier la propagation du choléra ».

Des milliers de personnes ressentant la menace de Goma se dirigent vers la ville voisine de Sake - à 25 kilomètres au nord-ouest de la ville - une zone sujette aux épidémies de choléra où au moins 19 cas suspects ont été enregistrés au cours des deux dernières semaines.

« Avec un risque accru d'épidémie de choléra, nous demandons une aide internationale urgente pour éviter ce qui menace d'être une catastrophe pour les enfants », a ajouté M. Beigbeder.

Des milliers de personnes ont fui Goma après l'éruption du 22 mai et beaucoup se sont dirigées vers Sake.

Nouvel exode massif

Un ordre des autorités jeudi aux habitants des dix quartiers de l'est de Goma, connus sous le nom de "zone rouge", de quitter immédiatement leurs maisons, a entraîné un nouvel exode massif, a déclaré l'UNICEF. On pense que la zone est la partie de la ville la plus exposée.

Beaucoup de ceux qui ont fui jeudi ont voyagé à pied, transportant des matelas et des ustensiles de cuisine, tandis que d'autres se sont échappés en voiture ou à moto.

Près de 1.000 enfants qui ont été séparés de leurs parents au milieu du chaos qui a suivi l'éruption de samedi ont maintenant été identifiés, a précisé l'UNICEF qui aide à réunir près de 700 enfants avec leurs familles. 142 autres enfants ont été placés dans des familles d'accueil de transition, tandis que 78 sont dans des centres d'hébergement de transit.

« Malheureusement, plus de 170 familles sont toujours à la recherche d'enfants perdus. L'UNICEF craint maintenant que le chaos des dernières évacuations n'entraîne la séparation d'un plus grand nombre d'enfants de leur famille », indique le communiqué de presse.

En réponse à la crise, l'agence onusienne organise la livraison d'articles non alimentaires essentiels - tels que des jerrycans et des bâches en plus de fournir des équipements d'eau et d'assainissement d'une importance vitale.

Des mesures ont également été prises pour créer un centre d'information sur les volcans, accessible via un système de SMS sans frais, qui a joué un rôle crucial dans la lutte contre la désinformation entourant l'éruption et a jusqu'à présent été utilisé par plus de 5.200 personnes.

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