Congo-Kinshasa: Sous la menace du volcan, la population de Goma s'enfuit, une crise humanitaire majeure se profile

communiqué de presse

Dans la crainte d'une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), des milliers de personnes fuient la ville Goma et ses alentours. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) relocalise temporairement une partie de ses équipes à Bukavu et Minova et, avec les partenaires du Mouvement de la Croix-Rouge, reste mobilisé pour répondre aux besoins les plus urgents à Goma et dans les environs.

Fuir encore une fois le danger

Même si l'éruption du 22 mai est terminée, les émanations de gaz demeurent un danger pour la population de Goma. Actuellement, les secousses sismiques continuent de sévir dans la région, la population est encore exposée à ces risques, et il est difficile de préciser l'étendue des besoins humanitaires. La situation est imprévisible. « La menace d'une nouvelle éruption est encore réelle et la peur palpable. Des secousses sismiques se font encore ressentir toutes les cinq minutes dans la ville », explique Rapahaël Tenaud, responsable des opérations du CICR à Goma.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'exode de milliers de personnes a débuté en direction de la localité de Sake à l'ouest, suite à l'annonce de l'évacuation d'une partie de la ville par les autorités en raison des risques liés aux mouvements sismiques et volcaniques.

Vers deux heures du matin, les familles ont commencé à se diriger vers le port. Les rues étaient pleines de monde et il y a eu un vent de panique, avec pour certains la mémoire encore vive des éruptions et de la destruction de 2002. Les gens sont en quête de sécurité, mais certains ont aussi peur d'abandonner leur maison.

« La population du Nord-Kivu se débat déjà avec des défis socioéconomiques et les conséquences des conflits armés depuis des décennies. La région est un des endroits les plus exposés à l'insécurité alimentaire en Afrique. Cette catastrophe est une double peine. A chaque crise, la capacité de résilience s'amoindrit. »

Rapahaël Tenaud, responsable des opérations du CICR à Goma

Des milliers de déplacés ont besoin d'eau, d'abris, de matériel de première nécessité et d'hygiène, ainsi que de nourriture. La coupure de l'axe nord partant de Goma et l'endommagement de tous les champs agricoles de cette partie de la ville, qui étaient très fertiles, risquent de provoquer dans les jours à venir une pénurie alimentaire.

Prévenir la séparation des familles

En deux jours, près de 550 enfants ont été séparés de leurs familles dans les mouvements de population qui ont suivi l'éruption du 22 mai. Il est essentiel d'éviter que des milliers de déplacés perdent le contact avec leurs proches sur la route de l'exode.

« Nous conseillons aux familles de mémoriser autant que possible les numéros de téléphone de leurs proches. Si une personne voyage avec un enfant suffisamment grand, il faut qu'elle lui fasse apprendre son nom complet, sa région d'origine et les numéros de téléphone de personnes proches, au cas où il serait séparé d'elle », déclare Rachel Bernard, cheffe de délégation du CICR en République démocratique du Congo.

Destruction de maisons et rupture des services essentiels

Plus de 900 maisons ont déjà été détruites. L'approvisionnement en eau et en électricité fonctionne dans certaines parties de la ville mais le degré de couverture n'est pas clair. La lave a fortement endommagé un des principaux réservoirs d'eau de la ville de Goma. On estime que près d'un demi-million d'habitants sont privés d'eau potable alors qu'il y a de hauts risques de maladies hydriques comme le choléra. Cette précarité est aussi à prendre en compte pour les milliers de personnes qui ont dû partir de Goma.

« Nous mettons tout en œuvre pour relever les nombreux défis liés à cette situation en constante évolution, tout en respectant les mesures de sécurité. Certaines de nos équipes se déplacent avec la population, d'autres réparent le réservoir ou facilitent l'approvisionnement en eau par camion-citerne des hôpitaux et de la prison de Goma », affirme Rachel Bernard.

Par ailleurs, les structures médicales nécessitent un soutien afin d'assurer la continuité des soins, particulièrement dans les centres de santé primaires. A l'hôpital de Ndosho, l'équipe médicale CICR poursuit la prise en charge des blessés par armes venant de toute la province du Nord-Kivu. Les centres de santé secondaires bénéficieront d'une aide pour maintenir l'approvisionnement en d'électricité, en eau et en médicaments.

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