Cameroun: « On peut soigner tout type de plaie »

interview

Dr Romain Soumele, médecin chirurgien, promoteur du centre de traitement des plaies.

A quoi sont dues les plaies chroniques ?

La plaie est une ouverture de la peau due à plusieurs facteurs. Ils entraînent différents types de plaies. Nous aurons surtout des ulcères veineux et artériels. Il y a aussi des plaies diabétiques souvent difficiles à cicatriser, ainsi que les plaies drépanocytaires pour les personnes souffrant de drépanocytose. D'autres plaies dues à des infections cutanées sont appelées dermatoses. Parfois, il y a aussi des plaies cancéreuses dites spinocellulaires, une forme de cancer de la peau.

Ces plaies se soignent-elles ?

Lorsque les conditions sont réunies, on peut soigner tout type de plaie. Certaines prennent du temps. A 90%, la plupart des plaies sont soignables. Beaucoup traînent des plaies pendant longtemps parce qu'il manque plusieurs éléments. Primo, les ressources humaines, notamment les spécialistes (médecins et infirmiers) en plaies. Ensuite, il manque le plateau technique.

Parce que cela demande par exemple des pansements adaptés à chaque phase de la cicatrisation, ainsi que des moyens techniques comme la pression négative qui permet d'accélérer la cicatrisation. De même, l'oxygénothérapie manque cruellement dans nos structures sanitaires. Enfin, il faut reconnaître que le coût de traitement de la plaie chronique est plutôt élevé. Il est recommandé de faire de la prévention lorsque la plaie est encore fraîche. Elle est dite aigüe. Au-delà de trois semaines, la plaie passera au stade chronique et cela devient coûteux.

Pourquoi cette campagne de consultations aujourd'hui ?

A l'observation, 80% des personnes souffrant des plaies chroniques sont souvent des gens qui vivent de petits métiers. Il s'agit d'un problème de santé publique. Quasiment aucune famille n'est épargnée par ce problème. Il faut que toutes les personnes souffrant de plaies chroniques dans les régions du Centre, de l'Est et même le Septentrion, pouvant arriver dans ce centre, puissent profiter des soins médicaux et sachent qu'il ne s'agit pas de sorcellerie.

Nous avons actuellement une équipe de dix personnes formées tant à Yaoundé qu'à Baleveng dans la Menoua. Les types de plaies pouvant varier d'une région à l'autre. A l'Est ou dans le Centre, on a davantage affaire à l'ulcère de Buruli.

Dans le Littoral, c'est plutôt des ulcères veineux à cause de la chaleur. A l'Ouest, on rencontre plus des ulcères dus aux accidents champêtres. Il est possible de prévenir les ulcères par une bonne hygiène alimentaire. Il faut éviter de trop fumer et de trop boire. Il faut porter les vêtements et les chaussures adaptés pour son travail pour éviter de traumatiser la peau. Il faut aussi faire du sport.

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