Afrique: Arrêter le tabac, c'est gagner

Campagne à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac 2021 - S'engager à arrêter

Ceux qui abandonnent ne gagnent jamais, dit-on volontiers. Dans le cas du tabac, c'est exactement le contraire : arrêter, c'est vraiment gagner !

Quand ils ont appris qu'ils étaient davantage exposés à des formes sévères de la COVID-19 que les non-fumeurs, des millions de fumeurs ont voulu renoncer au tabac. Mais sans un soutien adéquat, il est très difficile d'y parvenir.

La nicotine que contient le tabac engendre une forte dépendance. Le lien comportemental et affectif avec le tabagisme rend le sevrage difficile : certains aiment bien allumer une cigarette en buvant leur café, en cas de stress ou pour se remonter le moral, ou parce qu'ils en ont subitement envie.

En bénéficiant de l'appui de professionnels et de services de sevrage, on peut doubler ses chances d'arrêter de fumer.

Aujourd'hui, plus de 70 % des 1,3 milliard de consommateurs de tabac dans le monde n'ont pas accès aux outils nécessaires pour arrêter. Et l'inégalité en matière d'accès à des services de sevrage a encore été exacerbée au cours de l'année écoulée, le personnel de santé ayant été mobilisé pour faire face à la pandémie.

C'est pour cela que l'OMS a lancé une campagne d'une année correspondant au thème retenu pour la Journée mondiale sans tabac 2021 « S'engager à arrêter ». Son but est de donner à 100 millions de consommateurs les moyens de chercher à renoncer au tabac en créant des réseaux de soutien et en améliorant l'accès à des services de sevrage qui ont fait leurs preuves.

Il s'agit de renforcer les services existants, comme les conseils succincts donnés par des professionnels de la santé ou des numéros verts spéciaux, et aussi d'offrir des services innovants comme Florence, la première agente de santé virtuelle de l'OMS et les chatbots d'appui sur WhatsApp et Viber.

Pour renoncer au tabac, il faut pouvoir compter sur des politiques et des interventions qui ont démontré qu'elles permettaient de réduire la demande.

La Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac constitue une riposte forte et concertée à l'épidémie mondiale de tabagisme et aux coûts sociaux, environnementaux et économiques énormes qu'elle engendre. Pour aider les pays à mettre en œuvre la Convention-cadre, l'OMS a introduit le guide technique MPOWER appuyant la mise en œuvre de stratégies clés comme l'augmentation des taxes sur le tabac, l'aménagement d'environnements sans tabac et l'aide au sevrage.

L'efficacité de la cigarette électronique comme aide au sevrage n'est pas démontrée

L'industrie du tabac a toujours cherché à saper ces mesures de santé publique permettant de sauver des vies. Au cours des dix dernières années, elle s'est efforcée de promouvoir la cigarette électronique comme aide au sevrage dans le cadre d'une contribution à la lutte antitabac dans le monde. Parallèlement, elle a eu recours à des pratiques stratégiques visant à attirer les enfants vers ces nouveaux produits en proposant plus de 15 000 arômes distincts.

Les données scientifiques actuelles ne permettent pas de conclure que la cigarette électronique constitue une aide efficace au sevrage et l'on ne voit pas clairement si ces produits ont un rôle à jouer pour ceux qui veulent arrêter de fumer. Passer des produits du tabac traditionnels au vapotage, ce n'est pas se libérer du tabagisme.

Comme l'a souligné le Directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, « Nous devons nous laisser guider par les données scientifiques et non par les campagnes promotionnelles de l'industrie du tabac - une industrie qui pendant des décennies s'est fondée sur des affirmations mensongères et trompeuses pour vendre des produits à l'origine de centaines de millions de morts. La cigarette électronique produit des substances chimiques toxiques qui ont été liées à des effets néfastes pour la santé, comme des maladies cardiovasculaires et pulmonaires. »

Pourquoi l'ONU interdit-elle les partenariats avec l'industrie du tabac et ses groupes écrans ?

L'industrie du tabac constitue l'obstacle le plus important à la réduction des décès imputables au tabagisme. Ses intérêts sont inconciliables avec la promotion de la santé publique et il est donc indispensable de la tenir à l'écart des efforts mondiaux de lutte antitabac.

C'est exactement là le but de l'article 5.3 de la Convention-cadre. L'OMS a érigé un pare-feu en 2007 pour mettre les politiques à l'abri des intérêts commerciaux et autres de l'industrie du tabac. Le Pacte mondial des Nations Unies a suivi cet exemple en excluant la participation de l'industrie du tabac à partir de 2017 et en appelant l'attention sur la contradiction fondamentale entre les objectifs de l'ONU et ceux d'une industrie responsable de plus de 8 millions de décès annuels. Conformément à l'article 5.3, l'industrie du tabac a été entièrement écartée du système des Nations Unies dont les organismes ont été instamment priés de concevoir des stratégies pour prévenir toute ingérence.

L'Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, dont l'OMS et le Secrétariat de la Convention-cadre sont des membres de premier plan, a conçu et mis en œuvre au niveau intergouvernemental une politique type à l'intention des institutions du système des Nations Unies visant à prévenir l'ingérence de l'industrie du tabac - une politique forte pour contrecarrer les agissements de l'industrie du tabac dans le système des Nations Unies.

En 2008, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur l'interdiction de fumer dans les locaux de l'ONU et, en 2012, le Conseil économique et social des Nations Unies a lancé un appel à la cohérence de la lutte antitabac à l'échelle du système. La politique interdisant de fumer sur le lieu de travail qui vise à protéger environ 100 000 membres du personnel contre le tabagisme passif a été concrétisée par la création de sites sans tabac.

L'OMS et le Secrétariat de la Convention-cadre ont indiqué qu'aucun partenariat ne doit être formé avec des groupes écrans derrière lesquels se cache l'industrie du tabac, comme par exemple la Fondation pour un monde sans tabac. La multinationale Philip Morris International s'est engagée à investir plus d'un milliard de dollars des États-Unis (USD) sur une période de 12 ans pour financer la nouvelle Fondation qu'elle contrôle, dont elle est le seul bailleur de fonds et qui vise à reproduire des messages tendant à réduire les effets nocifs du tabagisme et à soigner sa réputation.

L'importance des droits de douane, des taxes sur le tabac et des lieux de travail sans tabac

Malgré les entraves mises par l'industrie du tabac, d'importants progrès ont été réalisés dans le monde en matière de lutte antitabac.

Depuis l'introduction du guide technique MPOWER il y plus de 10 ans, 5 milliards de personnes, quatre fois plus qu'en 2007, ont bénéficié d'au moins une de ces meilleures pratiques de lutte antitabac. Au cours des 20 dernières années, 60 millions de personnes ont arrêté de consommer du tabac. Mais cette réduction varie selon les régions et l'on constate aujourd'hui que l'industrie du tabac cible de manière agressive les pays à revenu faible ou intermédiaire en les inondant de cigarettes traditionnelles, tout en cherchant à promouvoir ses produits nouveaux et émergents dans les pays à revenu plus élevé.

L'OMS invite instamment les gouvernements à contribuer au sevrage tabagique en offrant à ceux qui veulent arrêter de fumer l' appui, les services et les mesures nécessaires et en taxant davantage les produits du tabac.

Alors que le tabagisme passif entraîne chaque année la mort de plus de 65 000 enfants et adolescents, les politiques sur les lieux sans tabac iraient dans le sens d'une meilleure protection des non-fumeurs.

Le tabac coûte à l'économie mondiale plus de 1 400 milliards USD en dépenses de santé et pertes de productivité, ce qui représente 1,8 % du PIB mondial annuel. L'augmentation des taxes contribue à rendre ces produits mortels moins abordables et à couvrir les coûts des soins de santé dus au tabagisme.

Jamais une meilleure occasion ne s'est présentée pour renoncer au tabac, et un engagement pour aider les consommateurs à faire le pas décisif est essentiel si l'on veut améliorer la santé et sauver des vies.

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