Cote d'Ivoire: Crises sociopolitiques de 2002 à 2020 - D'autres victimes se signalent et exigent l'indemnisation

La liste des victimes des crises sociopolitiques en Côte d'Ivoire est loin d'être exhaustive. En dehors de la liste officielle brandie par le régime Ouattara pour l'indemnisation, d'autres victimes se signalent. Réunis, mercredi, à l'espace Mont Zatro de Yopougon, elles ont fait une conférence de presse pour faire connaître leurs préoccupations.

Il s'agit d'hommes et de femmes qui disent être des victimes de la rébellion armée de 2002 à la crise électorale 2020 liée au 3ème mandat d'Alassane Ouattara, en passant par la crise meurtrière 2010-2011 qui a fait officiellement 3 000 morts. Ces victimes sont regroupées en Fédérations. Une Fédération pour chaque crise.

A la table, 4 jeunes pour répondre aux questions des journalistes. Chacun a son histoire. Mlle Guirié Blas Ella Odilon se souvient encore de l'enfer qu'elle a vécu à Duékoué, quartier Carrefour. C'est bien là que le Seigneur du Mont Péko, le sanguinaire Amadé Ouérémi et ses hommes ont commis des exactions des plus ignobles. « J'ai été séquestrée, bastonnée, violée. J'ai suivi, par la suite, 4 interventions chirurgicales. Il y avait des caillots de sang dans mon ventre. Les 8 enfants de mon père et mon oncle ont été tués. Sur 17 membres de ma famille, il n'en restait que 4. Il faut que mon nom figure sur la liste des victimes à indemniser. Que les victimes de toutes les crises soient prises en compte » a-t-elle retracé avec peine.

Brokou Armel, poignardé à Treichville en 2002, a encore des séquelles. Némin Sosthène Claver est victime de l'attaque du camp de réfugiés de Nahibly où il a perdu des parents, il a fait la prison à la Maca et a perdu par la suite son emploi, ses enfants ne vont plus à l'école. Zo Inza est victime de la crise de 2020 où il a été tailladé à la machette par des "microbes'', a passé 6 mois à l'hôpital à ses propres frais.

Malgré ces blessures physiques et psychologiques, la perte de parents proches, ces victimes disent être pour la réconciliation et appellent les dirigeants à mettre tout en œuvre pour réconcilier les Ivoiriens. Leur priorité, être pris en compte par le processus d'indemnité. Notons qu'ils n'étaient que des représentants de plusieurs victimes ignorées par le Gouvernement.

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