Afrique de l'Ouest: Deuxième coup d'Etat au Mali - La CEDEAO suspend le pays de ses institutions et exige le respect de la période de transition

Les chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), en sommet extraordinaire, ont demandé hier la libération immédiate de l'ancien président et le premier ministre de la transition au Mali, assignés à résidence. Ils ont également suspendu le Mali des institutions de la Cedeao.

Libérer immédiatement le président de transition au Mali Bah N'Daw et le premier ministre Moctar Ouane. C'est l'appel des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest qui se sont réunis hier en sommet extraordinaire sur la situation au Mali, convoqué par Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO, président de la République du Ghana et actuel président de l'Autorité des chefs d'État et de gouvernement de la Cedeao, à Accra, au Ghana,

Selon le communiqué issu de la rencontre, après la présentation du rapport par Goodluck Ebele JONATHAN, ancien président de la République fédérale du Nigéria et envoyé spécial et médiateur de la Cedeao au Mali, les chefs d'État ont exprimé de vives et profondes inquiétudes face à la crise actuelle au Mali, qui arrive à mi-chemin de la fin de la période de transition convenue, dans le contexte des défis de sécurité liés aux attaques terroristes incessantes et à la pandémie de Covid-19 avec ses conséquences socio-économiques désastreuses.

A l'en croire, « les chefs d'État demandent la libération immédiate de l'ancien président et le premier ministre de la transition, assignés à résidence ». Le document rapporte également qu'ils condamnent fermement ce récent coup d'État qui est une violation des décisions prises lors du sommet extraordinaire tenu au Peduase Lodge, Aburi, Ghana, le 15 septembre 2020 et une violation de la Charte de transition.

Le Mali suspendu des institutions de la Cedeao

Après de longues discussions sur la situation au Mali, les chefs d'État et de gouvernement ont pris les un certain nombre de décisions. En ce sens, ils ont décidé de suspendre le Mali des institutions de la Cedeao conformément à ses dispositions. Ils réaffirment l'importance et la nécessité de respecter le processus démocratique d'accession au pouvoir, conformément au Protocole de 2001 de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance. Ils condamnent, en particulier, toutes les actions qui ont conduit à l'instabilité persistante au Mali et ses conséquences dans la région.

Les chefs d'Etat et de gouvernement demandent, dans la foulée, la nomination immédiate d'un nouveau Premier ministre civil et soulignent qu'un nouveau gouvernement inclusif devrait être formé pour poursuivre le programme de transition. Ils réaffirment « la nécessité de respecter la période de transition de 18 mois décidée à Accra.

Dans ce contexte, disent-ils, la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l'élection présidentielle doit être absolument maintenue. Un mécanisme de suivi sera mis en place à cet effet, rapporte le communiqué. Le relève qu'ils réitèrent les décisions antérieures selon lesquelles le chef de la transition, le vice-président et le premier ministre de la transition ne devraient en aucun cas être candidats à la prochaine élection présidentielle.

« Réaffirmons le soutien de la Cedeao pour accompagner le processus de transition au Mali », rappellent les autorités de l'institution. Qui exhortent tous les partenaires internationaux (l'Union africaine, les Nations Unies et l'Union européenne) à continuer à soutenir le Mali dans la mise en œuvre réussie de la transition.

Plus de: lejecom

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