Nigeria: "Le gouvernement ne fait rien pour protéger les citoyens" dénonce l'Evêque de Sokoto

Abuja — " Nulle part ailleurs dans le monde, les gens ne meurent comme dans notre pays. Il n'existe aucun endroit au monde où des citoyens peuvent être massacrés chaque jour sans que le gouvernement ne montre le moindre signe d'empathie ou de préoccupation pour ce qui se passe. C'est l'acte d'accusation de son Exc. Mgr Matthew Hassan Kukah, Évêque de Sokoto, dans son homélie pour la messe de la veillée du Père Alphonsus Bello, le prêtre retrouvé mort après avoir été enlevé le 20 mai lors de l'attaque nocturne de la paroisse de St. Vincent Ferrer à Malunfashi, dans l'État de Katsina. Le père Joe Keke qui a été kidnappé avec lui est toujours aux mains des ravisseurs (voir Fides 21/5/2021).

Soulignant la responsabilité de la politique dans l'instabilité et l'insécurité généralisées dans la Fédération du Nigeria, Mgr Kukah a déclaré de manière provocante : "Je pense que le président du Nigeria et plusieurs gouverneurs peuvent s'adresser aux Nigérians et leur dire : chers Nigérians, j'ai juré de ne pas vous protéger. Je ne vous protégerai pas des envahisseurs étrangers, je ne vous protégerai pas d'être tués. Je ne vous protégerai pas d'être kidnappé, je ne vous protégerai pas des bandits, je ne vous protégerai pas des kidnappeurs."

Le fléau des enlèvements massifs d'élèves touche les enfants de toutes les confessions religieuses. Dimanche 30 mai, plus de 100 élèves d'une école islamique de l'État du Niger, au nord-ouest du Nigeria, ont été enlevés à l'école islamique Salihu Tanko de Tegina par un groupe d'hommes armés arrivés à moto.

Nos politiciens, poursuit Mgr Kukah, n'ont pris aucun engagement envers les idéaux démocratiques d'intégration, de diversité, de bonne gouvernance et de mise en œuvre des principes d'une société démocratique. "Les politiciens, a-t-il ajouté, ont lancé un appel à leurs partisans en disant qu'ils allaient institutionnaliser un État théocratique au Nigeria en créant un État de la charia au Nigeria... Nous avons maintenant tant d'effusions de sang alimentées par de fausses promesses.

"En tant que chrétiens, peu importe la violence dans laquelle vit notre société, nous devons rester fidèles aux promesses de Dieu. En tant que chrétiens, rappelons-nous que seul le sang purificateur de Jésus-Christ nous offre l'espoir. Nous devons tenir la main de Dieu comme la seule certitude et garantie de notre espérance", a conclu l'Evêque.

Nous rappelons qu'en février, la Conférence épiscopale nigériane (voir Fides 24/2/2021) a averti que " le Nigeria risque de se diviser " en raison de la grave condition d'insécurité répandue dans la Fédération.

Plus de: Agenzia Fides

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