Somalie: Des élections nationales en Somalie, premier pas vers la sortie de la crise politique

Mogadiscio — Après des mois d'attente et des semaines de tensions et d'affrontements entre forces gouvernementales et pro-opposition, le gouvernement somalien a enfin annoncé, jeudi dernier, l'organisation dans deux mois des élections nationales, un pas vers le dénouement de la crise politique dans ce pays est-africain.

Un forum consultatif national avait réuni la semaine dernière les dirigeants politiques qui sont finalement parvenus à un consensus sur la tenue des élections dans un délai de 60 jours sans toutefois donner de dates exactes pour l'organisation de ces échéances, laissant cette charge au comité d'organisation des élections.

Le Premier ministre, Mohamed Hussein Roble, désigné par le président Mohamed Abdullahi Mohamed pour mener des négociations avec les dirigeants politiques et les chefs de l'opposition, est parvenu à un consensus avec les chefs des cinq régions semi-autonomes ayant abouti à la signature, jeudi dernier, d'un accord pour l'organisation "d'élections libres et équitables". Ces échéances cruciales qui devaient se tenir entre décembre 2020 et février 2021 ont été reportées à plusieurs reprises en raison de divergences entre les différents partis, plongeant la Somalie dans une crise politique.

En effet, la Somalie a vécu ses dernières semaines plusieurs rebondissements. Mi-avril, la prolongation du mandat du président, expiré le 8 février, avait provoqué de violents affrontements dans la capitale. Début mai, le chef de l'Etat y avait finalement renoncé, déléguant le processus électoral à son Premier ministre. Ce dernier a alors dirigé des discussions à huis-clos, débutées le 22 mai, qui ont permis de déboucher sur l'accord signé jeudi 27 mai.

À travers cet accord, c'est une feuille de route pour l'organisation des élections qu'ont présenté les autorités somaliennes. La première étape consiste à finaliser la constitution du comité électoral.

Puis, les élections devront se tenir sous 60 jours selon un agenda qui sera précisé plus tard par le comité électoral. Le scrutin va se dérouler selon un système électoral indirect où des délégués spéciaux, choisis par les clans, votent pour les parlementaires qui éliront ensuite le président.

Selon l'accord, chaque région semi-autonome désignera deux lieux pour la tenue de ces élections.

Le Premier ministre somalien a aussi demandé à ce qu'un quota de 30% de femmes élues au Parlement soit respecté.

L'accord a été accueilli avec soulagement et applaudi aussi bien par l'opposition que par la communauté internationale, car les tensions des derniers mois avaient fait craindre une escalade des violences.

L'Union africaine, l'ONU et l'Union européenne, entre autres, se sont dites prêtes à aider la Somalie à "mettre en place cet accord historique". Le président somalien a, quant à lui, remercié son Premier ministre, saluant son rôle de leader dans les négociations et dans le dénouement de la crise politique.

Plus de: MAP

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X