Congo-Kinshasa: Rationalité

Après qu'il ait mis fin à la coalition FCC-CACH, le Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi Tshilombo, s'était automatiquement inscrit dans l'optique des réformes à travers un nouvel ordre politique clair et fort que serait l'Union sacrée de la Nation, d'où découlerait à l'en croire, le salut du peuple.

A cet effet, l'on s'y attendait d'ores et déjà au développement et à la prospérité du Congo dans la mesure où le «blocage made in Kabila», tel qu'il était présenté par les combattants de l'Udps, allait disparaître de suite de l'avènement d'une nouvelle majorité acquise au Président Tshisekedi. Plus d'un mois après l'investiture du Gouvernement Sama Lukonde, il serait encore très tôt d'établir un bilan.

Seulement, les mauvaises nouvelles se font sentir au chapitre des réformes. Les deux Chambres sœurs du parlement trainent le pas, et ce à moins de 15 jours de la clôture de la session de mars, malgré la sonnette d'alarme de quelques Députés.

Vendredi 28 mai 2021, l'Assemblée nationale a approuvé le rapport de la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ) relatif à l'examen de la proposition de loi organique modifiant et complétant la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) telle que modifiée et complétée par la loi organique n°13/012 du 19 avril 2013 initiée par Christophe Lutundula, devenu à ce jour, Vice-premier ministre, ministre des affaires étrangères.

A la suite de cela, le bureau Mboso avait accordé à la commission PAJ, un délai de 48 heures pour permettre aux députés nationaux de déposer leurs amendements. Bien que, pour certains analystes politiques qui suivent de près l'évolution de cet examen, des voix s'élèvent pour qualifier la Loi Lutundula d'une simple tentative de réforme, surtout après «le toilettage» de la Commission PAJ que chapeaute le Professeur André Mbata, qui a rejeté en bloc certaines innovations voulues par son initiateur.

Beaucoup s'attendaient notamment, à la suppression de l'assemblée plénière. Hélas ! L'équipe Mbata a proposé d'augmenter le nombre de membres de la plénière et particulièrement le nombre de représentants de la Société civile.

Quoi qu'il en soit, dans l'ensemble, la machine traîne. D'aucuns ne veulent pas des réformes qui tuent la démocratie. Sans être prophète de malheur, réforme ou illusion des réformes, la plupart d'analystes politiques restent convaincus que certaines modifications risquent de créer des tensions politiques pendant les périodes préélectorale, électorale et postélectorale. Les politiques sont donc priés de faire appel à la rationalité en mettant devant l'intérêt du pays avant toute chose.

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