Burkina Faso: Prix transport d'agrégats à Bobo - Une augmentation qui ne passe pas

Ils ont beaucoup fait parler d'eux il y a quelques semaines à Bobo lorsque le prix du transport des agrégats vers les chantiers de construction avait connu une brusque augmentation. Une situation qui ne pouvait aucunement laisser indifférente la municipalité de Sya, laquelle jouera sa partition après une rencontre avec les acteurs du domaine. Mais la nouvelle tarification, décidée lors d'un récent conseil municipal, ne semble pas être du goût des transporteurs. Lesquels exigent des autorités municipales une prise en compte des nombreuses charges afférentes à leurs activités.

L'affaire remonte au mois de février dernier lorsque des transporteurs d'agrégats avaient choisi d'emprunter une voie détournée afin d'éviter les contrôles routiers sur la nationale n°1 sur l'axe Bobo-Ouaga avant d'atteindre leur destination finale dans la ville de Sya. Du coup, c'est la forêt de Kua qui sera érigée en zone de passage clandestin de ces nombreux véhicules de transport d'agrégats. Alerté de cela, le service des eaux et forets va effectuer une descente musclée sur le site.

« Les forestiers ont réussi à bloquer tous les camions qui passaient par la forêt. Je me rappelle que, ce jour, ils ont même tiré en l'air pour se faire entendre et ils ont récupéré les pièces de tous les véhicules qui traversaient le site. Mais après concertations, nous sommes parvenus à un accord. Ils nous ont présenté un graphique sur lequel se trouvaient les limites des espaces sous leur contrôle, dont la forêt de Kua et qui sont interdits au public. Nous étions donc obligés de nous passer de cette voie de contournement pour faire face à la réalité », a expliqué Seydou Kassamba, président du syndicat des transporteurs.

Désormais contraints de se soumettre aux contrôles de police, les transporteurs voient du coup une augmentation de leur charge avec les taxes auxquelles ils sont astreints aux différents postes de contrôle. De 30 000 F alors, le prix du transport connaîtra une hausse de 10 000 F soit au total 40 000 F CFA. Une augmentation jugée abusive par de nombreux demandeurs et qui fera couler beaucoup d'encre et de salive.

Le mouvement d'humeur des transporteurs fera place à des concertations avec la municipalité afin d'y trouver une solution. Mais pour Seydou Kassamba, cette revue à la hausse des tarifs n'est ni plus ni moins que la conséquence des prix qui leur sont imposés sur les sites d'exploitation. Les charges, dit-il, sont énormes pour les membres de sa structure, dénommée Pro benne (propriétaires de benne).

Car en plus des taxes qui leur sont imposées aux postes de contrôle, l'organisation déplore ces augmentations constatées sur toute la chaîne depuis le site d'exploitation avec notamment les propriétaires terriens et les ouvriers chargés du creusage et du remplissage des camions. C'est alors après concertation que le syndicat Pro bennes, selon son président, a décidé de revoir sa tarification en fonction des réalités du terrain.

Ainsi donc les prix du transport du sable ont été fixés à 40 000 F pour les véhicules à six roues et 80 000 F pour les dix roues. Une mesure qui avait de la peine à passer et qui va nécessiter l'implication de la municipalité. La rencontre organisée à cet effet va donc permettre aux transporteurs de soulever devant le maire de la commune, les chefs coutumiers et les représentants des FDS, les difficultés qui les assaillent et auxquelles il faut vite trouver des solutions.

«Il est normal qu'il y ait des contrôles aux postes. Mais nous pensons que les autorités en font un peu trop, et c'est ce qui amenait les transporteurs à prendre les voies de contournement pour les éviter. Nous avons donc demandé au maire de voir comment il peut faire alléger les contrôles sur les routes pour nous faciliter la tâche. A cette rencontre il nous a été demandé de faire le point de nos dépenses à chaque voyage. Nous nous sommes exécutés en envoyant au maire notre devis, d'un montant de 40 000 F, y compris le carburant », dira Seydou Kassamba.

Mais les choses ne sont pas vues de la même façon par la municipalité qui optera au cours d'un récent conseil municipal pour la somme de 32 500 F. Un montant jugé dérisoire par le président de Pro benne qui déplore, par ailleurs, cette brusque rupture du dialogue par le maire.

« Après que nous lui avons envoyé notre lettre avec l'inventaire de nos dépenses, nous n'avons pas reçu de suite à notre correspondance. C'est à travers les médias que nous apprendrons que le montant adopté par le conseil municipal est de 32 500 F au lieu de 40 000 F. Je pense que le maire aurait pu nous consulter avant de prendre cette décision. Mais nous restons ouverts au dialogue », ajoute Seydou Kassamba.

Pour l'instant le prix retenu par le maire n'est pas du goût des transporteurs ; lesquels envisagent de nouvelles concertations avec les autorités municipales afin de parvenir à un consensus. Mais dans le cas contraire, ils se réservent le droit d'engager dans les semaines à venir des actions pour la prise en compte effective de leurs préoccupations.

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