Congo-Kinshasa: Rapport Mapping - Savoir ce qu'on veut, et quand il le faut !

Cela fait 11 ans que le Rapport "PROJET" Mapping, rendu pourtant public, reste sans suite. Périodiquement, on en parle (comme pour besoin d'une cause précise) et, après, on oublie ; le temps de trouver une autre circonstance pour le brandir. On en viendrait à penser qu'on s'en sert comme instrument de chantage sur Kinshasa qu'on n'en serait pas surpris.

L'insolite, dans la gestion de ce dossier, se situe dans le choix des périodes où le pays a des difficultés évidentes. Comme la proclamation de l'état de siège, dispositif constitutionnel actionnable lorsque la sécurité de l'État est fortement menacée. L'entame de l'article 85 est éloquente : « Lorsque les circonstances graves menacent, d'une manière immédiate, l'indépendance ou l'intégrité du territoire national ou qu'elles provoquent l'interruption régulier des institutions... ».

La menace de déstabilisation du pays étant tout ce qu'il y a de réel, de vrai, que faire ?

Il est bon de le rappeler : des années durant, surtout après Sun City (régime 1+4), les partenaires (occidentaux en particulier) avaient encouragé les Congolais à créer les Fardc et de la Pnc au moyen d' intégration,conformément au chapitre VI de l'Accord global et inclusif.

Au point a, il est dit : «A l'issue du Dialogue intercongolais, il y aura un mécanisme pour la formation d'une Armée nationale, restructurée et intégrée incluant les Forces armées du gouvernement de la République démocratique du Congo, les Forces armées du Rassemblement congolais pour la démocratie et les Forces armées du Mouvement de libération du Congo, conformément au point 20 l'article 3 des principes de l'Accord de Lusaka».

Au point b: «Dans un souci de paix, d'unité et de réconciliation nationales, le mécanisme précité devra inclure le Rcd-Ml, le Rcd-N et les Maï-Maï, selon des modalités à définir par les institutions politiques de la transition issues du Dialogue intercongolais».

Tandis qu'au point c, il est dit : «Une réunion des Etats-majors des FAC, Rcd, Mlc, Rcd-N, Rcd-Ml et Maï-Maï sera convoquée avant l'installation du gouvernement de la transition. Elle procédera à l'élaboration du mécanisme militaire chargé de la formation des autres Etats-majors jusqu'au niveau des régions militaires».

Tout en soulignant que «la formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée» fait partie des objectifs de la Transition, le point 8 du chapitre relatif aux Principes de la transition établit celui de l'amnistie. «Afin de réaliser la réconciliation nationale, l'amnistie sera accordée pour les faits de guerre, les infractions politiques et d'opinion, à l'exception des crimes de guerre, des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité. A cet effet, l'Assemblée nationale de transition adoptera une loi d'amnistie conformément aux principes universels et à la législation internationale. A titre provisoire, et jusqu'à l'adoption de la loi d'amnistie, l'amnistie sera promulguée par décret-loi présidentiel. Le principe de l'amnistie sera consacré dans la Constitution de la transition», dispose-t-il.

Les crimes concernés sont évidemment ceux répertoriés dans le Rapport "Projet" Mapping entre 1993 et 2003. Ils peuvent être le fait des Faz ou des Fac (armée gouvernementale) tout comme du Rcd, du Mlc, du Rcd-Kml, du Rcd-N et des Maï-Maï.

Certains militaires et policiers présumés auteurs de ces crimes ont donc intégré les Fardc et la Pnc sous le 1+4. C'est en qualité de militaires et de policiers congolais qu'ils opèrent dans différents théâtres de conflits armés : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tanganyika et Haut-Katanga et même Kasaï Central. Comme auteurs ou coauteurs des crimes documentés (et qui restent à confirmer), ils peuvent être interpellés, jugés, voire condamnés, et pourquoi pas ?, innocentés.

Seulement voilà : pour les envoyer aux fronts, le commandement n'avait pas à tenir compte de leur passé. Rien ne l'y obligeant, il n'a pris en compte que les loyaux services qu'ils rendent à la Nation.

Il va sans dire que le fait, pour certaines forces politiques et sociales congolaises, étrangères et internationales, d'en appeler à des sanctions à leur endroit ne signifie rien d'autre que d'inciter ces compatriotes et leurs relations à la démotivation.

Quand le Président Félix Tshisekedi parle de sorcellerie, c'est essentiellement dans ce sens-là.

Car tout le monde le sait : le Congo sortira péniblement de toute forme de démotivation généralisée...

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