Nigeria: Libération du Père Joe Keke, enlevé avec le prêtre retrouvé mort Abuja

(Agence Fides) - Le Père Joe Keke, le prêtre enlevé dans la nuit du 20 mai lors de l'attaque de la paroisse de Saint Vincent Ferrer à Malunfashi, dans l'Etat de Katsina, au nord du Nigeria (voir Fides 21/5/2021) est libre. Avec lui, les bandits avaient enlevé le père Alphonsus Bello, dont le corps a été retrouvé le lendemain matin non loin de la paroisse. C'est ce qu'a annoncé hier, le 3 juin, le directeur des communications du diocèse de Sokoto, le père Chris Omotosho. "Nous annonçons que le père Keke a été libéré des mains de ses ravisseurs. Nous remercions ceux qui ont prié pour sa libération." Le prêtre de 75 ans a été emmené dans un établissement de santé pour vérifier son état de santé.

Les enlèvements à des fins d'extorsion sont désormais un fléau quotidien dans diverses régions du Nigeria et, dans de nombreux cas, des prêtres, des religieux et des religieuses figurent parmi les victimes, malgré l'interdiction expresse imposée depuis des années par la Conférence épiscopale locale de payer des rançons. Les Évêques dénoncent avec une force croissante l'insécurité généralisée dans le pays. Précisément à l'occasion de la veillée funèbre de Don Alphonsus Bello, S.Exc. Mgr Matthew Hassan Kukah, Évêque de Sokoto, avait adressé une vive remontrance aux autorités du Pays parce qu'elles ne font rien pour protéger la population de la vague de violence (voir Fides 1/6/2021).

L'Archevêque de Lagos, son Exc. Mgr Alfred Adewale Martins a déclaré que "du nord au sud, chaque partie du pays est témoin d'une forme ou d'une autre de banditisme." Mgr Martins a soulevé la question du droit à l'autodéfense, en l'absence de la capacité de l'État à protéger ses citoyens, en disant que la question "doit être examinée en profondeur avant de la mettre en pratique." En effet, Mgr Martins a rappelé le risque que la pratique de l'autodéfense ne dégénère en de nouvelles violences. "J'espère que les gens ne se défendront que lorsque le besoin s'en fera sentir".

Le problème reste celui du pacte entre les citoyens et l'État - souligne l'Archevêque - "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Lorsque les gens concluent un contrat social avec l'État, il y a des obligations et des responsabilités des deux côtés afin de trouver un équilibre. Les citoyens doivent à l'État leurs devoirs civiques, tandis que l'État doit aux citoyens les services nécessaires pour conserver leur confiance et construire une société meilleure."

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