Afrique Centrale: Accompagner N'Djamena

Comment œuvrer à ce que la Transition qui s'est installée en République du Tchad, à la suite de la disparition tragique, le 20 avril, du président Idriss Déby Itno, se termine sans entraves, dans les mois à venir, par le retour à l'ordre constitutionnel ? C'est à cette question essentielle pour ce pays et pour ses voisins que les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale-CEEAC- ont tenté de répondre lors du sommet extraordinaire qui les a réunis à Kintélé, la banlieue nord de Brazzaville, le 4 juin.

Autour du projet d'accompagner ce pays en crise, les chefs d'Etat et de gouvernement de la CEEAC vont orienter leur appui sur les axes politique, diplomatique et sécuritaire. Il faut rappeler que pendant l'assaut mené mi-avril contre N'Djamena à partir du sol libyen par le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad-FACT-, avec l'issue dramatique évoquée plus haut, l'Union africaine ayant commandé une mission d'information sur place n'avait pas envisagé l'envoi de troupes étrangères au Tchad.

Cette option de l'aide militaire n'a pas non plus été choisie au sommet de Brazzaville. Cela est certainement la preuve que malgré l'émoi suscité par la violence de l'agression dont leur pays a été victime, les forces armées tchadiennes sont parvenues à stabiliser la situation sur le terrain. Elles œuvrent sans doute à la consolidation de leurs positions pour prévenir toutes nouvelles incursions de l'ampleur de celle qui est à l'origine des événements que l'on déplore.

Dès lors, les axes politique et diplomatique du soutien global que la CEEAC veut apporter aux autorités tchadiennes de transition apparaissent fondamentaux. Ils sont en effet ceux sur lesquels doivent se construire la paix civile et le bon voisinage dont les Tchadiens ont besoin pour créer les conditions de l'organisation d'élections pluralistes à la fin du processus en cours. Chacun sait par ailleurs qu'entre les impératifs sécuritaires auxquels les militaires au pouvoir tiennent tant et la volonté de sortir de ce régime d'exception qui anime la société politique tchadienne, la voie du consensus peut être semée d'embûches.

C'est pourquoi, tous les acteurs tchadiens ont aujourd'hui l'obligation de taire leurs divergences afin de focaliser leurs énergies autour d'un certain nombre d'engagements prioritaires qui auront pour dénominateur commun la concorde nationale. S'ils y parviennent, les initiatives telles que celle que vient de prendre la CEEAC à partir du sommet tenu dans la capitale congolaise peuvent représenter une grande lueur d'espoir. C'est dans les moments difficiles que l'on connait ses meilleurs amis dit l'adage. A bon entendeur...

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X