Afrique: Le continent est-elle devenue une plaque tournante du trafic mondial de drogue ?

La réponse est oui si on regarde les derniers chiffres des saisies mondiales de drogues. Le continent sert en effet de transit pour la cocaïne et l'héroïne destinées au marché européen.

Le phénomène n'est pas nouveau, il date, notamment pour ce qui concerne la cocaïne, de la seconde moitié des années 2000. Mais les derniers chiffres sont inquiétants. Nous poursuivons notre enquête sur le trafic de drogues en Afrique avec un focus sur les routes de ce trafic.Selon toutes vraisemblances, 2019 devrait être une année record de saisies de cocaïne en Afrique et marquer le retour du continent dans le grand jeu des trafiquants qui utilisent depuis une quinzaine d'années cette zone de transit pour s'ouvrir les portes de l'Europe.

Les premières estimations de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime indiquent que les récentes saisies de cocaïne en Afrique, notamment au Sénégal, au Bénin et en Guinée Bissau, suggèrent que celles-ci pourraient atteindre une vingtaine de tonnes, soit près de quatre fois plus que l'année précédente.

Et à elle seule, l'Afrique de l'Ouest compte pour 80% du montant total des saisies.

Mais pour comprendre cette situation, il faut remonter aux alentours de l'année 2005. À cette époque, les trafiquants sud-américains de cocaïne commencent à comprendre que leur business a changé et que l'Afrique est la solution à leur problème.

La saturation du marché américain, l'indépendance accrue des cartels mexicains et la fermeture de la route des Caraïbes les conduisent à rediriger leur production vers le marché européen en utilisant l'Afrique comme une étape intermédiaire.

Les Nations unies estiment qu'environ 50 tonnes de cocaïne destinées au marché européen transitent chaque année par le golfe de Guinée.

Le phénomène est d'ailleurs assez similaire avec l'héroïne. Les trafiquants qui transportent la production qui provient essentiellement d'Afghanistan s'efforcent d'éviter désormais la route des Balkans, très surveillée, en faisant un détour maritime par l'Afrique de l'Est.

Mais si la cocaïne et l'héroïne sont des drogues de transit, la situation est différente avec le cannabis puisque celui-ci est largement cultivé en Afrique et transporté vers l'Europe, notamment par des réseaux nigérians.

Enfin, il y a le tramadol. Cet antalgique a vu son usage non médical se diffuser dans toute l'Afrique de l'Ouest. Les saisies sont passés de huit tonnes en 2013 à 125 tonnes en 2017, représentant près de 90% des saisies mondiales de tramadol.

Toutefois, les saisies enregistrées en 2018 marquent un net recul, sans doute imputable à une rupture des approvisionnements depuis l'Inde où le tramadol est produit.

A La Une: Afrique

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X