Burkina Faso: Crise sécuritaire - « Ce pouvoir ne peut pas résoudre le problème », selon Adama Coulibaly de l'APP/Burkindi

Le 2 juin 2021, l'Alternative patriotique panafricaine/Burkindi (APP/Burkindi) a fêté son troisième anniversaire. A l'occasion de cet anniversaire, l'APP/Burkindi a organisé une conférence de presse pour "analyser la situation du Faso, la vie du parti et prendre des engagements patriotiques en conséquence". C'était le 5 juin 2021, à Ouagadougou.

Actualité oblige, le président de l'Alternative patriotique panafricaine/Burkindi (APP/Burkindi), Dr Adama Coulibaly, s'est prononcé sur l'attaque de Solhan. « Nous déplorons cette guerre injuste qui s'abat sur nos vaillantes populations qui peinent à survivre », s'est-il indigné. Tout compte fait, il a salué « les efforts faits pour sortir de ce bourbier, à travers le courage et la détermination des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui payent un lourd tribut pour défendre l'intégrité de la patrie et la vie des populations ». Toutefois, dans la gestion de la crise sécuritaire, le président de l'APP/Burkindi a déploré « des insuffisances parfois lourdes telles que les dérives communautaires et parfois des massacres de masse restés jusque-là impunis. Ce qui, d'ailleurs, selon Adama Coulibaly, éloigne des objectifs de la réconciliation ». Comme insuffisances, l'APP/Burkindi a indiqué que « le manque de reconstruction d'une armée nationale solide et performante après la déconfiture de l'armée du Burkina, provoquée par l'ancien régime du CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) ». Après l'énumération de ces griefs, Adama Coulibaly a conclu que « ce pouvoir ne peut pas résoudre le problème ». A son avis, « il est comptable de la situation ».

« La caporalisation de la Justice ne permet pas de résoudre les dossiers de crimes de sang »

Au cours de la conférence de presse du 5 juin dernier, l'APP/Burkindi s'est prononcée sur la crise foncière et la crise scolaire. Pour ce qui est de la crise scolaire, Adama Coulibaly a affirmé qu'elle vient démontrer, si besoin en était encore, le mépris du pouvoir MPP par rapport aux préoccupations des populations. « Sinon, comment comprendre que pour des réformes censées être au profit des mêmes acteurs, on en arrive à une telle escalade, lorsque des voix discordantes s'élèvent ? Pourquoi mettre la charrue avant les bœufs ? Ou se trouve donc l'urgence ?», un questionnement de l'APP/Burkindi. Pour ce qui est de la réconciliation nationale, le parti a trouvé qu'elle « est indispensable sinon vitale pour le Burkina Faso » malgré que « la question soit complexe et aggravée par les types de gouvernances successives que le Burkina Faso a connus ».

A en croire Adama Coulibaly, « la caporalisation de la Justice par les pouvoirs successifs du CDP et du MPP ne permet pas de résoudre les dossiers de crimes de sang, de crimes économiques, de corruption, etc.», selon l'APP/Burkindi, la démarche de la réconciliation doit passer par une bonne définition de la réconciliation actuelle, à savoir « qui veut-on réconcilier ? Pour quels crimes ? Comment réconcilier ? Doit-on sacrifier la vérité et la justice sur l'autel de la réconciliation ? Si non, que faire ? »

Du reste, l'APP/ Burkindi voit en la création du ministère en charge de la réconciliation nationale, « un pas important vers le rapprochement des filles et fils du Burkina que des politiques criminelles ont divisés pour des intérêts purement mesquins ». Pour le parti, la réconciliation nationale devra passer par la vérité et la justice d'abord. Des écoles qui s'écroulent sur des élèves, endeuillant des familles, l'APP/Burkindi en a parlé. Il a même proposé de créer une base de données des entrepreneurs ou un Ordre des entrepreneurs en BTP avec une liste rouge et une liste verte. Pour tout dire, l'APP/Burkindi a condamné « avec la plus grande énergie les attaques terroristes qui continuent d'endeuiller les populations » et « la répression sanglante des élèves ». Il a demandé « l'arrêt immédiat du bradage des terres au détriment des braves populations ».

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