Cote d'Ivoire: Retour de l'ex-président Laurent Gbagbo tous les feux devraient être verts

L'annonce du retour de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, faite le 31 mai 2021 par les responsables du Front populaire ivoirien, Gbagbo ou rien(FPI-GOR), soit trois mois après la décision de son acquittement définitif par la Cour pénale internationale(CPI), suscite une vive polémique au sein de camps politiques du pays.

La date du 17 juin prochain, communiquée par le secrétaire général du mouvement politique d'obédience socialiste, Assoa Adou, semble raviver les tensions. Pourtant, force est d'admettre que tous les feux devraient être verts, sinon s'annoncent tous verts, même si certains leaders politiques ou de la société civile, tentent de faire monter le mercure.

Après dix ans de procès soldés par un acquittement retentissant, la nomination en décembre 2020 d'un ministre de la réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin(KKB), le retour d'exil de têtes fortes de l'opposition, notamment Koné Katinan et Damana Pikas, la déclaration historique du Chef de l'État, Alassane Ouattara, le 7 avril 2021, en conseil des ministres, favorable au retour en Côte d'Ivoire de son prédécesseur et au rétablissement au profit de celui-ci, des "avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République", on se demande bien qui gagnerait à jouer les troubles-fêtes, surtout que les responsables FPI-GOR, faut-il le mentionner, ont indiqué que leur mentor rentre sous les habits de faiseur de paix.

L'ex-pensionnaire de la prison de Scheveningen, à la Haye (Pays-Bas), lui-même, souvenons-nous, avait, dans une interview accordée depuis Bruxelles à TV5 monde au fort de la crise électorale d'octobre 2020, lancé sous le manteau du sage, un appel au dialogue à l'endroit des acteurs impliqués.

Dés lors, nous gagnerons tous à accompagner le Gouvernement qui, par la voix du ministre KKB vient finalement le mercredi 2 juin, de "prendre acte" de la venue du natif de Mama prévue le 17 juin. Nous devons aussi être solidaires des pro-Gbagbo, déterminés à célébrer leur leader. Ainsi, ferons-nous de l'événement, un moment de rassemblement, d'entente et de réconciliation vraie.

Par conséquent, toute manifestation de joie devrait être considérée comme une expression légitime de personnes ayant été longtemps privées de leur leader charismatique. A l'inverse, aucun acte de provocation, de mépris des opposants à l'événement, qui pour la défense de la cause des victimes ou pour l'expression de mécontentement relative à la décision d'acquittement prononcée par la CPI, ne devraient être promus.

Le Gouvernement devra, au demeurant, assurer son rôle régalien en encadrant et sécurisant tout type de manifestation, pour faire prospérer les droits des uns et des autres, en l'occurrence, l'expression du droit à la différence.

En somme, le retour de Laurent Gbagbo au pays ne doit pas être perçu comme une fatalité, une occasion de levée de boucliers quelconque, mais plutôt être 'appréhendé comme une opportunité exceptionnelle à saisir par tous pour aller à la réconciliation nationale, ferment incontournable pour l'instauration d'une paix durable en Côte d'Ivoire.

Président de l'Ong Agir pour la paix et le développement (APD)

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