Congo-Kinshasa: Se basant sur l'article 64 de la Constitution/Les Forces Vives du Maniema appellent Félix Tshisekedi à dissoudre l'Assemblée Provinciale

Le climat malsain à l'Assemblée provinciale de la province du Maniema ne laisse pas indifférentes les Forces Vives de cette province. Elles sont montées au créneau lundi 7 juin 2021, pour rappeler au Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, leur demande formulée dans un mémorandum déposé sur sa table de travail depuis juillet 2020.

Ces mouvements citoyens, structures de la société civile, organisations non gouvernementales de développement et autres associations locales du Maniema, avaient, devant une crise politique persistante implorés la dissolution de l'Assemblée Provinciale. Dissoudre cette institution est pour ces Forces Vives une mesure énergique, voire historique, car elles pensent que l'Assemblée est infiltrée par des grands ennemis de la province qui y ont injecté un dangereux virus qui se caractérise par des antivaleurs. Ces dernières, indiquent-elles, peuvent mettre en mal le plan de développement de la province du Maniema. Lequel virus multiforme a été identifié en actes, en comportement et surtout en paroles entre les élus provinciaux.

C'est en se basant sur l'article 27 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui permet à tout congolais de contacter par écrit, toute autorité du pays sur un problème qui se pose dans leur communauté que les Forces Vives de la province du Maniema ont fait une déclaration le lundi 7 juin 2021, à Kinshasa après avoir déposé une pétition auprès du Vice-Premier Ministre et ministre de l'Intérieur, Daniel Aselo.

Dans cette déclaration, ces Forces Vives rappellent au Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, leur mémo déposé depuis juillet 2020, lui demandant de dissoudre l'Assemblée Province du Maniema. Selon elles, cette institution provinciale est infiltrée par un virus multiforme qui a été identifié en actes, en comportement et surtout en paroles.

« Ce virus est caractérisé par l'incitation à la haine tribale qui est un véritable motif de haute trahison ; l'incapacité manifeste à comprendre leur mission et à exercer convenablement leur rôle, au point qu'en trois années ils ne comptabilisent aucune production législative et brillent seulement en élaboration des motions haineuses et alimentaires non basées sur un quelconque contrôle parlementaire ; l'expropriation de la province de ses maigres recettes en faveur d'une classe de nouveaux riches constituée des députés ; la dilapidation impitoyable des derniers publics tel que vient de le confirmer le rapport de l'audit diligenté par l'Inspection Générale des Finances ; la rupture nette entre les élus et leurs bases si bien que tous ont adopté l'habitude de passer leurs vacances loin de leurs fiefs où ils devaient communier avec leurs électorats ; l'abandon de leur devoir de redevabilité envers le souverain primaire », ont-elles souligné dans leur déclaration lue par M. Awazi Nengo.

Ces Forces Vives du Maniema présentes dans la capitale rappellent qu'elles ont compté sur l'attention particulière et le pragmatisme du Chef de l'Etat dont la ligne de conduite politique place le peuple au centre de toute action de son mandat et ont attendu jusqu'au-delà du délai prévu par la constitution sans voir celui-ci réagir à la limite de qualifier son silence ou mieux son indifférence d'encouragement à ce comportement des députés. Elles exercent le droit de rappel, cela de manière directe ou par cadres interposés pour que le garant du bon fonctionnement des institutions puisse se saisir de cette affaire et répondre favorablement à leurs soucis.

Pour rappel, a-t-on suivi dans cette déclaration, les Forces Vives du Maniema ont pris des contacts avec la vice-primature du gouvernement sortant en charge des affaires intérieures, laquelle était autant victime de l'orgueil des députés en refusant de se soumettre à ses directives alors que même la Présidence de la République était plus d'une fois alertée par des cris de cœur de la population du Maniema, à travers ses cadres de passage au Maniema.

«Ayant compris le danger que court le Maniema jusqu'à être privé d'un budget plus de trois années successives, les forces vives de la province, auxquelles se joignent ici les fils et filles de la diaspora du Maniema vivant à Kinshasa, ont préféré se déplacer en vue de porter ce cri de détresse jusqu'à l'oreille des décideurs afin que ceux-ci prennent la chose plus au sérieux et trouvent une solution définitive à cette revendication», ont-elle fait savoir.

Après tous les efforts fournis que leur cri parvienne à la haute sphère de décision, les Forces Vives n'ont pas manqué d'exploiter l'article 64 de la constitution qui leur assigne le devoir et l'obligation de barrer la voie à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou l'exerce en violation de la constitution.

Il ne s'agit pas, en parcourant cet article de la constitution, d'une supplication faite aux citoyens par le constituant, mais bien d'un devoir, d'une obligation à agir. C'est ainsi que cette bâtisse du peuple qui donnaient l'occasion à ces députés de pouvoir dire ensemble leurs messes contre l'intérêt supérieur de la province et, partant, contre la vision du Chef de l'Etat de l'Etat dont ils se moquent éperdument en se prévalant dans la pure hypocrisie adhérents à l'Union Nation de la Nation, les Forces Vivent ont pris la mesure de procéder à la fermeture symbolique du bâtiment de l'Etat qui servait à des rencontres à caractère purement ironique devant un peuple meurtri tout en demandant à la justice de le sceller officiellement avant que le Magistrat Suprême du pays, prenne dans sa juste valeur la revendication du peuple et décide enfin de la dissolution de cette institution inutile, improductive et surtout barrière au développement de la province, à moins que l'on nous dise ici que la République Démocratique du Congo l'est sans Maniema.

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