Congo-Kinshasa: Kinshasa bloqué !

Le 31mai dernier, la Banque Centrale du Congo (BCC) a pris une décision grave de conséquences à l'égard de la ville de Kinshasa. Celle-ci frappe d'abord la capitale en tant qu'entité économique, et ensuite la personne de son principal dirigeant en l'occurrence le gouverneur Ngobila Mbaka Gentiny. La même décision de l'autorité d'émission frappe aussi le sieur Ngoy Mvunzi Jean, l'argentier provincial.

Adressées à l'Association Congolaise des Banques (ACB), ces mesures de mise à l'index invitent également les établissements de crédit à refuser tout service et toute facilité, en ce comprise la déclinaison de toute demande, portant sur les opérations de change et de crédit aux trois agents économiques pré-rappelés.

Comme on peut le constater, cette mise à l'index a de lourdes conséquences sur le fonctionnement de la ville et son développement.

D'abord, parce que les différentes actions initiées par l'équipe Ngobila se retrouvent bloquées, de même que la ville elle-même dont le fonctionnement est désormais durablement perturbé.

Qu'est-ce qui a provoqué cette décision extrême ?

La lettre de la Banque Centrale du Congo, signée par les responsables de la Direction de la surveillance des intermédiaires financiers, reste muette là-dessus ! La seule chose que l'on peut retenir est que les deux animateurs de l'exécutif provincial indexés ne peuvent ni donner l'ordre de retrait des fonds ni bénéficier de tels retraits. Cela signifie de manière claire que des travaux publics entrepris sur les différents chantiers à travers la ville - dont les avenues Elengesa, Kikwit, Bongolo et Huileries pour ce qui est de la réhabilitation des routes, et des avenues Kasa-vubu, ex-24 novembre, Huileries... pour l'éclairage public. Tout comme en ce qui concerne tous les travaux liés à l'opération « Kin-Bopeto» et autres tâches quotidiennes d'urgence - ne bénéficieront plus d'un quelconque financement au regard de cette décision de la BCC du 31 mai 2021 portant mise à l'index.

La gravité de ces mesures donnent à penser que les personnalités frappées auraient pris de sérieuses libertés avec les textes régissant la gestion des crédits ou la passation des marchés publics.

A ce sujet, et pour besoin de transparence, il est souhaitable que l'assemblée provinciale de la ville de Kinshasa se penche, toutes affaires cessante, sur ce dossier de manière à connaître avec précision les raisons qui ont poussé la Banque Centrale du Congo à bloquer la ville de Kinshasa. Qu'est-ce que le gouverneur a commis comme péché ? Et qu'est-ce que son ministre des Finances a fait ?

Il est urgent de trouver des réponses à ces deux questions. D'abord, parce que la capitale ne peut pas se permettre le luxe de blocage au niveau de son fonctionnement. Et ensuite, parce que la neutralisation du gouverneur Ngobila Mbaka Gentiny a pour effet de décapiter la ville, celle-ci ne disposant pas de vice-gouverneur depuis le limogeage de Néron Mbungu. Il faut trouver des réponses à cette situation pour se mettre en position de négocier avec la BCC.

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