Ile Maurice: Vaccination anti-Covid - Les femmes allaitantes ou en projet de grossesse pas exemptées

Depuis l'annonce que le vaccin est obligatoire pour le personnel de la santé et de l'éducation, plusieurs employées de ces secteurs et en particulier les femmes enceintes ou en projet de grossesse et les allaitantes craignent des effets secondaires graves. Qu'en est-il vraiment ?

Cynthia (nom d'emprunt) ne dort plus depuis l'annonce de l'obligation de la vaccination contre le Covid-19. Cette enseignante allaite son bébé depuis un an et se demande si le vaccin sera néfaste ou pas à son bébé ou pour elle. Et en observant les commentaires sur Facebook à la suite de la vidéo de Joanna Bérenger dans laquelle la députée tire la sonnette d'alarme par rapport aux effets du vaccin anti-Covid-19 sur les femmes enceintes et allaitantes, Cynthia se dit perdue. «Dans les centres de vaccination, des fonctionnaires déconseillent le vaccin aux femmes enceintes et allaitantes alors que d'autres disent que c'est sans danger. Je ne sais quoi faire ? Enseigner c'est mon gagne-pain et je n'ai pas les moyens de faire un test PCR chaque semaine. Dois-je stopper l'allaitement pour conserver mon emploi ? Tout cela est perturbant.»

Le communiqué officiel du ministère de la Santé en date du 3 juin évoquant la grossesse comme une «contre-indication relative et temporaire» rend la situation plus confuse encore. Une source au ministère explique que lorsque la vaccination au Sinopharm a débuté à l'étranger, les recherches étaient toujours en cours par rapport à ses contre-indications. Pour ne prendre aucun risque, il avait été interdit aux femmes enceintes. Mais par la suite, les producteurs de vaccins ont éclairci les zones d'ombre.

Sur le Covid Vaccine Explainer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il est écrit à propos de Sinopharm que les données disponibles de son administration sur les femmes enceintes sont insuffisantes pour évaluer l'efficacité du vaccin ou les risques associés au vaccin pendant la grossesse. «Cependant, c'est un vaccin inactivé avec un adjuvant couramment utilisé dans de nombreux autres vaccins et pour lesquels un bon profil d'innocuité a été documenté, y compris chez les femmes enceintes. En attendant de pouvoir évaluer l'innocuité et l'immunogénicité sur ce public cible, l'OMS recommande l'utilisation de Sinopharm chez les femmes enceintes lorsque les avantages de la vaccination l'emportent sur le potentiel des risques.»

C'est pour cela explique, le Dr Catherine Gaud, conseillère au ministère de la Santé, que la grossesse est considérée une «contre-indication relative et temporaire». C'est le cas uniquement à Maurice. «Certains pays ont autorisé la vaccination chez les femmes enceintes parce qu'on avait vu qu'elles faisaient partie des personnes les plus à risque de présenter des formes graves du Covid-19. À Maurice, nous avons décidé de considérer les neuf mois de grossesse comme une contre-indication car il n'y a pas de données suffisantes sur elles.»

Ce qu'a confirmé ce mardi 8 juin le ministre de la Santé. Kailesh Jagutpal a affirmé lors de la conférence de presse du National Communication Committee que même si d'autres pays permettent aux femmes enceintes de se faire vacciner, à Maurice elles en sont exemptées. Par contre, pas celles qui allaitent ou ont un projet de grossesse. Ce sont des Fact sheets que les autorités reçoivent, et ça continue à évoluer, a-t-il précisé.

Et l'allaitement alors ?

Cependant, ajoute le Dr Gaud, après l'accouchement, la vaccination est possible et l'allaitement n'est pas considéré comme une contre-indication. «Selon les études, le vaccin n'affecte ni les femmes allaitantes ni leurs bébés.» L'OMS estime qu'il est «peu probable que Sinopharm présente un risque pour l'enfant allaité.» De ce fait, cette instance ne recommande pas d'arrêter d'allai- ter après la vaccination.

Selon un gynécologue-obstétricien expérimenté, un vaccin n'affecte pas l'allaitement. Il a pris l'exemple du vaccin contre le tétanos. «Pendant la grossesse, deux doses de tétanos sont faites aux femmes et une troisième après l'accouchement. Et cela n'affecte ni la grossesse, ni l'allaitement.»

Projet de grossesse

Lorsque le Covaxin est arrivé à Maurice, il avait été conseillé aux femmes de ne pas faire d'enfant dans les six mois suivant la vaccination. Ce qui explique la réticence de certaines femmes en projet de grossesse d'aller se faire injecter du Sinopharm. Notre gynécologue-obstétricien dit avoir eu contact avec des femmes qui sont tombées enceintes après s'être fait vacciner. «Cela prouve que le vaccin n'affecte pas la fertilité.»

Un avis partagé par le Dr Gaud, qui souligne qu'aucune étude n'a démontré que le vaccin affecte la fécondité «Même si les médecins participant à la campagne de vaccination ont reçu une formation préalable, plusieurs ont exprimé leurs propres réserves aux patientes. Aujourd'hui, il est prouvé que la vaccination anti-Covid-19 n'affecte pas la fécondité.» Et par rapport à Sinopharm, l'OMS ne demande pas d'interrompre ou de retarder une grossesse en raison de la vaccination.

Plus de: L'Express

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