Gabon: Dieudonné Minlama Mintogo s'invite dans le conflit homme-faune après le drame de Mékambo

Libreville — Ancien candidat à l'élection présidentielle de 2016 et Président d'Ensemble pour la République (EPR), Dieudonné Minlama Mintogo, a réagi lundi sur les évènements de Mékambo (Nord-Est) relatifs à la cohabitation difficile entre la Faune et les habitants et à l'origine des heurts qui n'ont pas encore trouvé des solutions durables au sommet de l'Etat gabonais.

La cohabitation entre l'homme et la faune sauvage a toujours été conflictuelle pour des raisons d'occupation de l'espace et d'accès aux ressources naturelles car les animaux, en particulier les éléphants mettent en péril des communautés rurales et détruisent le fruit du labeur des agriculteurs, notamment.

Selon l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la difficile cohabitation entre la faune, principalement les pachydermes cause de nombreux dégâts dans les plantations du Gabon, qui sont très souvent ravagées occasionnant ainsi des pertes de production et par conséquent des pertes de revenus.

Pour Minlama Mintogo, il faudrait agir vite en mettant en place une « politique environnementale gagnant/gagnant »

Dans une déclaration parvenue ce mardi à la rédaction d'Infosplusgabon, M. Minlama Mintogo rappelle que « depuis 2002, le Gabon s'est engagé dans une politique ambitieuse de protection de l'environnement. Cette politique s'est traduite par la création de 13 parcs nationaux, soit 11% du territoire du Gabon, et la mise en réserve de plusieurs zones et espaces stratégiques (les réserves, les zones inondables, les forêts à hautes valeurs ajoutées de conservation, les aires protégées ... ). ».

Pour une politique environnementale bénéfique pour tous

Si l'homme politique reste attentif à la politique environnementale initiée par les autorités gabonaises, il souligne, en effet, qu'en 2017, « le réseau des 13 parcs nationaux s'est enrichi avec la création de 20 parcs marins et aquatiques soit 26 % des eaux territoriales du Gabon ».

Et de poursuivre : « en somme, de l'avis des experts, la partie du territoire national réservée à la conservation de l'environnement occupe un peu plus de 20% de la superficie globale du pays : c'est un engament politique, économique et stratégique fort ».

Saluant l'engagement de la politique nationale en matière de protection de l'environnement, M. Minlama Mintogo a également rappelé que « le Gabon est considéré dans le monde, comme l'un des pays phares dans la protection de la faune, de la flore et des espaces marins ».

Une reconnaissance internationale en terme de leadership dans le secteur de l'environnement qui est en phase avec l'invitation adressée au Président Ali Bongo Ondimba par son homologue américain Joe Biden à prendre part au Sommet Mondial sur le Climat, aux côtés d'une quarantaine d'autres leaders.

Cependant, argumente Minlama Mintogo, « il est clair que les populations, par cette politique, ont vu leur vie quotidienne impactée négativement par la restriction importante dans la jouissance des produits de la faune, de la flore et même de certains produits halieutiques. Le conflit homme-faune s'inscrit dans cette logique ».

Les évènements de Mekambo qui ont vu la population se révolter et passer outre le civisme que leur exigent les autorités locales, auraient pu se dérouler à Mouila, à Boumango, à Kango, à Gamba ou dans plusieurs autres localités du pays impactées par le conflit homme-faune.

L'accrochage de Mekambo nous interpelle tous !

« Au- delà des intrigues, des explications, des guerres de tranchées ou intestines ; au-delà de la douleur, de la colère et des frustrations, nous devons tous considérer MEKAMBO comme un avertissement sérieux. Mieux, comme un rappel à l'ordre ou encore comme un nouveau départ », a lancé Minlama Mintogo.

« A ce propos, il est important de souligner que le niveau d'engagement de notre pays dans la conservation de l'environnement, de la biodiversité et par conséquent, la sauvegarde de l'Humanité reste encore très largement supérieur aux retombées économiques et sociales, actuellement, engrangées par l'État et par les populations. Nos espaces et aires protégées constituent, à mes yeux, « nos mines d'or, nos puits de pétrole... . » d'aujourd'hui et de demain. C'est sur cet angle que nos politiques environnementales doivent désormais s'orienter ! », précise-t-il dans sa déclaration.

Fort de ce qui précède, Minlama Mintogo lance un appel à la communauté internationale afin qu'elle apporte un SOUTIEN FORT à la hauteur des engagements et des efforts consentis par le Gabon dans la protection de l'environnement et de la biodiversité au bénéfice de l'Humanité en général. Aussi, invite-t-il le Président de la République à « prendre le leadership pour l'établissement d'une « coopération internationale environnementale » gagnant-gagnant entre les pays pollueurs, les pays protecteurs de l'environnement et les bailleurs de fonds internationaux ».

M. Minlama Mintogo considère, en outre, que « seul cet équilibre peut à moyen, court et long terme sauver l'Humanité de la dégradation de la planète. Nos populations et nos Etats ne peuvent pas continuer à payer seuls le lourd tribut de la Conservation et de la Privation de leurs ressources ».

La mise en place, au niveau national, d'une task-force par le Président de la République permettrait d'évaluer la politique environnementale du Gabon et de proposer des améliorations. Il est impératif de créer en urgence un "Fonds nature" qui sera approvisionné par une taxe sur le bois et sur d'autres produits forestiers, ainsi que par les bailleurs de fonds internationaux, avec pour missions principales l'indemnisation des victimes des destructions des cultures et de leurs espaces de vie par les animaux. Enfin, il faille financer les activités alternatives, moins exposées à la destruction par les animaux.

Face à la récurrence des conflits hommes-faune, M. Minlama Mintogo souhaite que des solutions durables soient trouvées pour atténuer puis mettre fin les conflits homme-faune d'une part et d'autre part, pour assurer la sécurité alimentaire des communautés qui vivent des drames au quotidien.

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