Burkina Faso: Interdiction de circuler à moto, mesure peu efficace

Au Burkina Faso, les motos sont interdites de circulation dans la région du Sahel pour enrayer les attaques terroristes. Mais cette mesure a montré ses limites ailleurs.

L'interdiction de circuler sur des engins à deux et trois roues sur une partie du territoire de la région du Sahel, jusqu'à nouvel ordre sauf autorisation exceptionnelle ne sera pas assez efficace, pour certains.

Selon Idrissa Birba, président de l'Organisation de défense des droits humains, NDH-Burkina, au lieu d'endiguer les attaques terroristes, cette mesure impacte plûtot les activités des populations."Interdire les motos de circuler dans un contexte où toute la population se déplace chaque jour même la nuit pour faire le commerce, faire leur activité, je pense que ça n'aura pas d'effet et justement c'est de priver la population de leurs sources de revenus" explique t-il.

Un contrôle presque inexistant

Pour le défenseur des droits humains, "la stratégie aura été d'avoir les ressources humaines nécessaires et les moyens nécessaires. C'est vrai que de temps en temps les forces de défense et de sécurité font des patrouilles, mais c'est insuffisant. Après une patrouille, on est parti et puis c'est tout donc le contrôle sera difficile."

Un contrôle qui s'avère difficile surtout avec la complicité de certaines populations, estime Amadou Harouna Maiga, coordonnateur du Comité union Tillabéry pour la paix, la sécurité et la cohésion sociale.

Celui-ci rappelle que des mesures similaires sont déjà en vigueur dans d'autres pays comme le Mali et le Niger où malgré l'état d'urgence "toutes les attaques ont été commises à Tillabéry par des gens qui viennent à moto. Et ces gens qui circulent à moto ne sont pas contrôlés par les FDS. Ils ont des complicités dans les populations qui les informe des mouvements des FDS", affirme Amadou Harouna Maiga.

"Des mesures de communications"

Odilon Koukoubou, expert béninois en sécurité et défense à Civic Academie for Africa's Future, estime qu'il s'agit "de mesures de communication politique par lesquelles les autorités burkinabé montrent à l'opinion publique nationale et internationale qu'elles sont à l'œuvre, qu'elles réagissent à une menace jugée terroriste."

Il poursuit qu'"en termes de réponse sécuritaire, qu'il s'agit essentiellement de mesures classiques et conjoncturelles qui ne permettent pas de juguler ou de prévenir outre mesure de nouvelles attaques."

En plus de l'interdiction de circuler à moto, les autorités ont ordonné la fermeture de tous les sites aurifères artisanaux et suspendu toutes les activités liées à l'exploitation de l'or dans la région.

A ces mesures s'ajoutent également un couvre-feu de 19h00 à 05h00 GMT.

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