Congo-Kinshasa: Eruption du Nyiragongo en RDC - Les déplacés regagnent lentement Goma et les besoins sont nombreux (HCR)

9 Juin 2021

Trois semaines après l'éruption du volcan Nyiragongo à Goma dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), qui a déplacé des centaines de milliers de personnes, les déplacés rentrent lentement, les besoins sont nombreux et les ressources limitées, a fait valoir, mercredi, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Suite à l'annonce du gouvernement congolais [octroyant le retour progressif], nous observons ici à Goma un grand mouvement de retour des populations déplacées », a déclaré Blaise Sanyila, chargé d'information au HCR, à ONU Info depuis Goma.

« Ces personnes sont intéressées de pouvoir rentrer chez elle après plusieurs jours difficiles », a informé le fonctionnaire du HCR, précisant que nombre d'elles avaient dû « dormir dans les écoles ou des églises surpeuplées ou au sein des familles d'accueil qui ont des ressources limitées ».

Plus de 4.000 personnes sans abri

Selon l'ONU, la coulée de lave lors de l'éruption du volcan du Mont Nyiragongo le 22 mai à Goma a laissé environ 4.000 personnes sans abri, tandis qu'au moins 31 personnes sont mortes à la suite de l'éruption et des incidents connexes et qu'environ 1.340 enfants ont été séparés de leurs familles à Goma, Sake et Bukavu, dont 1.038 ont été réunis avec leur famille.

A la suite de l'éruption, le 27 mai, les autorités congolaises avaient ordonné l'évacuation partielle de la ville de Goma en raison du risque d'une nouvelle éruption volcanique.

Des centaines de milliers de personnes ont quitté la ville dans les jours suivants, par la route vers Sake, à l'ouest de Goma, et Rutshuru au nord de Goma, tandis que d'autres sont partis en bateau sur le lac Kivu vers Bukavu. Environ 8.000 personnes ont traversé la frontière avec le Rwanda.

Le HCR a averti d'un risque de choléra dans la ville de Sake. Les sources d'eau et les infrastructures limitées de cette ville, qui compte habituellement 65.000 habitants, sont désormais débordées par les plus de 120.000 personnes supplémentaires qui s'y retrouvent ayant fui Goma.

« Beaucoup [des sinistrés] n'ont pas de toit stable au-dessus de leur tête, de matelas pour dormir, de couvertures et d'articles de base pour cuisiner et rester propre », a par ailleurs signalé M. Sanyila précisant que le HCR avait pu construire des abris d'urgence et distribuer des lattes, des couvertures, des savons, des lampes solaires aux personnes les plus vulnérables.

Après l'évacuation, le retour

Aucun tremblement de terre n'a été ressenti dans la ville ces derniers jours. L'aéroport international de Goma a rouvert et la route reliant Goma à Beni, qui avait été endommagée par la lave, a été dégagée et est à nouveau accessible à la circulation, a signalé le HCR.

Les autorités congolaises ont donné le feu vert le 7 juin dernier pour un retour progressif des populations et plus de 160.686 personnes déplacées seraient déjà revenues dans la ville, avec pour conséquence notamment une augmentation des prix du transport, d'après l'agence onusienne.

Les abris, l'eau et la nourriture figurent parmi les besoins les plus urgents selon les évaluations sur le terrain citées le Haut-commissariat pour les réfugiés. « Maintenant que ces personnes rentrent chez elles, les besoins demeurent nombreux et nos budgets limités », a fait savoir M. Sanyila.

« Le HCR travaille avec les gouvernements et les autres acteurs humanitaires afin d'identifier un site à Goma où nous pourrons accueillir plus de 3500 sinistrés qui ont perdu leur maison », a ajouté le fonctionnaire du HCR.

Plus de: UN News

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