Afrique de l'Ouest: La médiation de la Cédéao diversement appréciée au Mali

Audience accordée par le Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat, à la délégation du Médiateur de la CEDEAO pour le Mali, M. Goodluck JONATHAN.

Alors que l'envoyé spécial de la Cédéao mène des discussions à Bamako avec les autorités de transition, le rôle de l'organisation sous-régionale revient très souvent dans les discussions.

Lorsque la Cédéao avait imposé des sanctions économiques contre le Mali au lendemain du coup d'Etat du 18 août 2020 qui a chassé du pouvoir l'ancien président Ibrahim Boubacar Keita, sa décision avait été critiquée dans le pays.

Neuf mois après et un nouveau renversement des autorités de transition, Drissa dit ne toujours pas comprendre les agissements de l'institution sous-régionale.

"La Cédéao aurait mieux fait de venir bien avant puisque nous étions en crise. Mais on ne les voit que lorsqu'il y a un coup d'Etat", selon Drissa.

Ce n'est pas le point de vue de son voisin Harouna qui pense de son côté que la Cédéao est dans son rôle et salue la médiation de l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan : "Nous savons que dans les 15 pays membres de la Cédéao, si on viole une loi de l'organisation, on doit s'attendre à une sanction."

Ousmane désapprouve lui le mode de fonctionnement de cette institution. "Il faudrait en réalité prévoir certaines situations. Mais vu le contexte malien, on constate du jour au lendemain que la Cedeao vient en sapeurs-pompiers", a déploré Ousmane.

La Cédéao fait son travail

Pour Kalidou Sidibé, enseignant à la faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako, la Cédéao ne fait qu'appliquer les textes.

"Tout cela est contenu dans les textes de la Cédéao et ce sont les Etats membres qui ont consenti à ce qu'elle intervienne en cas de problème dans un Etat-membre. Les rapports entre le Mali et la Cédéao peuvent paraître souvent comme un peu tendus mais ils sont liés à la situation intérieure du Mali", explique l'enseignant.

Pour l'économiste Amadou Bamba, le Mali et la Cédéao ont des destins liés :"Penser que le Mali peut se construire sans la Cédéao, cela reviendrait par exemple à dire que pour voyager dans l'un des pays de l'espace Cedeao, les Maliens auront forcément besoin de visa et d'autres pièces pour avoir accès à ces pays. Alors qu'au niveau de la Cédéao, ils sont en train de travailler activement sur ce volet, pour que la libre circulation des personnes et de leurs biens puisse être parfaite."

Le médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, vient de boucler un séjour au Mali où il a rencontré le président de la transition et le Premier ministre.

Celui-ci se dit "très satisfait" des propositions faites par les deux personnalités pour redresser la transition.

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X