Cote d'Ivoire: Culture - La libation, le pied de la tradition dans la modernité

Aujourd'hui, dans presque toutes les cérémonies, le rituel de la libation constitue une étape préliminaire rigoureusement observée. Aussi les grandes manifestations honorées ou marquées par la présence des plus hautes autorités du pays ne dérogent-elles pas à la règle.

A chaque occasion, la parole est d'abord donnée aux autorités traditionnelles pour faire la libation, avant que la manifestation proprement dite ne commence. Cette mise en avant de nos us et coutumes dans ces cérémonies officielles est une marque de respect et de considération, qui est aussi appréciée par les gardiens de la tradition.

« Accorder une place à la libation dans les cérémonies officielles est la preuve que nos traditions sont sauvegardées. En tant qu'Africains, nos traditions sont nos premières richesses, qu'il nous faut absolument préserver. Et la cérémonie de libation en public est une manière concrète de pérenniser ces valeurs » a fait observer Nanan Konin Koutoua Amon Léon, notable, secrétaire du chef central d'Adiaké.

Dans sa forme, la libation apparaît comme une cérémonie préliminaire bien singulière de communication directe, dont l'objectif est bien précis. « La cérémonie de libation est, en effet, un moment particulier et spécial de s'adresser aux dieux, aux génies et aux morts. Ceci, pour demander leur assistance pour un déroulement normal de tout ce qui est prévu. Pour nous les garants de la tradition, cette communion avec nos divinités est d'une importance capitale car elle établit le pont entre les esprits bienfaiteurs et nos peuples. »

De toute évidence, le rituel de la libation, même s'il se fait en public, ne demeure pas moins régi par des principes, qui sont strictement respectés. « La cérémonie de libation n'est pas officiée par n'importe qui. Seul le chef de terre du lieu, où se tient l'événement, est habilité à conduire cette prière adressée aux mânes de nos ancêtres. En cas d'empêchement de celui-ci, on choisit un membre de sa famille pour le suppléer. Vous savez, dans la tradition, chaque partie de terre a ses propriétaires. C'est ceux-là, qu'on appelle chefs de terre. Et ce sont eux, qui ont le droit de s'adresser aux divinités de cette partie de terre » a-t-il ajouté, non sans conclure que « La valorisation de nos cultures et de nos us et coutumes est le gage d'un développement harmonieux. Dans ce rendez-vous du donner et recevoir, l'Afrique n'a que ses richesses culturelles à faire connaître. Il nous faut donc absolument les préserver et les pérenniser. »

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