Ethiopie: Conflit au Tigré - Cibles d'exactions, les civils paient un lourd tribut

Yeshialem, 27 ans, tient sa fille de 6 mois qui souffre de malnutrition au centre de santé d'Aby Adi, dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie.

En Éthiopie, le conflit continue dans la province du Tigré. Cette région du nord est toujours en proie à la violence entre l'ancien pouvoir du TPLF d'un côté, l'armée fédérale, des soldats érythréens et des miliciens Amharas de l'autre. Le conflit a fait des milliers de morts et entraîné des dégâts considérables. Depuis le début du conflit, les civils payent le plus lourd tribu. Reportage dans le centre du Tigré dans la localité d'El Hassa.

El Hassa comptait 1 500 habitants avant la guerre. Mais ils ne sont plus que quelques centaines. Pendant quatre jours, la localité a été la ligne de front d'une bataille entre les militaires et les forces de l'ancien pouvoir du TPLF.

« Au moins 20 maisons ont été détruites pendant les combats. Les ENDF et les Érythréens ont pris le dessus, sauf qu'ils ont aussi attaqué les habitants. Ils ont volé la nourriture, le bétail, abattu les gens chez eux sans raison. On a compté 18 morts, raconte Mergeta, 65 ans, qui n'avait jamais connu un conflit comme celui-là. J'ai dû fuir vers une zone désertique sans eau. Des riverains m'ont nourri et j'ai survécu. J'ai vu des combats dans ma jeunesse. Quand les Tigréens affrontaient la dictature du DERG. Mais là c'est différent. Cette fois, les civils font partie des cibles ».

Le centre de santé du village a été entièrement pillé puis détruit par les soldats. Getachu est un membre du gouvernement intérimaire. Pour lui, ces destructions ont un but précis.

« Les soldats se fichent des civils. Ils veulent leur couper l'accès aux soins pour qu'ils meurent, simplement parce qu'ils sont Tigréens. Quand la bataille a commencé, on a pris une partie des médicaments pour les cacher dans nos maisons. Mais les soldats ont fait du porte à porte et ils ont tout détruit. Aujourd'hui, quand une personne tombe malade, si elle a de la chance elle survit, sinon elle meurt », témoigne-t-il.

Aujourd'hui, les habitants d'El Hassa survivent grâce à un peu d'aide humanitaire, mais beaucoup prennent la route des camps de déplacés. Le village, comme beaucoup d'autres, pourrait devenir une ville-fantôme.

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