Libye: Évaluation des besoins humanitaires à Ghadamès après des affrontements intercommunautaires

communiqué de presse

Un coucher de soleil sur les vastes dunes qui entourent Ghadamès, où le désert de sable rencontre le pied rocheux des montagnes pour constituer les frontières entre la Libye, l'Algérie et la Tunisie.

Ghadamès, la « perle du désert », s'élève sur une oasis, à 600 km environ au-sud-ouest de Tripoli. Une source au milieu d'un désert en fait un lieu d'installation permanent depuis le quatrième millénaire avant notre ère. Ghadamès a été un carrefour des civilisations et des cultures, un comptoir commercial, un lieu où les caravanes qui allaient du Sahara à la côte méditerranéenne, et retour, faisaient escale avant de poursuivre leur voyage.

La situation en matière de sécurité s'étant améliorée, l'équipe du CICR est allée à Ghadamès et Awal, le village voisin, pour évaluer les besoins de la population. Moins d'un mois après, l'équipe est revenue pour apporter une assistance. Le long de la route menant à Ghadamès, nous avons vu des troupeaux de dromadaires paître dans le désert. Ces dromadaires sont la principale source de revenu des éleveurs de Ghadamès. Ceux-ci passent des mois dans le désert, où ils élèvent des dromadaires qu'ils vendront ensuite sur les marchés des villes côtières du nord-ouest de la Libye.

À Awal, une petite ville de fortune située à 40 km à l'est de Ghadamès, nous avons rencontré les responsables locaux. Awal accueille les familles qui ont quitté Ghadamès il y a quelques années à la suite d'affrontements intercommunautaires. Au cours de ces rencontres, le CICR s'informe sur les besoins des communautés avant de fournir une assistance.

À Awal, les familles vivent dans des structures de fortune, dépourvues des équipements de base. Le CICR leur apporte un soutien sous la forme de couvertures, d'ustensiles de cuisine, de lampes solaires et de bien d'autres articles qui les aident à répondre à certains de leurs besoins non satisfaits.

Les articles que fournit le CICR contribuent à atténuer certaines des difficultés que connaissent les familles d'Awal. Les lampes solaires sont utiles parce l'approvisionnement en électricité est limité. D'autres articles, tels que des jerrycans, des ustensiles de cuisine, des couvertures, des nattes et des bâches de plastique, aideront ces familles à couvrir leurs besoins quotidiens.

Dans le village d'Awal, où il n'y a pas d'école publique officielle, un enfant écrit sur le tableau blanc d'une école de fortune faite en feuilles de palmier.

De retour dans l'ancienne ville de Ghadamès, nous rencontrons un collectionneur d'antiquités dans son café extraordinaire. Collectionneur passionné, il a transformé sa boutique en une salle d'exposition où quelque 5000 objets sont présentés. Sa boutique était l'une des principales haltes des touristes qui visitaient la ville, mais l'activité s'est arrêtée pendant le conflit et n'a pas repris.

Les maisons de Ghadamès sont contiguës. Les toits, que les femmes utilisent pour se déplacer, sont reliés les uns aux autres. Ils surplombent des passages couverts aveugles qui permettent une circulation presque souterraine et offrent une protection contre la chaleur de l'été. Cette partie ancienne de la ville, érigée entre le XIIIe et le XVIe siècle, a été classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1986. Depuis 2016, elle est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril, comme quatre autres sites libyens, en raison de la situation de conflit armé.

L'ancienne école coranique de la vieille ville de Ghadamès est connue de tous les Libyens car elle est représentée sur les billets de dix dinars.

Des escaliers mènent aux toits, souvent reliés les uns aux autres entre bâtiments adjacents et utilisés par les femmes pour aller d'un endroit à l'autre. L'architecture de Ghadamès est caractérisée par une division verticale des fonctions : le rez-de-chaussée sert à stocker les provisions, le premier étage, qui surplombe des passages couverts, est celui où vit la famille, et au sommet, les terrasses à ciel ouvert sont réservées aux femmes.

La lumière et la ventilation naturelles sont assurées par des puits spéciaux, plus nombreux dans les lieux dont l'utilisation est intensive. La lumière indiquait ainsi de façon naturelle la direction à prendre et la hiérarchie des principaux passages et rues.

L'une des portes de Ghadamès sépare l'ancienne ville fortifiée de la palmeraie. Tous les jours, ces portes sont fermées du coucher au lever du soleil. La palmeraie est une source de revenu essentielle et contribue aux moyens de subsistance des habitants de cette ville reculée du désert. Souvent, les Ghadamsi échangent des dattes contre des marchandises que transportent les convois commerciaux qui traversent le Sahara.

Les maisons de Ghadamès sont faites de briques séchées, de troncs de palmier et de chaux. Tous les espaces intérieurs sont magnifiquement décorés d'objets locaux traditionnels faits à la main. Nous nous y sommes sentis chez nous en raison de l'hospitalité de leurs habitants. Nous sommes convaincus que nous retournerons bientôt à Ghadamès pour continuer de travailler avec les communautés, avec lesquelles nous avons noué une relation de confiance mutuelle.

L'ancienne ville-oasis de Ghadamès, appelée aussi la « perle du désert », se situe à 600 km au sud-ouest de Tripoli, la capitale de la Libye. On y trouve des restes des temps préhistoriques, mais les bâtiments caractéristiques de la vieille ville qui subsistent aujourd'hui datent de l'âge d'or du commerce transsaharien, du XIIIe au XVIe siècle. Cette ville-oasis, dont les premiers habitants sont arrivés il y a plus de 2000 ans, a vu les sables du temps s'infiltrer dans ses murs.

Ghadamès et ses habitants n'ont pas été directement touchés par la dernière phase de combats en Libye, qui a duré d'avril 2019 à août 2020. Toutefois, plus de 500 familles ont dû quitter la ville en raison d'affrontements intercommunautaires passés. Ces familles déplacées sont aujourd'hui installées à Awal, une localité voisine.

Récemment, une équipe de la sous-délégation du CICR à Tripoli a entrepris le long voyage par route pour évaluer la situation humanitaire dans la zone, où elle est restée quelques jours. Elle y a rencontré les autorités et s'est mêlée aux habitants pour en apprendre davantage sur les conséquences du conflit et de la pandémie de Covid-19 sur leur vie. Le grand isolement géographique, dans un pays touché par un conflit, a prélevé un lourd tribut sur les services essentiels de Ghadamès, comme l'approvisionnement en eau, l'évacuation des eaux usées et les soins de santé, qui tous requièrent de l'attention et des investissements car il faut y effectuer des réparations et les améliorer.

Les habitants de Ghadamès et d'Awal ont réservé à notre équipe la chaleureuse hospitalité qui est celle des gens du désert partout dans le monde. Quelques semaines après, notre équipe est revenue à Awal distribuer des articles ménagers essentiels à plus de 500 familles, qui espèrent pouvoir un jour retourner dans leur ville historique de Ghadamès.

A La Une: Libye

Plus de: ICRC

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X