Sénégal: Faux et usage de faux - Deux Guinéens achètent une carte d'identité et un certificat de nationalité à 90.000 FCfa

11 Juin 2021

Pour «devenir » Sénégalais, S. Keita et M. Diao, nés en Guinée, ont acheté un certificat de nationalité sénégalaise et une Carte nationale d'identité (Cni) respectivement à 20.000 et à 70.000 FCfa. El. H. Keita a été l'intermédiaire avec l'agent de la Mairie de Grand Yoff qui a fui. Le délibéré sera connu le 16 juin.

«Dès l'instant que vous avez accepté de débourser 20.000 et 70.000 FCfa pour un certificat de nationalité et une carte nationale d'identité, vous saviez que ce n'était pas réglementaire », a déclaré la Présidente du Tribunal des flagrants délits de Dakar, hier, à S. Keita et M. Diao. Ils étaient poursuivis pour complicité de faux et usage de faux, de même que El. H. Keita, l'intermédiaire.

Née en 2002, à Conakry, S. Keita a déclaré qu'elle est venue de son pays natal pour s'occuper des formalités de son voyage, en vue de rejoindre son époux, L. Savané qui se trouve au Maroc. Son beau-frère, El. H. Keita qui est le mari de sa grande sœur, l'a mis en rapport avec un employé de la Mairie de Grand Yoff à qui elle aurait remis 20.000 FCfa pour un certificat de nationalité sénégalaise.

M. Diao, né à Conakry, boutiquier, vivant au Sénégal depuis l'âge de 5 ans, a acheté une carte nationale d'identité sénégalaise à 70.000 FCfa. Tous les trois prévenus ont dit regretter les faits qui leur sont reprochés.

Dans son réquisitoire, le représentant du Ministère public a fait remarquer que ces cas de faux et usage de faux sont récurrents. Les faussaires, qui sont des agents payés par l'État du Sénégal, exploitent des registres d'état civil de coins reculés du pays pour fabriquer de faux documents. Les trois prévenus ont agi en connaissance de cause. Le parquet a requis deux ans dont six mois ferme contre eux.

Du côté de la défense, le conseil de S. Keita a estimé que le seul tort de l'étudiante a été d'avoir voulu rejoindre son mari qui est au Maroc. Elle est venue de la Guinée rien que pour s'occuper des formalités de son voyage. Son acte est répréhensible, mais elle peut bénéficier de circonstances atténuantes.

L'avocat de El. H. Keita, a, quant à lui, soutenu que son client, photographe de profession, est un intermédiaire qui a souhaité rendre service à sa belle-sœur. Il n'a tiré aucun profit dans cette affaire. En ce qui le concerne, le conseil de M. Diao a préféré jeter la pierre dans le jardin des agents de l'État qui versent dans le faux. Diao a appelé sur un numéro et a payé 70.000 FCfa. Il n'a vu son interlocuteur qu'une seule fois. Les conseils ont demandé une application bienveillante de la loi pénale. Le délibéré sera connu le 16 juin.

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