Algérie: RSF s'insurge contre le tour de vis répressif avant les élections législatives du samedi 12 juin

communiqué de presse

Reporters sans frontières (RSF) dénonce avec force l'arrestation des journalistes Khaled Drareni, le correspondant de RSF dans le pays et d'Ihsane El Kadi, rédacteur en chef de Radio M et Maghreb Emergent. L'organisation appelle à leur "libération immédiate".

Les journalistes Khaled Drareni, correspondant de RSF, et Ihsane El Kadi, rédacteur en chef de Radio M et Maghreb Emergent ont été arrêtés dans l'après-midi du 10 juin 2021 à leur domicile, par des hommes de la sécurité intérieur militaire. Les avocats des journalistes ne peuvent pas leur rendre visite étant donné qu'ils ont été arrêtés par les services de renseignements militaires. Les deux journalistes sont détenus à la caserne militaire d'Antar, connue pour être un lieu d'interrogatoire des services de sécurité, sans que le motif de leur arrestation ne leur ait été notifié et sans avoir subi d'interrogatoire. Leur arrestation coïncide avec les manifestations hebdomadaires du Hirak, organisées les vendredis à Alger lors desquelles les journalistes sont régulièrement arrêtés.

"À la veille des élections législatives, notre correspondant, le journaliste indépendant Khaled Drareni, se retrouve à nouveau dans une cellule, cette fois-ci d'une caserne militaire, relève Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Son arrestation est une insulte à la liberté et au pluralisme. En Algérie, un pas en avant semble toujours suivi d'un pas en arrière, quand ce n'est pas plusieurs. Nous réclamons la libération immédiate d'un journaliste qui est l'honneur de son pays."

"Reporters sans frontières dénonce l'arrestation de Khaled Drareni et d'Ihsane El Kadi, déclare Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF. Nous appelons les autorités algériennes à les libérer immédiatement et à cesser d'entraver le travail des journalistes. L'ordonnance antiterrorisme qui vient d'être ajoutée au code pénal est une nouvelle entrave à la liberté de la presse en Algérie."

L'étau se resserre autour des journalistes

L'ordonnance présidentielle ajoutée au Code pénal algérien ce jeudi 10 juin, 48 heures avant les élections législatives anticipées qui se déroulent samedi 12 juin, a pour objectif de renforcer le système juridique en matière de terrorisme. Le texte apporte deux modifications majeures : la première étant "qu'est considéré comme acte terroriste ou sabotage, tout acte visant la sûreté de l'Etat, l'unité nationale et le fonctionnement des institutions". La deuxième est l'élaboration d'une liste d'individus et d'entités terroristes. Le texte élargit le champ d'incrimination et resserre l'étau autour des journalistes qui peinent déjà à exercer leur profession.

L'Algérie figure à la 146e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2021 établi par RSF. Le pays a perdu 27 places depuis 2015.

Plus de: RSF

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X