Ethiopie: La famine menace la région en conflit du Tigré

Yeshialem, 27 ans, tient sa fille de 6 mois qui souffre de malnutrition au centre de santé d'Aby Adi, dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie.

30.000 enfants souffrant de malnutrition risquent de mourir si l'acheminement d'aide humanitaire continue à être bloqué.

Voilà sept mois que Addis-Abeba a lancé son opération militaire dans la région du Tigré pour officiellement mater des velléités sécessionnistes. Un conflit face auquel le Conseil de sécurité des Nations unies se retrouve impuissant, à cause des blocages de la Russie, un allié du pouvoir éthiopien.

Les multiples alertes lancées parl'Agence humanitaire de l'Onu n'y ont pour le moment rien changé.

Pendant ce temps, sur place, au-delà des massacres et des viols collectifs, ces sont des centaines de milliers de personnes qui souffrent de la faim. 350.000 sont menacées de famine et plus de quatre millions ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence.

C'est notamment le cas dans les zones les plus reculées du Tigré où une partie des camps de réfugiés sont devenus inaccessibles aux travailleurs humanitaires.

Un blocus en règle qui n'est pas sans rappeler le conflit au Biafra à la fin des années 60, lorsque le blocage de l'acheminement de nourriture avait fait entre un et deux millions de morts.

Déjà-vu

Le chef des Affaires humanitaires de l'Onu estime qu'il n'y a pas eu de situation aussi grave depuis la famine qui avait fait plus de 250.000 morts en Somalie il y a dix ans.

En Ethiopie, c'est aussi le souvenir douloureux de la famine des années 80 qui refait surface. Plus d'un million de personnes étaient mortes. La guerre avait provoqué des déplacements massifs de population alors même que la sècheresse avait frappé le secteur agricole.

La crise actuelle semble donc être du déjà-vu. Le rapport de l'Onu et de plusieurs organisations humanitaires parle de nombreuses fermes agricoles et de stocks de nourriture détruits par le conflit. C'est tout une logistique alimentaire qui est à l'arrêt.

En Ethiopie, le ministère des Affaires étrangères qualifie ce rapport de désinformation.

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