Afrique: Colloque de Tolagnaro - Le développement du Sud au cœur des réflexions

Le colloque régional pour l'émergence du Sud a démarré, hier, à Tolagnaro.Apporter des solutions concrètes et durables aux maux qui plombent le développement des régions Anosy et Androy est le but.

Changer le cours de l'histoire. C'est le leitmotiv affirmé au coup d'envoi du colloque régional pour l'émergence du Sud, à Tolagnaro, hier. D'entrée, l'objectif martelé a été de définir une stratégie concrète et efficace pour renverser la situation socio-économique et renforcer la résilience des habitants dans les régions cibles que sont l'Anosy et l'Androy.

Sous la houlette de Andry Rajoelina, président de la République, des membres du gouvernement, des parlementaires, de responsables décentralisés et déconcentrés, des élus et des notables locaux, ainsi que des opérateurs économiques cogitent pour identifier les enjeux et défis à relever ainsi que les perspectives des actions prioritaires à entreprendre par région et par district. Durant les séances de travail, le chef de l'État a été clair. Les deux jours de colloque devront impérativement accoucher d'une stratégie idoine pour mener à l'essor de l'Anosy et l'Androy.

Le fait que ce colloque apporte des solutions concrètes et correspondant aux enjeux réels du développement dans les deux régions du Sud est, justement, la principale aspiration des participants. Lahimaro Tsimandilatse Soja, gouverneur de la région Androy, et Bonaventure Thomas Razanadahy, un notable de la région Anosy, s'accordent sur le fait qu'il est temps de briser la triste réputation du Sud comme étant un cimetière de projet.

Dans sa prise de parole en ouverture des deux jours de cogitation, Bonaventure Thomas Razanadahy a émis le souhait que ce colloque soit le dernier. Il est plus que temps de passer à des actions concrètes. Le gouverneur de l'Androy a souligné que le total des aides allouées pour le relèvement du Sud dépasse largement le milliard de dollars. « Pourtant rien n'a changé. Le kere est toujours d'actualité », regrette-t-il.

Solution malgache

Prenant la balle au bond, le président de la République indique, c'est la raison pour laquelle nous tenons ce colloque. Il faut changer de méthodologie. Si ce qui s'est fait avant était efficace, nous ne serions pas ici aujourd'hui. Il s'agit donc de séances de réflexion et de débats entre les acteurs malgaches, pour identifier les problèmes et les blocages, et apporter des solutions selon les besoins malgaches. D'apporter des solutions structurantes et durables et non plus se cantonner aux mesures d'urgence.

« Il n'y a que nous Malgaches qui sachions ce qui est mieux pour nous. C'est aussi pour cela que nous tenions cette rencontre ici, puisque c'est vous, acteurs locaux qui savez quels sont les réels problèmes et les réels besoins. C'est à nous Malgaches de définir la stratégie pour développer le Sud », soutient le chef de l'État. C'est cette solution malgache qui sera présentée aux partenaires techniques et financiers (PTF).

Certains projets seront, toutefois, financés sur les fonds propres de l'État. Ce sera le cas de la pipeline partant de la rivière Efaho, traversant le district d'Amboasary Atsimo, jusqu'à Ambovombe. « Nous devons faire preuve d'audace sinon, nous n'arriverons à rien», déclare Andry Rajoelina. À entendre les prises de parole d'hier, les régions Androy et Anosy ont tout le potentiel pour sortir du marasme où ils se trouvent actuellement. L'agriculture, la pêche et l'élevage, l'industrie, le tourisme et l'exploitation minière sont des exemples de secteurs porteurs.

Après des décennies de galères, il y a beaucoup à faire pour déclencher le processus d'émergence dans le Sud. Durant la journée d'hier, chaque ministre participant au colloque a donc exposé les projets qu'il compte concrétiser pour booster le relèvement du Sud. Santé, éducation, autosuffisance alimentaire, approvisionnement en eau, infrastructures de base, réseaux routiers, sécurité, ou encore environnement, le bien être social, l'énergie et la gouvernance locale ont été à l'affiche.

En face, les élus et autres acteurs locaux ne sont pas privés d'apporter leurs observations et critiques sur les exposés des membres du gouvernement. Pour ne pas perdre de temps, dès le début du colloque, le président de la République a posé une balise. Ici, il n'est plus question de faire part de souhait, mais d'avancer des solutions. Une ligne que les panélistes ont essayé tant bien que mal de suivre.

Plus de: L'Express de Madagascar

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