Afrique Centrale: En RDC, la réforme de la Céni adoptée, mais toujours contestée

Après l'Assemblée nationale, le projet de loi sur la réforme de la Commission électorale nationale Indépendante (Céni) est passé sans encombre au Sénat de la République démocratique du Congo. Mais ses détracteurs ne baissent pas les bras et dénoncent une trop grande politisation de l'institution.

Ce vendredi 11 juin, les 95 sénateurs présents à la plénière ont fait la sourde oreille aux appels de l'opposition et de la société civile. Ils ont tous voté « Oui ». Aucune opposition, ni abstention. Les deux plus grandes confessions religieuses du pays, les églises catholique et protestante, sont au contraire très remontées. Dans une déclaration commune, hier vendredi à Kinshasa, elles désapprouvent le texte en passe d'être promulgué par le président Félix Tshisekedi. Elles appellent à la dépolitisation de la centrale électorale pour des élections transparentes.

Les deux confessions font cause commune. Elles n'ont pas tout rejeté en bloc, mais elles réclament plus de postes pour la société civile dont elles font partie.

Nous l'Eglise du Christ au Congo [Ndlr : ECC, protestants] et la Conférence épiscopale nationale du Congo [Ndlr : catholiques], nous pensons que nous devrions avoir un bureau dirigé essentiellement par la société civile, explique le révérend Éric Senga, porte-parole des protestants. Comment voulez-vous expliquer que nous avons un bureau composé de sept personnes, où on réserve une seule personne pour le compte de la société civile, quatre pour la majorité et deux à l'opposition. C'est disproportionné.

Des politiques sur-représentés

La société civile se voit ainsi mise en minorité, même si elle conserve la présidence de la Céni.

Ce qui a déjà posé problème dans la Céni, s'emporte le révérend Senga, également secrétaire général la commission Justice, paix et sauvegarde de la Création (CJPSC) au sein de l'ECC. c'est plutôt le nombre élevé des politiques dans le bureau. Il arrive des moments où les décisions sont prises par vote, le président est minorisé. C'est un message clair qu'on vient de nous lancer, on ne peut pas continuer à diriger la RDC par défis, je pense que le président Félix Tshisekedi n'a pas besoin de ce genre de confrontations.

Dans la plénière, l'organe de délibération de la Céni, dix postes sont réservés à des politiques - six pour la majorité, quatre pour l'opposition - contre seulement cinq dévolus aux membres de la société civile. Les deux confessions demandent plus d'équilibre. Dans leur déclaration conjointe, elles se disent surprises car le texte adopté élague les dispositions visant au renforcement de l'indépendance de la Céni. Elles demandent un cadre juridique devant permettre la tenue d'élections « honnêtes » en 2023. Dans la même déclaration, protestants et catholiques appellent le « peuple » à la « défense de sa souveraineté ».

Les opposants Martin Fayulu et Adolphe Muzito, qui menacent de mobiliser dans la rue contre cette loi « taillée sur mesure afin de préparer la fraude électorale », ont déjà appelé à des discussions pour un consensus autour du texte de reforme de la commission électorale.

Plus de: RFI

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