Gambie: Centre gambien pour les victimes des droits de l'homme - Les victimes de Jammeh cherchent appui au Sénégal, pour obtenir justice

La rencontre avec la presse hier, vendredi 11 juin, était le denier acte d'une tournée que le Centre gambien pour les victimes de violations des droits de l'homme mène depuis quelques jours au Sénégal. Le centre travaille à obtenir le ralliement du Sénégal dans sa «guerre» juridique contre l'ancien président Yahya Jammeh, pour que justice soit faite, pour les victimes présumés au nombre de 1200 enregistrées pour l'instant dont 03 Sénégalais.

Venu en mission depuis le 08 juin au Sénégal, pour rencontrer les autorités, la société civile mais surtout pour sensibiliser l'opinion nationale et internationale sur sa mission, le Centre pour les victimes de violations des droits humains en Gambie a tenu une conférence de presse hier, vendredi 11 juin 2021, dans les locaux de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO) à Dakar.

Selon ses membres, depuis la fin du règne de Yahya Jammeh qui a duré 22 ans, les victimes des violations de droits attendent encore, en vain, des actes forts allant dans le sens de leur rendre justice mais aussi de réparer les préjudices subis. Pour Baba Aïdara, le représentant du Centre, la rencontre avec les acteurs sénégalais est d'une grande importance pour les mandataires (du centre) car les violations commises par le régime de Jammeh doivent intéresser le Sénégal. «1200 victimes ont été enregistrées pour l'instant. Et, parmi ces victimes, 03 sénégalais ont été identifiés dans le massacre fait sur les ghanéens», informe le sieur Aïdara. En plus d'être un pays frère sur lequel ils peuvent compter. La collaboration du Sénégal sur ce dossier est essentielle au vue de l'expérience et l'expertise de ses acteurs.

Mieux, «le Sénégal s'est doté d'une Compétence universelle, d'une loi qui a modifiée notre Code pénal en 2007 pour y introduire la notion de Compétence universelle c'est-à-dire des crimes comme le crime contre l'humanité ont été introduit dans le Code pénal sénégalais», déclare Sadikh Niass, le Secrétaire général de la RADDHO. M. Niass a aussi rappelé les difficultés que les victimes du régime de l'ancien président tchadien, Hissein Habré, ont vécues dans leur combat pour obtenir justice.

D'ailleurs, jusqu'à présent, elles n'ont pas été indemnisées. Et pour éviter un cas similaire, il a salué la démarche du Centre consistant à commencer par rassembler les victimes, avant d'entamer une poursuite judiciaire contre leur «bourreau» présumé. «(... ) On s'est dit que c'est une bonne démarche de commencer par se soucier du sort des victimes, avant même le lancement d'un quelconque procès», déclaret-il.

Toutefois, la dernière sortie de la Procureure sortante de la Cour pénale internationale (CPI) reste en travers la gorge des acteurs des droits humains des deux parties. Ils ont ainsi condamné la position de Fatou Bensouda, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, qui d'après eux, a fait du «wakh wakhet». Car, déplorent-ils, cette dernière aurait déclaré que le cas de la Gambie n'était pas un dossier pour la Cour pénale internationale.

Plus de: Sud Quotidien

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X