Congo-Brazzaville: Retour en force des illusionnistes guérisseurs

Des escrocs, ils sont là dans nos villes et prennent multiples physionomies, d'où il n'est pas facile de les identifier, gare à eux. Et parmi ceux qu'il est question ici et maintenant, il y a des illusionnistes guérisseurs qui vivent aux dépens de ceux ou celles qui prêtent leurs oreilles à eux et acceptent volontiers toute la série de leurs élucubrations mensongères.

Ces gens-là aux pratiques fantaisistes reviennent avec force et célébrité dans nos différentes villes et d'autres localités. Et que font-ils alors ? Ils se servent de la naïveté d'autres citoyens souffrant de telle ou telle pathologie pour étaler leurs pseudo-savoirs alors qu'ils n'en ont pas la qualité, car le plus souvent l'entente termine en queue de poisson après qu'ils ont réussi à escroquer ou à rançonner les parents du malade.

Ces pseudo-thérapeutes ou ces guérisseurs se disent détenteurs des pouvoirs surnaturels légués par leurs arrières grands-parents. Vrai ou faux, personne ne le sait. Ils sont certainement les descendants en généalogie directe de certains anciens grands tradi-thérapeutes ou guérisseurs de renom encore appelés « nganga » en vernaculaire. Leurs grands-parents avaient certainement de la connaissance sur certaines vertus des racines et feuilles des plantes pour traiter telle ou telle pathologie. Et le commun des mortels se demande si ces « dribbleurs » héritiers ont reçu réellement ce pouvoir de guérir de la part de leurs grands-parents. Non pas du tout, c'est parfois la précarité financière ou économique qui les pousse à de telles aventures.

Il est souvent établi qu'ils le font pour gagner de l'argent sur le dos des naïfs, car il y a un adage africain qui dit : « l'oreille du malade n'a jamais refusé de croire au nganga ». Ces gens-là, dissimulés dans des quartiers populaires conseillent tout : tisane, solution, écorces, sève, cendre, bains et autres. Certains vont même plus loin, en décrivant le destin de toute une famille. Ils servent aux familles des malades des paroles mielleuses dénouées de tout fondement, ceci pour les attirer ou les pousser à beaucoup dépenser, c'est-à-dire à les faire bien payer la séance.

Attention ! A l'allure où vont des choses, si des mesures disciplinaires ne sont pas prises, nombreux sont des citoyens qui se feront escroqués. Et l'on se demande si leurs pratiques sont légalement connues par les autorités en charge des questions légales, en l'occurrence le procureur de la République, car ils ne sont jamais inquiétés quand ils déversent ces savoirs mensongers.

Tenez ! Il y a quelques années, dans les villes de Brazzaville et de Pointe-Noire, on a laissé faire une pratique intolérable. Des gens qui occupaient des coins des avenues et rues avec des reptiles dangereux au cou faisaient, soi-disant, sortir de l'argent. Un citoyen qui leur remettait un billet de 1000FCFA pouvait facilement recevoir en retour 40.000 ou 70.000FCFA voire 100.000FCFA. Ce spectacle a duré longtemps dans nos villes sous le regard tolérant des autorités urbaines, alors que c'était une escroquerie qui a fini par se dévoiler publiquement. C'est méchant et triste !

Ceci étant, ne laissons pas ces pseudo-guérisseurs et « nganga » envahir nos quartiers populaires de la sorte. Arrêtons cette pratique par la force de la loi, car c'est une vraie escroquerie qui ne dit pas son nom.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X