Sénégal: Niveau de realisation des projets et programmes - Matam recense les acquis et liste les attentes

Pour une meilleure Territorialisation des Politiques Publiques et une bonne mise en cohérence des Plans de Développement des Collectivités Territoriales et des nouveaux Programmes d'Infrastructures de l'Etat, le Président Macky Sall, avait entrepris, dès son avènement à la magistrature suprême, une nouvelle approche de gestion participative à travers une délocalisation des réunions du conseil des ministres dans chaque région du Pays. Matam, la 11ème région avait réclamé plus de 126.767.178.209 FCFA pour un développement économique et social d'envergure qui devrait s'appuyer sur les secteurs des infrastructures, du transport terrestre et maritime, de l'éducation, de l'agriculture, de la santé, de l'élevage, de l'hydraulique, de l'assainissement, de l'environnement, de la jeunesse, du sport, ou encore de la culture. En procédant à une revue des investissements de l'État en matière de politique publique couplés aux investissements des collectivités territoriales et des partenaires, on note que des pas ont été franchis sur le long chemin «d'un développement endogène». Cependant, il convient de préciser que beaucoup d'engagements formulés sont restés jusque-là, à l'état de promesse...

Mercredi 20 Mars 2013 ! Lors d'un conseil interministériel qui s'était tenu en présence des membres du gouvernement, des autorités administratives, des élus locaux, des membres de la société civile, des opérateurs privés des Associations de jeunes et de femmes, les échanges avaient relevé la faiblesse et l'insuffisance d'initiatives menées jusque-là pour un développement durable de la région traditionnellement agricole. Un développement harmonieux qui devrait s'appuyer en effet sur «la valorisation de son potentiel agro-sylvo-pastoral et minier et subséquemment des secteurs de la pêche et de l'artisanat qui butent très souvent sur le manque d'équipements et d'encadrement». C'est dans ce cadre qu'un programme d'investissement d'un montant de 126 767 465 276 FCFA sur la période triennale 2013-2015 a été mis en phase. Le dit programme d'investissement a été amplifié par «la mise en œuvre de plusieurs actions pour booster le développement de la région à travers notamment : son désenclavement au niveau interne et externe, la valorisation de ses potentialités agro-sylvo-pastorales, la régénération et la gestion de ses ressources halieutiques, la modernisation de l'artisanat. De même que, le développement du tissu industriel et minier, la valorisation des produits forestiers et du potentiel touristique, le renforcement de l'accès aux infrastructures et services sociaux de base de qualité et la promotion de l'emploi des jeunes et l'autonomisation des femmes». Sur la période actualisée 2012-2018 /2019-2020, on peut annoncer que ces investissements publics et privés ont touché les secteurs des infrastructures, du transport terrestre, de l'éducation, de l'agriculture, de la santé, de l'élevage, de l'hydraulique, de l'assainissement, de la jeunesse, du sport et de la justice ou encore de la culture, entre autres.

EN MATIERE D'AGRICULTURE

Au titre des mesures immédiates, il avait été retenu de démarrer la mise en œuvre du Projet d'Appui au Développement Agricole et à l'entrepreneuriat Rural (PADAER) dont le financement d'un montant de 22,40 milliards de FCFA parrainé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et du Fonds Fiduciaire Espagnol, avec 5 milliards 200 millions pour Matam, cible les populations vulnérables de 67 communautés rurales des régions de Tambacounda, Kolda, Kédougou et Matam. Le projet prévoyait, dans la région de Matam, la mise en place de 500 ha de périmètres polycoles, équipés de système d'irrigation goutte à goutte et l'installation de 10 nouvelles unités pastorales. Le projet qui a démarré en 2013 a procédé à la réhabilitation de la Direction régionale du Développement Rurale en 2015 et a mis en valeur 200 ha de riz en 2015 et 319 ha en 2016 avec 951 ha mis aux normes SRI, ainsi que 141,8 ha de SRI en SSC et 519,95 ha en SRI en hivernage en 2017. Douze nouvelles unités pastorales ont été installées ainsi que 04 châteaux d'eau, 08 magasins d'aliment bétail, 13 abreuvoirs, 103 pare feux, 12 parcs à vaccination ont été construits... Une recommandation portant sur l'accélération de la réhabilitation des aménagements hydro-agricoles et de leur transfert aux organisations paysannes a conduit à plusieurs travaux de réhabilitation menés par la SAED pour 6132 ha (2.209.200.000 frs), le PRACAS, 3612,5 ha (1.139.225.500 frs) et le PGIRE2 pour une réhabilitation de 175 ha avec une enveloppe de (1.317.000.000 frs). Ce, en plus de plusieurs hectares réhabilités tous programmes confondus par le Fonds de maintenance des périmètres irrigués (FOMPI), celui de l'entretien des ouvrages hydrauliques et des aménagements publics et le Projet d'appui à la Sécurité alimentaire et à l'Elevage (PASAEL). Dans ce cadre, le Projet de Développement Agricole de Matam (PRODAM) a procédé à l'aménagement de 2500 ha sur une prévision de 2000 ha soit un taux de réalisation de 125%, 3,330 Km de digues de protection construits avec un taux de réalisation de 100%, l'installation de 19 Pivots (goutte à goutte mobile) et celui de 5 piézomètres réalisés sur une prévision de 5 soit un taux de réalisation de 100%. En plus d'accélérer la création de nouvelles unités de transformation des produits agricoles comme réponses partielles aux difficultés d'évacuation des produits, les recommandations préconisaient aussi le développement de périmètres maraîchers autour des points d'eau, afin d'améliorer la production horticole régionale.

Sur ce volet, plusieurs activités ont été conduites par la SAED à hauteur de (140 000 000 frs) et P2RS pour (55 231 288 frs) dans la mise en place d'unité et de plateformes multifonctionnelles avec un taux d'exécution de 100% enregistré au niveau de la réhabilitation de périmètres maraîchers pour les GPF (Groupement de Promotion féminine). Le PRODAM qui a alloué (9 824 601 948 frs), sur cette rubrique, a enregistré un taux de réalisation de 92% dans le cadre de la réalisation de forage et près de 80 % dans celui de l'électrification des SIPA (28 SIPA électrifiées sur 36 prévues). Le P2RS avec une enveloppe de (219 497 316 frs), a eu à mener des activités portant sur la construction d'infrastructure de retenue d'eau, de travaux de construction de petits périmètre maraîchers, la réhabilitation de Périmètres maraîchers irrigués par pompage de 87 ha, la réhabilitation de Périmètres rizicoles irrigués par pompage (travaux d'entretien et de maintenance du réseau d'irrigation, de drainage, d'endiguement contre les inondations et planage sommaire de 24 périmètres irrigués villageois (PIV), de clôture), soit un total de 664.42 ha réhabilités ... La mise à l'échelle au niveau de la région de Sociétés d'Intensification de la Production Agricole (SIPA) initiée par le Projet de Développement Agricole de Matam (PRODAM) a connu un taux d'exécution de 100% avec la réalisation de 1200 ha aménagés sur une prévision de 1200 hectares. La construction d'un laboratoire de semences certifiées, d'une chaîne de triage des semences et de structures de stockage d'intrants et de produits agricoles a pu être effectuée grâce aux programmes AISAN (FAO), WAAPP/PPAAO et le PADAER qui ont mis en place un centre de triage équipé pour les semences et ont permis de réhabiliter le laboratoire de semences de la DRDR de Matam avec une enveloppe de (590 millions frs). Des résultats ont été aussi notés dans le cadre de l'équipement en matériel agricoles qui s'est matérialisé par l'obtention de groupe moto pompe 469 GMP, 30 tracteurs, des semoirs grandes cultures 13 rangs, 25 offsets 22 disques, 10 charrues, 4 socs réversibles, 3 moissonneuses batteuses ,10 batteuses à riz et 10 petites unités familiales de décorticage et blanchiment de riz.

La mise en œuvre d'un programme d'aménagements de 5 000 ha de périmètres rizicoles, s'est illustrée par la réalisation de «17 ha de riz emblavés dont 10 ha récolté et 7 ha en cours avec une production de 33 tonnes de riz, 563 ha de riz emblavés dont 63 ha récoltés et 500 ha en cours soit une production de 346.5 tonnes de riz marchand, 2500 ha aménagés aux normes SRI sur 2000 prévus par le Prodam». De bonnes perspectives, sont attendues avec le projet APEFAM à hauteur de 32 milliards (2000ha), tout comme le Projet indien avec (5300 ha). La deuxième phase du Programme d'appui au développement agricole et à l'entrepreneuriat rural (PADAER 2) a été lancée à Tambacounda, pour un financement de 48,5 milliards de francs CFA, en vue de l'augmentation de la production agricole et d'élevage. Le PADAER 2 continuera d'intervenir dans les régions de Kédougou, Kolda, Matam et Tambacounda, pendant six ans. Sur la rubrique des engagements formulés, au niveau de ce secteur, on attend cependant le projet de la création de trois (3) pôles de développement agricoles, à raison d'un par département qui devrait être piloté par l'Agence Nationale d'Insertion pour le Développement Agricole (ANIDA). Il est aussi attendu la mise en place des deux Centres de Recherche et d'Essais pour la valorisation des résultats de la recherche et du développement de l'accès aux Technologies de l'Information et de la Communication (100 millions frs) et la réhabilitation de la station de l'ISRA situé à Diorbivol.

ELEVAGE, PECHE ET EAUX ET FORETS

plus en plus de projets sont enregistrés dans la mise en place d'infrastructures (magasins de stockage d'aliment de bétail, de forages pastoraux, de parcs à vaccination etc.) et d'encadrement des acteurs du secteur de l'élevage notamment par le PADAER, le PASA LouMaKaf, le P2RS et le PUDC. Sur les activités ciblées lors du conseil des ministres de 2013 plus de 70% sont exécutées et les objectifs pour l'installation d'UP (unité pastorale) ont été largement atteints avec 18 unités pastorales réalisées pour 10 qui étaient prévues. La production fourragère s'est renforcée dans la région, grâce aux dotations des semences fournies chaque année par le ministère de l'élevage. Le projet d'appui à l'élevage (PAPEL), coordonne toutes les activités liées aux campagnes d'insémination artificielle. Alors que les mesures de lutte contre le vol du bétail se renforcent petit à petit par la création de comité de veille par les éleveurs. La création des abattoirs dans les trois (3) départements de la région dans le cadre du Programme national de construction et de réhabilitation des Abattoirs et Aires d'Abattage, est en train d'être opérationnalisée...

PECHE

S'agissant de la pêche, on notera que, malgré les efforts déployés, le secteur a toujours du mal à se libérer de certains goulots d'étranglement. Parmi les contraintes on recense «la dégradation des écosystèmes des cours d'eau (ensablement, envasement, tarissement précoce, érosion, plantes envahissantes... ), les conflits dus à l'absence de textes juridiques harmonisés réglementant la gestion durable des ressources halieutiques au niveau du fleuve Sénégal entre les pays de l'OMVS, la timide adhésion des pêcheurs à l'achat et au port du gilet de sauvetage et la lenteur dans la mise en oeuvre du PGIRE II / OMVS». Dans le cadre de la mise en œuvre des projets spécifiques dans le domaine de l'aquaculture dans la région, sur les trois écloseries modernes pour la production en masse de semences (50 millions frs), une écloserie a déjà été réalisée, avec l'installation d'une unité de fabrication d'aliment pour poisson. Un pôle d'aquaculture intégrée à Diamel (Commune de Matam), piloté par ANA (327 688 633 frs), connaît cependant un taux d'exécution de plus de 50 %. A ce jour, de nombreux acteurs de la Pêche et de l'aquaculture (428) ont été formés sur la Gestion des organisations, la Gestion durable de la Pêche et de l'Aquaculture, la Pisciculture, la Transformation, la Conservation et le Mareyage. Il est attendu la mise en place de 3 centres de pré-grossissement dans la région.

.. MANQUE DE MOYENS DES EAUX ET FORETS

On note la réalisation de la réserve de biosphère du Ferlo. Il reste à mettre en place les organes de gestion pour une meilleure fonctionnalité car on fait face «à un manque de moyens pour la mise en place des organes de gestion de la réserve de Biosphère. Néanmoins, les activités de conservation et restauration se déroulent régulièrement avec les moyens du service des Eaux et Forêts et des Parcs nationaux. Il n'y a pas de financement additionnel comme dans les autres réserves de biosphère du pays». L'Agence nationale de la Grande Muraille Verte (ANGMV) qui poursuit son programme très important a déjà procédé en 2018, à la production de 227 000 plants et la mise en défens de 10 000 ha pour la récupération des terres dégradées. En 2014, le service a produit 428 533 plants dont 158 500 plants réalisés par ANGMV, en 2015, 403 587 plants dont 200 000 plants par ANGMV en 2017 : 85 267 plants et en 2018 : 89 983 (Matam et Kanel). Les activités de mise en défens ont couvert 5.325 ha réalisés par les populations avec l'appui du PROGEDE 2. Ces activités se sont accompagnées de la construction de pistes de production exécutée dans le cadre du deuxième Projet de Gestion Durable et Participative des Énergies Traditionnelles et de Substitution (PROGEDE 2). Il reste que les moyens de lutte contre les feux de brousse sont encore insuffisants car «les grandes unités (8 000 litres) positionnées dans la région date de 2005 et sont toutes en panne. Il n'y a plus comme avant de personnel d'appui (portes lance et chauffeurs) dédié à la lutte contre les feux de brousse». La lutte contre la dégradation des berges du fleuve de Matam d'un coût estimatif de 40milliards est vivement attendue.

HYDRAULIQUE - ASSAINISSEMENT

En ce qui concerne l'hydraulique, les statistiques révèlent une progression moyenne de 8,6 forages par an. La région verra une augmentation de son parc d'ouvrage hydraulique de près de 10% et un accroissement du niveau d'accès à l'eau potable en milieu rural de 75,45% en 2013 à 82% en 2015 qui a été accompagné par une réduction progressive des disparités entre les départements de la région. En milieu urbain, le système le plus utilisé demeure les SAI, la fosse perdue et les latrines traditionnelles ne respectant pas souvent les normes requises de sécurité, de l'environnement et de la santé des populations. La commune de Matam reste la seule ville de la région à avoir bénéficié d'un programme d'assainissement urbain en 2016, avec un réseau d'assainissement d'une longueur de 28 km qui compte 2000 branchements sociaux avec deux stations de pompage et une station d'épuration pour plus de 9 milliards.

TRANSPORT ET MOBILITE

Dans le sous-secteur des transports, la réhabilitation de la route Ourossogui - Matam (10 km) a déjà été exécutée par l'Etat pour un montant de 1 510 672 626 TTC. Il en a été de même en ce qui concerne les travaux portant sur l'achèvement de la construction de la route Linguère-Matam (28 310 868 160 TTC financement FKDEA/BID/Etat Sénégal). Les travaux de construction des ponts de Ganguel Soulé et Wendou Bosseabé (17 265 561 736 TTC) sont terminés. La réhabilitation de la route Ndioum-Ourossogui-Bakel qui se situe à un taux d'exécution (selon les dernières informations qui avoisine 97 %), n'est pas encore achevée. Le projet de mise à niveau de l'aérodrome d'Ourossogui (10 milliards F Cfa) a déjà dépassé la phase de l'étude de l'impact environnemental. Une vaste opération de réalisation de pistes de production a permis en dernier lieu, d'ouvrir à la circulation 63,77 km de linéaires finalisés (PUDC) alors que 49,47 km sont en cours de réalisation et que 129 km sont prévus par SAED/ ASAMM (64 km de piste) et le PUDC/ PAM (65 km).

PROMOVILLES

Les travaux du Programme de modernisation de la commune de Matam lancés en 2018, qui constituent la première phase du Promovilles financée par la Banque africaine de développement (BAD) et l'Etat du Sénégal, ont d'abord porté sur la réalisation de 7 km de voirie (2 milliards... ) afin d'améliorer la mobilité urbaine. Par la suite, un autre projet, programmé sur instruction du président de la République, pour préserver la ville de Matam contre les inondations, a concouru à la construction d'une digue route de 3,5 km entre le premier pont de Matam et le quartier Navel. Réalisée dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme de modernisation des villes du Sénégal, l'infrastructure d'un coût de 5,5 milliards a été financée par la Banque islamique de développement (BID) et l'Etat du Sénégal. Les travaux qui sont achevés, ont porté en effet sur la construction d'une digue d'une largeur de 9 m en crête et de 18 en base sur un linéaire de 3,5 km. Avec une chaussée, une voie de raccordement à Matam sur 1 km, et aussi, d'une station de pompage des eaux de ruissellement. Au niveau de cette digue route qui servira notamment de voie de contournement pour les populations des villages environnants de la commune de Matam, des voies de traversée du bétail à partir de rampes ont été aménagées, des voies de drainage superficiel des eaux pluviales ont été aussi construites pour protéger la ville et les berges du défluent Navel. De l'avis de la coordonnatrice nationale, Astou Diokhané Sow, le montant des travaux du Programme de modernisation des villes (PROMILLES) dans la commune de Matam s'est chiffré à 8 milliards de francs. Dans le cadre du secteur du transport et de la desserte, la réalisation du chemin de fer Tambacounda-Semmé, autre recommandation issue du conseil des ministres décentralisé, est attendue... Entre temps, la route latéritique du Ndandé Mayo fortement endommagée (zone agricole), s'est greffée au niveau des urgences en se positionnant comme une priorité vitale à satisfaire. Là dessus, le président de la République qui avait formulé des instructions dans le cadre de la construction d'une nouvelle route, procédera officiellement au lancement des travaux le lundi 14 juin 2021 à 16 heures dans la commune de Nguidjilone.

LA SANTE ET L'ACTION SOCIAL

Sur financement de la communauté, des partenaires et de l'Etat plusieurs réalisations ont été effectuées dans le cadre de la construction, de la réhabilitation et de l'équipement de postes de santé. Plus d'une cinquantaine d'ambulances médicalisées offertes par l'Etat, ou par des mécènes, des fondations et la communauté, ont pu améliorer les problèmes liés à l'évacuation des malades. Sur le volet de la sécurité sociale, la région a pu bénéficier d'une antenne de la Caisse de Sécurité sociale qui abrite également une antenne de l'IPRES et un Centre médico-social des retraités. La construction et l'équipement de trois Centres de Promotion Sociale (CPRS) dans les trois départements (Un centre par département) est toujours attendue. Après la construction d'un hôpital dans la commune des Agnam et d'un poste de santé à Thilogne qui seront inaugurés par le président de la République, l'Etat ambitionne de construire dans la commune d'Ourossogui un nouvel hôpital pour 22 milliards, sur site pour remplacer l'ancien et de procéder à l'extension de l'hôpital de Matam pour 4 milliards...

EDUCATION ET FORMATION : Les projets de construction d'un lycée Technique d'Excellence et d'un institut supérieur d'enseignement professionnel toujours en gestation

Dans le cadre du renforcement de l'offre d'éducation dans la région à travers notamment la construction et l'équipement d'écoles francoarabe, une école Franco Arabe a été construite à Bokidiawé. La construction et l'équipement du collège FrancoArabe de Nguidjilone de même que la construction et l'équipement de 2 daraas modernes (dont : 1 privé à Kanel), la construction de deux Daaras modernes (Vélingara-Ferlo, Ranérou) ont été exécutées ou en cours. La résorption des abris provisoires, la construction de lycées modernes, la création de nouveaux CEM de proximité et la construction et l'équipement d'écoles préscolaires, ont pu mettre à disposition 8 lycées, 3 écoles préscolaires et deux collèges. La résorption des abris provisoires a permis d'avoir aussi 29 nouvelles écoles élémentaires (PAQEEB) d'un coût de 1.064.170.474 F. CFA. Chaque école PAQEEB comprend 03 salles de classe, 01 bloc administratif avec magasin, 01 box d'- hygiène à 04 box, 01 point d'eau et 01 mur de clôture. Dans le cadre du Fast Tract, 158 SDC ,19 BA, 18 BH et 17 murs de clôture ont été réceptionnés. L'accélération du programme d'implantation de centres de formation professionnelle et technique avec des filières adaptées, facilitant l'employabilité des jeunes a aussi permis de construire les centres de Kanel, Sinthiou Bamambé, Agnam et Ranérou (1,400 milliard frs). Il s'en est suivi la construction et l'équipement d'un bloc scientifique et technique (371.230.880). Le projet de construction programmé d'un lycée Technique d'Excellence dans la commune d'Ogo est toujours en gestation (délibération du site déjà effectuée). Il en est de même pour le projet de construction de l'institut supérieur d'enseignement professionnel de Matam (ISEP) dont le site a été délibéré. Les premiers étudiants sont accueillis au niveau du centre multimédia de la commune de Matam qui s'efforce à leur fournir les commodités d'enseignement-apprentissage, toutefois, pour un nombre réduit d'apprenants... On notera qu'en ce concerne, l'Education et la Formation, la réhabilitation et l'équipement de la maison de l'outil de Matam d'un coût de 162 millions de FCFA est toujours attendue.

208 ABRIS PROVISOIRES REPERTORIES

L'évolution de la courbe démographique engendre chaque année de nouveaux besoins en termes de scolarisation et les classes existantes s'avèrent insuffisantes pour répondre efficacement à la demande. Malgré les efforts consentis par l'Etat, «les abris provisoires se multiplient, au niveau national, le pays totalise plus de 6500 avec 208 classes répertoriées dans la région de Matam ». A Forsou, un village situé dans la commune d'Ogo, les enfants suivent les cours avec un seul maître qui conduit une trigrade (3 cours tenus par un seul enseignant), dans trois abris provisoires fortement dégradés sans aucune mesure de sécurité.

MINES ET GEOLOGIE

L'accélération du bouclage nécessaire de la grande mine des phosphates de Ndendori se poursuit malgré les multiples complaintes des populations qui avaient placé beaucoup d'espoir dans l'implantation des sociétés minières dans la région. Aux regards des revendications, on n'est pas loin de la désillusion. Pour d'aucuns, «les immenses promesses agitées dans le volet de la responsabilité sociétale de l'entreprise n'ont pas été respectées, de même que certains attributs du code minier», pour une société dont «les ventes en 2017 ont porté sur près de 450.000 tonnes d'engrais». Dans le domaine de l'énergie, les travaux d'électrification rurale prévus dans le cadre de la convention n°20, sont en cours de réalisation, alors que, dans le cadre de la convention n°17, dont la maîtrise d'ouvrage est aussi confiée à SENELEC, plusieurs villages ont été raccordés au réseau. Avec l'accroissement du taux de pénétration de l'électricité dans les centres urbains et dans les villages, de nombreuses communes ont eu à bénéficier de lampadaires solaires (entre 600 à 300 lampadaires par collectivité). Alors que le projet de réalisation d'une dorsale en MT 30 KV pour alimenter 13 villages du Dandémayo, d'un coût de 851 millions de francs CFA a été réalisé à 100%, la prise en compte des villes de la région de Matam, dans les programmes d'extension de réseaux de transport et de distribution de la SENELEC est en train d'être déroulée. En plus, la concession d'électrification rurale de Matam-Kanel-Ranérou-Bakel d'un coût de 25,05 milliards de FCFA pour permettre l'accès à l'électricité de 20 827 nouveaux abonnés dont 19.490 ménages disséminés dans 357 localités rurales (un taux d'électrification de 57%) dans le périmètre de la concession, est aussi en cours de réalisation. Au même titre que l'amélioration de la desserte électrique et l'alimentation des activités minières prévues ainsi que celles des activités agricoles en forte croissance d'un coût de 75.000.000.000 de FCFA. En matière de sports, le relèvement du standing des stades des communes de la région de Matam, par l'accroissement de leurs capacités d'accueil, l'aménagement de bureaux, de salles polyvalentes, l'installation de systèmes d'éclairage approprié ainsi que la réhabilitation des grilles de protection, a conduit à la construction d'un stade régional et la réhabilitation de 2 stades. Pour autant, le projet portant sur les constructions de plateaux multifonctionnels dans les communes et communautés rurales, est attendu par le monde sportif.

LA REALISATION DE CENTRES D'ACCUEIL POUR LA REINTEGRATION DES TALIBES A L'ETAT DE PROJET

Pour les femmes et les jeunes, des actions réalisées grâce au PRODES (Programme de renforcement des Dynamiques de Développement économique et social) du Ministère de la Femme de la famille et de l'Enfance avec l'appui du PNUD et de la Coopération luxembourgeoise, ont permis d'octroyer aux femmes des financements dans le souci de renforcer les lignes de crédits destinées au financement des activités génératrices de revenus. A travers ces financements les bénéficiaires ont pu mener des activités génératrices de revenus comme le commerce, l'embouche, le maraîchage avec des taux de remboursement acceptables. Des organisations féminines des départements de Matam, de Kanel et de Ranérou ont bénéficié d'une dotation de 21 moulins à mil et d'une batteuse dans le cadre de l'allègement de leurs travaux. Dans le cadre du renforcement de leurs capacités techniques, des femmes de la région ont pu bénéficier de plusieurs formations en technique de vente, dynamique organisationnelle, gouvernance, loi sur la parité, formation en agriculture et élevage. Le projet de faire accéder les jeunes de la région au financement des lignes de crédits de l'Etat et renforcer leurs capacités à partir d'actions d'encadrement appropriées (100 millions FCFA), a vu 32 projets financés à Matam, 24 à Kanel et 25 à Ranérou (ANPEJ). Comme les femmes, les jeunes ont commencé à bénéficier des financements de la DER en 2018. La construction de deux (2) CEDAF à Ranérou et Kanel et neuf (9) foyers de la femme dans les communes, la construction de deux (2) centres départementaux d'éducation populaire et sportive (CDEPS) à Kanel et Ranérou et la réhabilitation du CDEPS de Matam sont attendus. Les projets de réhabilitation et d'équipement de plusieurs infrastructures socio-éducatives, afin qu'elles répondent au mieux aux besoins et aspirations de la jeunesse, sont aussi attendus. Comme d'ailleurs l'ambitieux projet qui prévoyait la réalisation de centres d'accueil pour la réintégration des talibés.

L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, L'URBANISME, L'HABITAT ET L'ARTISANAT

En 2018, l'élaboration de deux documents de planification et de gestion spatiale à savoir le Schéma Régional et de Développement Territorial de Matam (SRADT) et le Schéma Directeur d'Aménagement de la Zone SylvoPastorale (SDAZS) étaient toujours en gestation. Tout comme d'ailleurs, l'intégration de la région de Matam dans le programme de construction de logements sociaux. Les chantiers concernant la réalisation d'édifices publics ou d'équipements collectifs et communautaires dont plusieurs sont à l'arrêt dans toutes les localités de la région n'ont pas connu une réelle avancée. La prise en compte de la question de l'extension des limites territoriales de certaines communes qui connaissent des problèmes de développement, dans le cadre d'un dialogue inclusif entre les communes, les anciennes communautés rurales et structures de l'Etat concernées peine aussi à être concrétisée. Hormis la construction de la chambre de commerce (par Cosec), la chambre des métiers de Matam, la gouvernance, le contrôle régional des finances et la trésorerie- paierie de Matam, plusieurs programmes de construction sont à l'état de projet.

Il s'agit de la construction des chambres de métiers de Kanel et Ranérou, de la réhabilitation et l'équipement de la maison de l'outil de Matam, la division régionale d'environnement et des établissements classés (D.R.E.E.C), le centre des services fiscaux de Matam, les villages artisanaux de Matam, Ranérou et Kanel...

POUR LES SENEGALAIS DE L'EXTERIEUR

S'agissant des mesures dédiées aux sénégalais de l'extérieur, la région attend l'effectivité de l'installation de l'antenne du Bureau d'Accueil, d'Orientation et de Suivi des Sénégalais de l'Extérieur (BAOS) et le démarrage des activités du bureau pour l'encadrement des candidats à l'émigration légale, la gestion des migrants et de leur famille, la promotion de leurs investissements et la préparation à leur retour et leur réinsertion. A ces attentes, s'ajoute, le projet concourant à «assurer une meilleure intégration de nos compatriotes candidats au retour par un accompagnement dans la réalisation de leurs projets (identification d'une banque de projets)».

JUSTICE

En termes d'information, la réforme qui a conduit à l'instauration des tribunaux de grande instance TGI , (anciens tribunaux régionaux) dans les départements où le volume du contentieux est important, a permis d'avoir un TGI à Matam. Une grande nouveauté qui a permis de désengorger le rôle des juridictions se trouvant au niveau du chef-lieu de région et de faire face aux requêtes des justiciables dans un délai raisonnable. Aux regards des actions qui étaient retenues, il était envisagé d'assurer la création de nouveaux tribunaux départementaux et la réhabilitation de la maison d'arrêt. Pour le moment, c'est la maison d'arrêt seulement qui a eu à bénéficier de quelques travaux de réhabilitation, le paradoxe voulant que le département de Ranérou soit toujours sans tribunal, au moment le département de Kanel qui en dispose attend tout de même la construction de ses locaux...

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