Cameroun: « L'acte présidentiel est une suite logique »

Dr Abdel Salam Pekekue, géostratège, enseignant à la faculté des sciences juridique et politique du l'université de Buea.

Le président de la République a nommé jeudi dernier les Public Indépendent Conciliators dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, complétant ainsi le dispositif lié au statut spécial de ces deux régions. Quelles sont les retombées de cet acte présidentiel ?

Il faut préciser que cet acte présidentiel est la suite logique du décret du N°2020/773 du 24 décembre 2020 déterminant les modalités d'exercice des fonctions de Public Independent Conciliator auprès des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En complétant ainsi le dispositif lié au statut spécial de ces régions par la nomination des membres respectifs, la première retombée frappante est l'opérationnalisation ou la mise en place effective d'une institution palpable qui reflète dès lors le caractère spécial de ces régions. Et la conséquence immédiate est le renforcement des relations de confiance entre les habitants de cette région et les personnalités en charge de ces institutions régionales respectives.

Au vu des missions qui sont dévolues aux membres de ces institutions à l'article 4 du même décret N°2020/773 du 24 décembre 2020 déterminant les modalités d'exercice des fonctions de Public Independent Conciliator auprès des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, entre autres : l'éxamination et le règlement à l'amiable les litiges opposant les usagers à l'administration régionale et communale ; la défense et protection des droits et libertés dans le cadre des relations entre les citoyens et la Région ou les Communes de la Région ; la réception et la mise en œuvre des mesures de prévention et de lutte contre les discriminations directes ou indirectes, dont pourraient être victimes les usagers des services régionaux ou communaux... , les populations de ces zones jadis sous l'influence du système de gouvernance indirecte ( indirect rules) auront le sentiment de se retrouver, et cela aura pour conséquence l'apaisement des éventuelles frustrations par un sentiment de marginalisation.

Il reste que les pouvoirs publics sont attendus, parlant de la décentralisation, dans le domaine de l'accélération du transfert des compétences et des ressources aux CTD. Quelle approche préconisez-vous ?

La première approche à préconiser ici est l'appel à la bonne foi et le respect des textes par les pouvoirs publics dans le respect des modalités de transfert prescrites dans le Code général des Collectivités territoriales décentralisées, ainsi que par le décret présidentiel déterminant les modalités d'exercice des fonctions des Public Independent Conciliator auprès des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par exemple, qui dispose selon l'article 2 al.2 du décret N°2020/773 du 24 décembre 2020, d'une véritable autonomie financière.

La deuxième approche à recommander pour pouvoir favoriser la mise en mouvement du transfert des compétences et des ressources, s'adresse aux membres des collectivités territoriales décentralisées qui eux aussi doivent se montrer actifs dans la maîtrise des modalités de transfert de compétence et de ressources, en renforçant à cet effet par eux-mêmes leur compétence intrinsèque en matière de gouvernance locale.

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