Afrique de l'Ouest: "A quoi servent les bases militaires étrangères au Sahel ?" demandent les Évêques après le massacre de Solhan

Ouagadougou — Le Burkina Faso est sous le choc du massacre de Solhan, le village du nord-est du pays attaqué dans la nuit du 4 au 5 juin, dans lequel au moins 160 personnes ont été tuées (voir Fides 7/6/2021), déclarent les Évêques du Burkina Faso et du Niger dans une déclaration publiée au terme de leur deuxième Assemblée plénière.

"Il ne fait aucun doute que des efforts considérables sont déployés dans la lutte contre le terrorisme et nous devons féliciter toutes les parties concernées, en particulier les forces de défense et de sécurité. Cependant, l'événement tragique de Solhan nous a choqués et fait apparaître l'hydre terroriste sous un jour qui tue l'optimisme qui commençait à renaître au sein de la population ", affirment les Évêques dans le document reçu par l'Agence Fides.

À l'ouverture de l'Assemblée, le Cardinal Philippe Ouedraogo, Archevêque de Ouagadougou, a exprimé les condoléances de la Conférence épiscopale du Burkina Faso et du Niger aux familles des victimes du massacre (voir Fides 10/6/2021).

Dans cette note, les Évêques se demandent si la présence de bases militaires étrangères dans les pays du Sahel contribue ou non à renforcer la sécurité des populations locales. "La nuit d'horreur de Solhan montre que le spectre terroriste se fait de plus en plus menaçant pour une population pourtant entourée de bases militaires, nationales et étrangères. Cela crée une forte perplexité au sein des populations, avec une perspective alarmante de difficultés incommensurables pour les personnes déplacées en cette période de début d'hiver", écrivent les Évêques en faisant référence à la saison sèche sahélienne, appelée "hiver".

"Naturellement, nous nous interrogeons sur la valeur de la présence de tant de forces étrangères sur nos territoires, car l'espoir des fruits déçoit de plus en plus la promesse des fleurs. Ce constat préoccupe beaucoup les populations ; une préoccupation que nous partageons. Quand viendra le bout du tunnel ?" demandent les Évêques .

Le 12 juin, des milliers de personnes se sont rassemblées à Dori, dans le nord du Burkina Faso, pour dénoncer l'"inertie" des autorités après le massacre de Solhan

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