Congo-Kinshasa: De la clameur à l'innocernce, l'acquittement de Vital Kamerhe réclamé !

A quelques heures du verdict du procès en appel, les langues se délient. C'est en principe ce mardi 15 juin 2021, sauf changement de dernière minute, que les juges vont rendre public leur prononcé.

La clameur publique : Libérez l'Innocent ! Personne ne pouvait s'attendre à voir des groupes d'individus, minuscules soient-ils, soutenir le leader de l'Union pour la Nation Congolaise. Sur les réseaux sociaux, devenus véritables vecteurs de l'opinion publique, mêmes les sondages prouvent l'innocence de Vital Kamerhe. C'est magique cette transformation. La vérité a affranchi les hommes ayant la pierre à la place du cœur. La vérité a pris son temps. Mais, désormais, elle est là.

Aujourd'hui, l'opinion congolaise réclame tous azimuts la libération de vital Kamerhe. La justice n'ayant pas pu apporter les preuves irréfutables de sa culpabilité. Selon les résultats de ce sondage initié par ce journaliste proche de l'Udps, plus de 5.000 personnes ont voté et 84% ont clairement demandé l'acquittement du leader de l'UNC, Vital Kamerhe.

Un procès historique

Il n'y a pas deux procès qui ont fini par la suite à mettre l'opinion d'accord. Le procès de Vital Kamerhe, l'incontournable acteur de la scène politique congolaise et ancien directeur de cabinet du Chef de l'Etat, a réussi à faire taire lui-même la vive émotion qui accompagnait ses audiences (foraines) publiques télévisées, lors de la période de confinement de la ville de Kinshasa. C'est resté historique.

Peu ne pouvait se livrer à cœur joie à soutenir le leader de l'Union pour la nation congolaise, même pas sur les réseaux sociaux. Le grand suspens de ce procès était la confirmation de toutes les accusations fondées sur la lenteur dans la concrétisation des promesses du chef de l'Etat faites lors de l'inauguration de son programme d'urgence de 100 jours. Le blocage c'était Vital Kamerhe, autre fois surnommé Ibenge le Coach ! A l'image des victoires remportées par l'ancien sélectionneur des Léopards congolais.

Véritable symbole des moments glorieux, comme celui de la présidentielle arrachée en décembre 2018 sous le ticket Fatshivit. L'homme qui a l'expérience de la gestion de la Res Publica après son brillant passage à l'assemblée nationale.

Tout a été dit, tout a été écrit

Vital Kamerhe a détourné 400 millions de dollars USD des travaux de 100 jours, les plus gentils évoquent les modestes chiffres de 226 millions de dollars USD. Peu sont ceux qui pourraient imaginer une somme de 56 millions de dollars USD, moins encore de 48 millions de dollars USD. À l'UNC, parti cher à Vital Kamerhe, les cadres ont gardé le silence, face aux accusations de tous bords.

Révolte et Réprobation sociale s'invitent...

La réalité est que l'homme qui a accepté de céder son fauteuil pendant la course à la présidentielle, au profit du pouvoir actuel, sera poursuivi pour l'affaire des maisons préfabriquées destinées aux militaires et policiers. Une affaire qui pouvait bien révolter les militaires et policiers contre un individu.

Dès l'entame des audiences, beaucoup étaient curieux de savoir où étaient passées les autres affaires.

Nombreux également soutenaient, dans leurs pensées, qu'après cette affaire des maisons préfabriquées, Vital Kamerhe devait aussi être tenu pour responsable de toutes les promesses non tenues du Président de la république. Le diable est à abattre.

Le procès débute avec un accident monumental

Le président de cette affaire, le juge Raphaël Yanyi sera tué, d'après les révélations faites par le gouvernement. A ce jour, l'enquête n'a jamais établi la vérité sur cette mort surprenante.

Toutes les demandes de remise en liberté provisoire formulées par les avocats de Vital Kamerhe (encore Dircab de Fatshi) seront bottées en touche par toutes les instances consultées.

Avec la venue de Pierrot Bakenge, ancien juge remplaçant de Yanyi, devenu président du Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, le procès va connaître une vitesse de croisière. Au bout d'un mois, Vital Kamerhe et son co-accusé Jammal Samih, patron de la société (SAMIBO Sarl) bénéficiaire du marché, seront condamnés à 20 ans de travaux forcés pour détournement des deniers publics, blanchiment des capitaux et corruption. Les condamnés continueront à clamer leur innocence.

Le temps, meilleur allié de la vérité

Une année après le procès de Vital Kamerhe, la dose sentimentale économisée pour ce procès, est totalement vidée. Les scientifiques, les hommes de droit, les citoyens lambda qui ont accordé leur temps à suivre cette affaire de bout à bout n'y accordent plus de l'intérêt.

Ils sont restés dans leur soif. Beaucoup, poussés par leur for intérieur, ont fini par cracher à haute voix : Que fait Kamerhe en prison ?

Des soupçons et des zones d'ombre qui ont émaillé cette affaire ramènent tout vers la politique. Aucune preuve irréfutable sur le montant réellement détourné, laisse la place à une bonne litanie réservée aux placards. Le souci de condamner était bien là, mais comment rendre pénal la nouvelle notion du détournement d'intellectuel ?

La conviction amène les gens aujourd'hui à accepter au moins que les infractions telles qu'énoncées relèvent du droit administratif et non du droit pénal. L'opinion se demande comment Vital Kamerhe est condamné pour détournement alors que ses comptes n'étaient pas approvisionnés par l'argent venu directement du libanais Jammal Samih, ni au moins les comptes de ses proches. Aucun compte de VK ni de ses proches ne renseigne non plus la somme dite détournée, soit 48 millions de dollars USD.

Le patron de la société bénéficiaire du marché depuis le gouvernement Tshibala avoue haut la main, à la première instance comme à la seconde, d'avoir touché la totalité de la somme qu'il a affecté à l'achat des maisons. Justin Bitakwira, ancien ministre du développement rural du gouvernement Tshibala, gouvernement avant l'arrivée de Félix Tshisekedi à la tête du pays, qui a d'abord nié, avant d'accepter, ses deux signatures octroyant légalement le marché à SAMIBO, n'a pas su contredire la vérité.

A la place il a commis une parjure, un faux témoignage, mais les juges ont pardonné son infraction : Mentir devant la cour après avoir jugé de «dire la vérité rien que la vérité».

Au lieu de démontrer la culpabilité de Vital Kamerhe, curieusement, certains lui demandent de prouver son innocence.

Plus de: La Prospérité

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