Madagascar: Projet minier - Clin d'œil de Rio Tinto-QMM à l'État

Malmenée, mais la tête gardée haute. C'est en substance le message essentiel lancé par Ny Fanja Rakotomalala, PDG de la société Qit Minerals Madagascar (QMM).

Le colloque régional pour l'Émergence du Sud qui s'est déroulé à Tolagnaro les 11 et 12 juin, a permis au secteur privé de s'exprimer et à Rio Tinto-QMM de faire connaitre « ses réalités ». La société Rio-Tinto a préféré le silence depuis la décision de l'État de procéder à l'audit de ses comptes, issu de la demande d'une troisième recapitalisation en novembre 2019.

L'État, actionnaire à hauteur de 20% dans le capital de la société minière, a déclaré ne plus pouvoir s'endetter par la recapitalisation de 92 millions de dollars, les précédentes se chiffraient déjà à 77 millions de dollars, mais toutes impayées. L'État a demandé des détails sur la partie financière, les investissements, l'organisation en général, les questions de dividendes qui n'ont jamais été partagées, et l'annonce des bénéfices réels, avant de prendre une décision qui devait être connue dans les vingt-quatre mois suivant la demande de recapitalisation. Le ministère des Mines a annoncé le recrutement d'un cabinet d'audit pour le faire, mais dont le processus n'a pas encore abouti. Le contrat reliant des deux parties expire en outre en 2023.En attendant, la société dit améliorer sa production annuelle d'ilménite partant de 470 000t actuellement à 700 000t très prochainement.

Ouverture

« Quatre conditions majeures ont été exigées au début de l'implantation du projet. La disponibilité réelle et la qualité des produits, des lois et textes juridiques régissant et garantissant le projet, l'inclusion du projet dans le Programme régional de développement de la région Anosy, et la mise en place d'un organisme indépendant qui scrute les impacts économiques et sociaux du projet et enfin la transparence à travers l'EITI» a expliqué le PDG de QMM.

En douze ans d'activités, la société dit ne pas regretter d'avoir investi dans l'exploitation d'ilménite de Mandena. « Malgré les nombreux défis et diverses difficultés que rencontre QMM, le projet vaut le coût. Deux mille emplois directs et onze mille emplois induits. Et nous avons enregistré une performance financière. Nos produits sont parmi les meilleurs dans le monde et malgré la rude concurrence avec l'Australie, l'Amérique du Nord, l'Afrique, l'ilménite de Fort-Dauphin est très bien perçue en Chine », rassure-t-il devant le Premier ministre, des membres du gouvernement, des parlementaires et les invités à la conférence.

En dernier clin d'œil, il a été annoncé que des projets d'exploitation d'énergie solaire et éolienne par QMM, respectivement de 12Mw et de 8Mw sont prévus pour améliorer l'approvisionnement en électricité de la ville de Tolagnaro. La compagnie a parlé de l'existence de 500ha de forêt pour restaurer l'environnement touché par l'exploitation. Enfin, le ministre de l'Économie, dans son intervention, a proposé de transformer le port d'Ehoala en port franc. Ce que QMM n'a pas refusé.

Plus de: L'Express de Madagascar

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