Ethiopie: Les cas de malnutrition aiguë sévère multipliés par quatre chez les enfants du Tigré (UNICEF)

Yeshialem, 27 ans, tient sa fille de 6 mois qui souffre de malnutrition au centre de santé d'Aby Adi, dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie.
15 Juin 2021

Alors que le conflit dans la région du Tigré, au nord de l'Éthiopie, s'aggrave, le nombre d'admissions hebdomadaires d'enfants pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère a été multiplié par quatre au cours du mois dernier, a averti, mardi, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Rien qu'au cours du mois dernier, nous avons constaté une multiplication par quatre des admissions hebdomadaires d'enfants pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère », a déclaré le porte-parole de l'UNICEF, James Elder, lors d'un point de presse à Genève. Or l'agence onusienne prévoit que 56.000 enfants de moins de 5 ans au Tigré auront besoin d'un traitement cette année pour la malnutrition aiguë sévère.

« C'est près de six fois plus que les cas annuels moyens pour la région », avait affirmé, lundi la Directrice exécutive de l'UNICEF, Henrietta Fore. Et dans les régions inaccessibles du Tigré, au moins 33.000 sont gravement sous-alimentés et risquent une mort imminente sans aide immédiate.

« Une catastrophe provoquée par l'homme »

Ces enfants font partie des plus de 2,2 millions d'enfants qui, dans le nord de l'Éthiopie, souffrent d'une insécurité alimentaire aiguë. « Comme pour aggraver les choses, la crise de malnutrition dans la région a coïncidé avec des dommages considérables causés aux systèmes et services essentiels dont dépendent les enfants pour leur survie », a ajouté M. Elder.

Sur le terrain, les équipes mobiles de santé et de nutrition ont été attaquées et harcelées. « Elles doivent pouvoir accéder aux 21 districts difficiles à atteindre pour servir les enfants », a plaidé le porte-parole de l'UNICEF. De plus, les installations sanitaires ont été pillées ou endommagées et la capacité de vaccination essentielle s'est arrêtée. « Nous devons pouvoir mener en toute sécurité la prochaine campagne de vaccination contre la rougeole et la polio, de distribution de vitamine A et de nutrition dans toutes les zones de la région du Tigré », a insisté M. Elder.

Comme pour allonger la souffrance des populations, de nombreux agents de santé n'ont pas repris le travail. Et pour l'UNICEF, il s'agit bien « d'une catastrophe provoquée par l'homme ».

Risques d'une aggravation de l'insécurité alimentaire

« Et, chose incroyable, la situation, bien que déjà catastrophique, pourrait se détériorer davantage car l'insécurité alimentaire devrait s'aggraver au cours des prochains mois, surtout si les cultures ne peuvent pas être semées », a mis en garde le porte-parole de l'UNICEF.

Face à la détérioration de la situation humanitaire, l'agence onusienne estime que les parties au conflit doivent veiller à ce que les acteurs humanitaires aient un accès libre et sûr sur le terrain afin d'éviter une famine généralisée et d'atteindre les personnes dans le besoin. « Et bien sûr, les enfants de la région et leurs familles ont besoin d'une cessation immédiate des hostilités afin qu'ils puissent obtenir en toute sécurité des services vitaux et commencer à reconstruire leur vie », a fait valoir M. Elder.

S'agissant du financement, l'UNICEF a besoin de 47 millions de dollars pour atteindre 1,3 million d'enfants jusqu'en septembre. « Et il manque 13 millions de dollars », a conclu M. Elder, relevant que les déficits les plus importants concernent la réponse sur l'eau et la protection des enfants.

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