Mali: La dizaine de priorités de Choguel Kokalla Maïga

L'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) se prépare à lancer une grève à partir du lundi 17 mai 2021. (Photo d'archives)

Le nouveau Premier ministre de transition, Choguel Kokalla Maïga a présenté ses priorités. Entre autres, la sécurité et les élections de février 2022.

"Nous sommes engagés dans une véritable course contre la montre. Les Maliens nous observent et comptent sur la réussite de cette transition qui, pour beaucoup d'entre eux, semble celle de la dernière chance pour sauver la nation", a déclaré le Premier ministre, lors de l'ouverture de ce conseil de cabinet.

Choguel Kokalla Maïga a promis de "créer les conditions" d'une réforme de la loi électorale, de poursuivre la révision de la Constitution, de mener une "lutte implacable contre la corruption", d'engager de "véritables poursuites judiciaires" contre les responsables des évènements de juillet 2020 quand plusieurs personnes avaient été tuées durant la contestation qui allait conduire au putsch renversant le président Ibrahim Boubacar Keïta en août.

Les sept priorités de la transition

Les priorités de Choguel Kokalla Maïga ont pour nom : amélioration de la sécurité, réformes politiques et institutionnelles, organisation d'élections crédibles, réduction du train de vie de l'Etat, moralisation de la vie publique, fin de l'impunité et satisfaction d'une part importante de la demande sociale.

L'avocat malien Moctar Mariko, président de l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH) juge ce programme ambitieux. "Je ne pense pas que le temps, dont il dispose, puisse lui permettre d'aller au bout des réformes annoncées", déclare le défenseur des droits de l'Homme à la DW.

Insuffisance de ressources financières

Autre écueil dans la réalisation de ces priorités : l'insuffisance de ressources financières. Une insuffisance pointée du doigt par Boubacar Salif Traoré, directeur d'Afriglob et spécialiste des questions de sécurité et de développement dans le Sahel.

"Les caisses de l'État sont vides. Le pays, avant l'aggravation de la crise, faisait face à un déficit de près de 700 milliards de Franc CFA. Aujourd'hui, face à toute cette problématique, on est très inquiet et il est très difficile de dire qu'en huit mois, neuf mois, qu'il est possible de réaliser tout cela", affirme Boubacar Salif Traoré.

Tenue d'élections en février 2022

Tout comme le colonel Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga tient à la tenue d'élections crédibles, libres et transparentes le 27 février 2022, en vue de remettre le pouvoir à des dirigeants civils élus. Mais Me Moctar Mariko craint que cette échéance ne puisse pas être tenue.

"Il y a le facteur temps qui joue contre lui. Il y a aussi l'insécurité qui joue contre lui. Il y a aussi la pression politique, pour qu'on aille rapidement aux élections", insiste-t-il.

C'est pourquoi, Boubacar Salif Traoré propose de prioriser l'élection présidentielle.

"Il me semble qu'à ce stade, il faut prioriser les élections et s'en tenir, non pas, à toutes les élections qui avaient été prévues, mais, à l'élection présidentielle".

Car en plus, le nouveau chef du gouvernement prévoit également une "relecture intelligente" de l'accord de paix signé en 2015 à Alger entre les autorités maliennes de l'époque et les différents groupes armés du nord du pays.

En conclusion, pour Me Moctar Mariko : "on va inévitablement vers une prorogation de la transition, parce que tout ce qui a été dit, ne peut honnêtement, à mon avis, être réalisé en si peu de temps".

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