Burkina Faso: Centre de formation en entrepreneuriat agricole - Kadré Sawadogo, la tête dans les poulaillers

Fruit de la détermination et de l'ambition, d'un jeune passionné par l'élevage le Centre international de formation en entrepreneuriat agricole (CIFEA) a ouvert officiellement ses portes le 12 juin 2021 dans le quartier Karpala de Ouagadougou. Une cérémonie dont l'éclat a été rehaussé par la présence du premier responsable du département des Ressources animales, Modeste Yerbanga qui voit dans le promoteur Kadré Sawadogo un modèle pour les jeunes désireux d'entreprendre particulièrement dans le domaine agro-sylvo-pastoral. Dès la rentrée prochaine, le jeune entrepreneur compte inaugurer une "école du futur" où enseignement général et enseignement technique feront bon ménage.

La trentaine bien sonnée, Kadré Sawadogo a un parcours des plus atypiques. Après 5 ans d'étude en génie civil au pays d'Atatürk, celui qui était prédestiné à évoluer dans le BTP, secteur réputé juteux, va contre toute attente retourner à la terre en se lançant dans l'élevage. Autant dire pour emprunter le jargon qu'il est passé du coq à l'âne lorsqu'il s'est mis à fabriquer des couveuses dont il a appris la technique en Turquie. L'ingénieur a vu juste, ce sera pour lui la poule aux œufs d'or. Lancé en 2016 avec un investissement de départ de 100 000 F CFA, Mira élevage, à l'époque Mira Incubator, va profiter de l'attrait grandissant des jeunes pour l'entrepreneuriat avicole pour se faire une place au soleil, devenant aujourd'hui une référence dans son domaine. Environ 14 000 personnes venant parfois de la sous-région ont reçu des formations dans la fabrication de couveuses et dans l'aviculture d'une manière générale. Certaines d'entre elles sont aujourd'hui installées à leurs propres comptes et emploient d'autres personnes,à l'image de Gauthier Kaboré, patron de Delwendé incubator, distingué meilleur innovateur avicole à la première édition du Salon de l'élevage du Burkina (SABEL) en 2018. «Kadré Sawadogo est mon maître. Il a fait de moi l'entrepreneur que je suis aujourd'hui», témoigne-t-il.

Entre temps, Mira Elevage a aussi donné naissance à Poulet Mira qui commercialise la viande de volaille et a ajouté d'autres cordes à son arc. Un succès qui a été très vite reconnu et qui a attiré l'attention des médias. Le promoteur a multiplié les distinctions, comme en 2018 lorsqu'il a fait partie des 10 personnalités les plus influentes du Burkina de l'année. Il y a quelques semaines de cela il faisait la Une du 20h de la télévision nationale. S'il a déjà de quoi être fier comme un paon, le jeune entrepreneur ne veut pas dormir sur ses lauriers. Sa vision est à long terme.

Centre international de formation en entrepreneuriat agricole (CIFEA), tel est le nouveau joyau de Mira élevage. L'établissement propose aux apprenants une panoplie de formations dans le domaine de l'élevage et de agriculture, entre autres la culture hors sol, l'entrepreneuriat avicole, la pisciculture, la fabrication de couveuses, l'embouche bovine, ovine et porcine.

Installé dans le quartier Karpala de Ouagadougou, le CIFEA dispose d'un atelier de fabrication de couveuses, d'une unité de production d'aliments pour volaille et d'une ferme d'une capacité de 8000 poules, qui sert en outre de cadre pratique d'apprentissage. Les salles de classes pour les cours théoriques sont munies d'une connexion internet haut débit. On retrouve également dans cet écrin de la volaille une bibliothèque, où vous retrouverez outre les livres sur l'agriculture et l'élevage, de grands classiques du développement personnel et de l'entrepreneuriat. Et pour faire face à l'affluence de pensionnaires venant de l'intérieur qui n'ont pas de logis à Ouagadougou, le centre s'est doté d'un internat. «Nous sommes venus encourager un modèle d'entrepreneur, un homme qui a une vision, qui croit en l'élevage», a dit le ministre des Ressources animales, séduit par ce jeune qui doit, selon lui, inspirer d'autres. Le parrain de la cérémonie, Aboubacar Zida dit Sidnaba à qui est venu l'honneur de couper le ruban symbolique, invite les jeunes à se lancer dans l'entrepreneuriat, particulièrement agricole : «On n'a pas forcément besoin d'un Bac+15 pour réussir», affirme celui qui, comme il le dit lui même, est parti de zéro pour devenir le patron d'un groupe de médias de renom.

L'école du futur

Mira élevage couve un autre projet encore plus important. Baptisé «L'école du futur», ce centre qui est en train de pousser sur un site de 1 hectare ouvrira ses portes dès la rentrée prochaine et fera dans l'enseignement mixte. Les élèves seront en effet invités à choisir une formation professionnelle en plus des curricula de l'enseignement général qu'ils vont suivre. Une alternative donc au système classique de plus en plus critiqué parce qu'ayant montré ses limites. Malgré les diplômes, trouver un emploi décent relève parfois du miracle. Le promoteur des couveuses révolutionnaires au Burkina croit dur comme fer à cette "école du futur". Dans cet institut l'enseignement général sera renforcé avec l'apprentissage de métiers. Et ils auront l'embarras du choix: transformation agroalimentaire, élevage, agriculture, machinisme agricole, construction métallique, menuiserie bois, marketing digital, audiovisuel. Et on en oublie. De fait, au bout de leur cycle, les élèves auront pour vocation de trouver de l'emploi dans un milieu autre que la fonction publique.

"L'école du futur" abritera également une formation professionnalisante des agents techniques et techniciens supérieurs d'élevage qui au bout de leur cycle n'auront plus besoin de passer par la case test d'intégration pour être recrutés.

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