Maroc: Campagne et boycott

Promotion des droits des personnes en situation de handicap

«Mauvais timing, manque de volonté, absence de politiques transversales, exclusion de la société civile, dialogue avorté... », tels sont les arguments avancés parla Plateforme de coordination des coalitions œuvrant dans le domaine du handicap pour justifier leur décision de boycotter la 1ère campagne nationale concernant la promotion des droits des personnes en situation de handicap. Les ONG regroupées au sein de cette plateforme ont également demandé aux autres associations de bouder la cérémonie d'ouverture et l'ensemble des activités en relation avec ladite campagne.

Un nouveau clash avec le ministère de la Solidarité et du Développement social qui s'inscrit dans un conflit tacite qui perdure depuis des mois. En effet, le ministère de tutelle n'a pas cessé de multiplier, depuis le début de l'année, les mauvais pas : l'exclusion lors de la dernière rentrée scolaire des apprenants en situation de handicap relevant des centres spécialisés, la privation de 5.000 cadres, spécialistes et auxiliaires œuvrant dans le domaine du handicap de leurs salaires depuis plus de 10 mois, à cause d'un retard enregistré au niveau de l'aide annuelle accordée par le ministère de la Solidarité, du Développement social, de l'Egalité et de la Famille au soutien de la scolarisation des enfants handicapés, petit budget et carence en ressources humaines en matière d'éducation en faveur des enfants en situation de handicap inclusive et la liste est longue.

Pour les ONG de la plateforme réunies le 12 juin dernier, le contexte actuel est inadapté pour lancer une telle campagne puisque nous sommes à moins de trois mois de la fin du mandat de l'actuel gouvernement et l'organisation des nouvelles élections. Ceci d'autant plus que la prise en conscience et la promotion des droits des personnes en situation de handicap exigent, comme le stipulent les critères internationaux notamment la Convention relative aux droits des personnes handicapées, un travail méthodologique et transversal durable qui touche à l'ensemble des composantes et dimensions de cette action en ciblant la presse, les institutions religieuses et les jeunes via les établissements scolaires et les manuels ainsi que les programmes d'éducation aux droits de l'Homme.

Sur un autre registre, les ONG regrettent l'indifférence du ministre de tutelle concernant les demandes et les préoccupations des associations de la société civile au sujet de certains dossiers sociaux décisifs comme c'est le cas pour le sort du chantier de la mise en place d'un nouveau système d'évaluation du handicap et le retard non justifié concernant le versement des subventions au profit des associations œuvrant dans le domaine de la scolarisation des personnes handicapées.

Pour les ONG réunies au sein de la Plateforme, le ministère a bloqué la porte du dialogue sur les points précités ainsi que sur la question de l'emploi. Face à cette situation, les ONG sollicitent l'ouverture d'un dialogue urgent et responsable concernant les dossiers en suspension et une réponse immédiate aux revendications du mouvement des ONG œuvrant dans le domaine dans la défense des droits des handicapés. Elles appellent également le gouvernement et les personnes concernées à prendre les mesures et dispositions substituables garantissant la participation des personnes handicapées dans les prochaines élections en prenant en compte le cycle électoral dans son ensemble.

A ce propos, elles estiment que ce dossier doit être traité au niveau de la commission interministérielle d'autant qu'il y a des pratiques discriminatoires. Les ONG appellent également le prochain gouvernement ainsi que l'ensemble des institutions nationales œuvrant dans le domaine de la gouvernance et des droits de l'Homme, la société civile et les organismes du privé à s'impliquer dans l'élaboration d'un plan national global destiné à sensibiliser aux droits des personnes en situation de handicap selon les critères internationaux en vigueur et les expériences réussies.

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